De moins en moins de chauffeurs portent la ceinture sur les axes routiers de l’Adamaoua. Les quelques-uns qui en portent le font à l’approche des postes de contrôles de police ou de gendarmerie et l’enlèvent aussitôt le contrôle passé.
Dans la région de l’Adamaoua, le non-respect du port de la ceinture de sécurité par les automobilistes est de plus en plus courant. Ce qui contribue à alourdir le bilan des accidents de la route. Sur les axes routiers comme la nationale 1 entre Meiganga et Ngaoundéré, bon nombre de conducteurs ne l’attachent qu’à l’approche des postes de contrôle de police ou de gendarmerie, pour la détacher aussitôt après. Ce comportement, observé quotidiennement, expose conducteurs et passagers à des risques mortels malgré les campagnes de sensibilisation répétées. Dans certains bus de transport en commun, les ceintures de sécurité sont plutôt cachées, si elles ne sont pas simplement enlevées.
Les responsables des transports multiplient les efforts pour inverser la tendance. Des descentes sont régulièrement effectuées dans les gares routières rappellent l’obligation légale, assortie d’une amende de 3 600 FCFA pour les contrevenants. Pourtant, les conducteurs résistent, invoquant chaleur, inconfort ou simple habitude. « À Ngaoundéré, le taux de port est bas, selon les moniteurs en sécurité routière ». À la délégation départementale des transports de la Vina, le délégué Abdouraman et son équipe multiplient les descentes sur le terrain afin de réduire la courbe des accidents de la voie publique.
Impact sur les accidents
Les statistiques locales confirment l’incidence dramatique. En 2025, l’Adamaoua a enregistré plus de 200 accidents graves, dont 40% impliquaient des traumatismes thoraciques ou crâniens évitables avec une ceinture. Amani, moniteur d’auto-école insiste. « Ce dispositif réduit de 45 à 50% le risque de décès à l’avant et prévient les éjections en cas de choc frontal ». Sans ceinture, un conducteur heurte le pare-brise à pleine vitesse, aggravant fractures et hémorragies internes. Les victimes, souvent jeunes, saturent l’hôpital régional, comme régulièrement vu récemment en cas de collision frontale.
Malgré les sensibilisations, la résistance persiste. Les auto-écoles peinent à imposer la pratique dès la formation, et l’absence d’alarmes dans les véhicules usagés n’aide pas.
Les moniteurs et les pairs éducateurs en sécurité routière plaident pour une éducation accrue : « La ceinture sauve des vies, même à faible allure ». Dans l’Adamaoua, où les routes sinueuses et le trafic mixte défient la prudence, attacher sa ceinture n’est plus une option, mais une urgence vitale. Les autorités appellent à la responsabilité de tous pour briser ce cercle vicieux.













































































































































































































































































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