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Cancers féminins au Cameroun : Briser le cycle de l’errance diagnostique

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Un symposium sur l’errance diagnostique est prévu le jeudi 9 avril à l’Hôpital Laquintinie de Douala..

« Créer un espace pluridisciplinaire pour partager les expériences, identifier les lacunes du système de santé, et proposer des solutions concrètes pour réduire l’errance diagnostique et améliorer la qualité de vie des patientes ». C’est l’objectif principal  du symposium sur l’errance diagnostique, l’errance thérapeutique, et le vécu des femmes traitées pour les cancers féminins au Cameroun, prévu à Douala, jeudi 6 avril 2026.

Ce terme technique cache une réalité humaine brutale : le temps perdu entre l’apparition des symptômes et la prise en charge médicale effective. Cette errance, souvent sous-estimée, est alimentée par des barrières structurelles, telles que le manque d’équipements et la répartition inégale des centres de soins, mais aussi par des obstacles socio-économiques et culturels. La méconnaissance des symptômes et le recours tardif aux soins, parfois influencés par des croyances traditionnelles, aggravent les pronostics et font exploser les coûts de traitement.

Au-delà de la tumeur : le vécu psychologique

Le symposium ne se limitera pas aux aspects cliniques. Sous la direction scientifique de sommités telles que les Pr. Njiengwe et Bernoussi, l’accent sera mis sur l’impact humain. L’une des interventions majeures portera sur l’impact psychopathologique de l’annonce d’une mastectomie, une épreuve qui bouleverse l’image de soi et la sexualité des patientes.

« Le vécu des femmes est marqué par la stigmatisation et l’isolement », souligne l’argumentaire de l’événement. La prise en charge doit donc devenir holistique, intégrant médecins, psychologues et travailleurs sociaux pour offrir un soutien qui dépasse l’acte chirurgical.

Vers des solutions concrètes

 Ce jour, de 12h00 à 16h30, des experts comme le Pr. Estelle Kouokam Magne et le Pr. Charlotte Tchente débattront des innovations nécessaires : télémédecine, circuits de référence optimisés et renforcement de la communication entre soignants et patientes. L’objectif est clair : transformer les recommandations en politiques publiques pour garantir un accès équitable aux soins et respecter la dignité de chaque femme. Ce rendez-vous à Douala se veut un plaidoyer pour que le cancer ne soit plus synonyme de condamnation, mais un combat que l’on mène avec les bonnes armes, dès les premiers signes.

Selon les spécialistes camerounais, les cancers féminins (sein, col de l’utérus, ovaire, etc.) sont en augmentation au Cameroun, avec des diagnostics souvent tardifs et une errance diagnostique sous-estimée, liée à des barrières socio-économiques, culturelles et structurelles. Avec plus de 15 700 nouveaux cas de cancer recensés chaque année au Cameroun, la santé des femmes est en première ligne. Face à une mortalité qui dépasse les 65 %, un symposium crucial se tiendra à Douala le 9 avril 2026 pour s’attaquer aux racines du mal : l’errance diagnostique et thérapeutique.

Le constat est alarmant. Selon les données de l’OMS (Globocan 2018) intégrées au Plan Stratégique National de Lutte contre le Cancer (Psnplca) 2020-2024, le Cameroun enregistre annuellement 10 533 décès liés au cancer. Si les adultes de plus de 15 ans constituent la population la plus touchée, ce sont les femmes qui paient le tribut le plus lourd, avec une incidence de 116,9 cas pour 100 000 femmes, contre 100,5 chez les hommes. Au cœur de cette tragédie, les cancers du sein et du col de l’utérus prédominent.

ENCADRE

Afrique : Près de 135.000 femmes pourraient mourir du cancer du sein d’ici 2040

Selon un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les décès dus au cancer en Afrique pourraient augmenter de plus de 70 % d’ici à 2040. L’étude de l’OMS a évalué les capacités de lutte contre le cancer du sein dans 42 des 47 pays de la région africaine, en se concentrant sur six domaines critiques : leadership, gouvernance et financement, personnel de santé, systèmes d’information sanitaire et prestation de services.

L’évaluation a révélé des lacunes et des disparités importantes dans la lutte contre le cancer du sein dans l’ensemble de la région. Le document pointe du doigt une grave pénurie de personnel de santé ainsi qu’un accès limité aux centres de cancérologie spécialisés.

L’analyse révèle que seuls 5 des 47 pays de la région ont mis en place des programmes organisés de dépistage du cancer du sein et que de nombreux pays s’appuient encore sur des programmes de dépistage opportunistes. L’accès à la pathologie en Afrique reste limité, seuls deux pays respectant la norme d’un laboratoire pour 100.000 habitants.

Les décès liés au cancer du sein dans la région sont en grande partie dus à un diagnostic tardif et à des mesures de prévention et de soins insuffisantes. Rien qu’en 2022, 38 femmes sur 100.000 ont été diagnostiquées avec un cancer du sein et 19 sur 100.000 ont tragiquement perdu la vie à cause de cette maladie.

Source: OMS

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