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Hôpital régional annexe de Mokolo : l’unité mère kangourou, un espoir pour les nouveau-nés prématurés

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 À l’Hôpital régional annexe de Mokolo, l’unité mère kangourou s’impose comme un dispositif spécialisé dans la prise en charge des nouveau-nés prématurés et de faible poids de naissance. Basée sur le contact peau à peau et l’allaitement maternel exclusif, cette approche contribue à améliorer significativement la survie et le développement des nourrissons les plus vulnérables.

Dans la région de l’Extrême-Nord, les défis liés à la santé maternelle et infantile demeurent préoccupants. Face à cette réalité, certaines initiatives médicales se démarquent par leur efficacité et leur adaptation aux contraintes locales. C’est le cas de l’unité mère kangourou mise en place à l’hôpital régional annexe de Mokolo, devenue aujourd’hui une référence dans la prise en charge des nouveau-nés prématurés et de faible poids de naissance.

Intégrée au service de pédiatrie, cette unité repose sur une approche innovante inspirée du monde animal. À l’image du kangourou qui protège et nourrit son petit dans sa poche après la naissance, la méthode mère kangourou consiste à maintenir le nourrisson en contact direct avec sa mère, peau contre peau, pendant une durée prolongée. Ce geste simple permet de recréer les conditions de chaleur, de sécurité et de nutrition nécessaires au développement du nouveau-né.

La prématurité constitue l’une des principales causes de mortalité chez les nouveau-nés. Un enfant est dit prématuré lorsqu’il naît avant 37 semaines de grossesse, alors que la durée normale est de 40 semaines. Ces nourrissons présentent généralement un poids inférieur à 2500 grammes et nécessitent une attention médicale particulière.

Leur organisme, encore immature, ne parvient pas à assurer correctement certaines fonctions vitales. Ils sont ainsi exposés à des troubles de la régulation thermique, avec des cas fréquents d’hypothermie. À cela s’ajoutent des risques d’hypoglycémie, liés à une incapacité à maintenir un taux de sucre stable dans le sang, ainsi que des difficultés respiratoires dues à l’immaturité des poumons.

Dans un premier temps, ces nouveau-nés sont pris en charge en hospitalisation afin de stabiliser leur état de santé. Les équipes médicales interviennent pour corriger les complications et assurer leur survie. Une fois l’enfant stabilisé, il est orienté vers l’unité mère kangourou pour la poursuite des soins.

Une méthode fondée sur quatre piliers

La méthode mère kangourou repose sur des principes simples mais rigoureux. Le premier pilier est le contact peau à peau prolongé entre la mère et l’enfant. Ce contact permet au bébé de maintenir une température corporelle stable, réduisant ainsi les risques d’hypothermie.

Le second pilier est l’allaitement maternel exclusif, qui garantit un apport nutritionnel optimal et renforce les défenses immunitaires du nourrisson. Le troisième pilier concerne le suivi médical régulier, assuré par les professionnels de santé, afin de surveiller l’évolution de l’enfant.

Enfin, l’implication active de la mère dans les soins constitue un élément central de cette approche. Elle devient un acteur clé du processus de guérison, ce qui renforce également le lien affectif avec son enfant.

Une alternative adaptée aux réalités locales

Dans un contexte où les équipements médicaux comme les incubateurs restent limités ou coûteux, la méthode mère kangourou apparaît comme une solution accessible et efficace. Elle ne nécessite pas de technologies sophistiquées, mais repose sur des ressources humaines et des gestes simples.

Les résultats observés à Mokolo sont encourageants. Les nouveau-nés pris en charge dans cette unité présentent une amélioration progressive de leur état de santé, avec une meilleure prise de poids et une réduction significative des complications. Cette méthode permet également de raccourcir la durée d’hospitalisation, facilitant ainsi le retour précoce des familles à domicile.

Réaction

<< L’instauration de cette méthode se fait de manière progressive>>.

Dr. ONANA ONANA MICHEL YANNICK,  Médecin Généraliste.

Concernant la méthode kangourou, une fois que le nouveau-né prématuré ou de faible poids de naissance est stabilisé, il est placé en position kangourou. Cette position constitue l’un des piliers essentiels de la méthode, reposant principalement sur le contact peau à peau.

Concrètement, la mère est torse nu et le nourrisson est également dévêtu afin de favoriser ce contact direct. Toutefois, en raison de la fragilité thermique du prématuré, des mesures de protection sont nécessaires : l’enfant porte un bonnet, des chaussettes et une couche, afin de limiter les pertes de chaleur et d’assurer son confort ainsi que l’hygiène.

Le nourrisson est installé contre la poitrine de la mère dans une posture dite « en grenouille », c’est-à-dire avec les membres fléchis et écartés. Il est maintenu à l’aide d’un dispositif de portage, généralement une bande ou une poche élastique, qui assure un bon soutien sans exercer de pression excessive, garantissant ainsi une position stable et confortable.

L’instauration de cette méthode se fait de manière progressive. Dans un premier temps, des séances de portage de deux heures sont recommandées, afin d’évaluer l’acceptation et la tolérance chez la mère et l’enfant. Si l’adaptation est satisfaisante, le portage devient quasi continu, atteignant environ 18 à 20 heures par jour.

Cette proximité permanente présente de nombreux bénéfices. Elle permet de maintenir la température corporelle du nourrisson, tandis que les battements cardiaques de la mère contribuent à réguler ceux de l’enfant. Par ailleurs, l’allaitement est facilité, puisque le nourrisson est déjà positionné au niveau du sein. Cette méthode favorise également un développement harmonieux et sécurisé, tout en renforçant le lien affectif et psychologique entre la mère et l’enfant.

Sur le plan nutritionnel et pondéral, les résultats sont significatifs : les nourrissons sous méthode kangourou présentent une prise de poids plus rapide, estimée en moyenne à environ 20 grammes par kilogramme et par jour, voire davantage dans certains cas.

En ce qui concerne les critères de sortie, l’enfant peut quitter l’unité hospitalière lorsqu’il atteint un poids de deux kilogrammes, à condition que son état général soit stable. La mère est alors formée à la poursuite de la méthode à domicile. Celle-ci est maintenue jusqu’à ce que l’enfant atteigne un poids de 2,5 kilogrammes, seuil considéré comme correspondant à un poids de naissance normal. À ce stade, l’enfant est jugé suffisamment mature pour évoluer comme tout nouveau-né né à terme, marquant ainsi la fin de la méthode kangourou.

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Samuel Adjewa

Journaliste communicateur

Samuel Adjewa est journaliste-communicateur basé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il est correspondant régional du groupe Échos Santé dans cette partie du pays. Il est actuellement en Master 2 en communication des organisations à l’Université de Maroua. Il a collaboré avec plusieurs médias et ONG nationales et internationales, notamment dans la production de contenus radio et documentaires. Son travail s’intéresse particulièrement aux questions de santé, de développement local et de communication institutionnelle.

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