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Hygiène menstruelle : À Yaoundé, les règles sortent du silence

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Face à ce fléau qui mêle précarité et stigmatisation, le projet « Éclat au féminin pour la dignité partagée » a vu le jour ce 1ᵉʳ avril 2026 à Yaoundé.

« La première fois que j’ai eu mes règles, je ne savais pas ce qui m’arrivait. J’avais peur. » Comme Maelle, 18 ans, plus de 66 % des filles en Afrique reçoivent peu ou pas d’informations avant leur ménarche. Dans un monde où deux milliards de personnes ont leurs règles chaque mois, le sang menstruel demeure pourtant perçu comme « sale », condamnant des millions de femmes à la honte et à l’isolement. Qu’il s’agisse de l’exclusion physique comme le Chaupadi en Asie ou de la stigmatisation sournoise en milieu scolaire, les règles restent, en 2026, l’une des discriminations sexistes les plus méconnues.
Au Cameroun, classé 150e sur 189 pays en matière d’inégalité de genre, le manque de protections et de toilettes intimes pousse 95 % des filles à s’absenter des cours 1 à 3 jours par mois. Face à cette urgence qui mine la santé publique et l’éducation, une lueur d’espoir a jailli à Yaoundé. Ce mardi 1ᵉʳ avril 2026, le Centre de promotion de la femme et de la famille (CPFF) de Yaoundé III a vibré au rythme du projet « Éclat au féminin pour la dignité partagée ». Portée par le MINPROFF, avec l’appui de Plan International Cameroon et de l’association KMERPAD, cette initiative pionnière vise à transformer le cycle menstruel de fardeau en processus biologique serein.
Mais voilà qu’à Yaoundé, un élan de solidarité vibrante vient bousculer ces ombres. Le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), Plan International Cameroon et l’association KMERPAD unissent leurs forces pour illuminer les cycles menstruels des femmes camerounaises. Ce mardi 1ᵉʳ avril 2026, le Centre de promotion de la femme et de la famille (CPFF) de Yaoundé III, niché à côté du lycée technique de Nsam, a vibré au rythme d’une initiative pionnière : l’atelier de sensibilisation à l’hygiène menstruelle dans le cadre du projet « Éclat au féminin pour la dignité partagée ».
Concrètement, cet événement a réuni jeunes filles, femmes et acteurs locaux pour une journée transformative. Dès 9 heures, la matinée s’est ouverte sur un pré-test ingénieux, suivi d’ateliers interactifs et d’échanges pratiques. Les participantes, venues d’horizons divers, ont plongé dans les bonnes pratiques : gestion saine du cycle, déconstruction des croyances, bris des tabous culturels persistants, et promotion de solutions locales durables comme les protections réutilisables. Ces sessions, animées par des facilitateurs experts, ont révélé des réalités poignantes – précarité menstruelle qui freine la scolarisation et mine la santé publique – tout en offrant des outils concrets pour un quotidien libéré.
Le clou de la journée a eu lieu à 13 heures : une cérémonie protocolaire présidée par l’inspecteur général Nathalie Célestine MBIDA épse NGUEMBA. En présence des équipes techniques du MINPROFF, des partenaires internationaux et des facilitateurs, des kits d’hygiène menstruelle ont été solennellement remis aux bénéficiaires. Ces paquets, contenant serviettes hygiéniques réutilisables, savon, sous-vêtements et guides éducatifs, symbolisent un pas décisif vers l’autonomie féminine.
Pour que l’éclat féminin ne soit pas qu’un événement éphémère, plusieurs leviers doivent être activés : Éducation et déconstruction : Il est impératif d’intégrer une éducation complète à la sexualité dès le primaire pour briser les tabous avant les premières règles. Infrastructures adaptées : L’accès à l’eau et à des toilettes sécurisées dans les écoles est la condition sine qua non pour freiner la déscolarisation. Soutien économique : La réduction des taxes sur les produits menstruels et la promotion de solutions locales durables (serviettes lavables) garantissent l’autonomie financière des femmes. Implication communautaire : Former des pairs éducateurs, comme le préconise ONU Femmes, pour sensibiliser les garçons et les hommes et mettre fin aux moqueries.

En brisant le silence à Yaoundé III, le Cameroun s’engage sur la voie des Objectifs de Développement Durable. Car gérer ses règles dans la dignité n’est pas un luxe, c’est un droit fondamental. Au-delà des gestes concrets, cette initiative pilote du MINPROFF pulse d’une ambition plus large : restaurer la dignité féminine, booster la santé publique et sécuriser la scolarisation des jeunes filles – trop souvent absentes des bancs d’école à cause de ces défis intimes. À Yaoundé, l’éclat féminin s’allume, annonçant une vague de changements durables pour tout le Cameroun.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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