Pendant que les pouvoirs publics et ses partenaires multiplient les stratégies de lutte contre les maladies, dans certains quartiers, les habitants brillent par des comportements inciviques. Ce qui compromet les efforts déployés dans la lutte contre les maladies.
Avec le retour progressif des pluies ce mois d’avril 2026, la région de l’Adamaoua respire un air de renouveau. Mais cette saison bienfaisante cache un péril majeur la prolifération des maladies liées à l’eau comme le paludisme. Dans l’arrière région et même dans le centre-ville de Ngaoundéré, les eaux stagnantes autour des concessions dans les quartiers transforment les ruelles en foyers à risques, remettant en cause les efforts des campagnes de santé publique engagés par l’Etat et ses partenaires.
Pendant que l’Etat investit d’énormes ressources pour lutter contre les maladies, les populations quant à elles contribuent plutôt à accentuer celles-ci. En communauté, certaines voix s’élèvent pour dénoncer ces comportements. Joseph Mouafo, habitant de Ngaoundéré estiment qu’il faut passer de la pédagogie à la coercition. Ce qui permettrait, selon lui, de ramener les contrevenants à l’ordre. « Je pense qu’il faut sanctionner. Le gouvernement ne peut pas dépenser et les gens ne respectent rien », tranche-t-il. Ben Roméo pour sa part, regrette les actes inciviques et appelle à la création des comités d’hygiène de quartiers afin de traquer ceux qui n’observent pas les journées de propreté et qui versent les ordures n’importent partout. « Imaginez-vous les caniveaux du quartier Gada-Mabanga envahis par les ordures ménagères. Cela participe à la dégradation de la route, mais également sources d’inondations dans les quartiers situés en contrebas et occasionne des maladies », se désole cet habitant de ce quartier de Ngaoundéré 2ème.
À Ngaoundéré, chef-lieu de la région, le tableau est préoccupant. Malgré les efforts des autorités locales et du Ministère de la Santé publique, certains habitants persistent dans des pratiques néfastes. Les ordures ménagères jonchent encore les abords des routes et les terrains vagues, au lieu d’être déposées dans les espaces de collecte aménagés par la commune. « En cette saison, chaque geste compte. En versant les ordures dans les canalisations, ces ordures peuvent donner lieu à des inondations. Et par la suite, les moustiques peuvent se développer et transmettre le paludisme », explique Laurent Chanel Cedric Essomba, chef service régional de la météorologie à la délégation régionale des transports de l’Adamaoua. Pire encore, la défécation à l’air libre reste courante dans certains quartiers. Ces habitudes favorisent la contamination des nappes phréatiques et la multiplication des moustiques, vecteurs du paludisme et des maladies comme la poliomyélite. D’ailleurs, les derniers cas confirmés de cette maladie dans la région l’ont été suite au prélèvement au quartier Baladji, dans le district de santé de Ngaoundéré urbain. Selon le coordonnateur régional du Programme Elargi de Vaccination (Pev), le docteur Koona Koona Joseph Adonis, pour inverser la tendance, la sensibilisation et l’implication des autorités locales restent les meilleurs moyens. À cause de ces comportements, la région est régulièrement en épidémie alors que l’observation de ces mesures aurait permis d’éviter les cas.
En attendant de trouver les moyens justes, certains habitants de la ville de Ngaoundéré continuent de se démarquer négativement en déposant les ordures dans des sites non appropriés et en déféquant à l’air libre. Ce qui, selon les experts, est source de maladie.













































































































































































































































































Comments are closed