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PANORAMA

Centre Médical d’Arrondissement (CMA) de Bikok : l’ARIGOC dépiste une cinquantaine de femmes à Bikok

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À l’occasion de la Journée internationale de la femme (JIF) 2026, une équipe de l’Association des résidents et internes de gynécologie obstétrique du Cameroun (ARIGOC) a organisé à Bikok, dans la région du Centre, une campagne de dépistages gratuits du cancer du col de l’utérus et d’examens cliniques mammaires, le 7 mars 2026.

À l’occasion de la 41e Journée internationale des droits des femmes, l’ARIGOC a choisi de s’associer à une initiative de terrain. Direction Bikok, cette commune de la Méfou-et-Akono, banlieue paisible de Yaoundé, où l’équipe de l’association a déployé ses stéthoscopes et son cœur pour offrir aux femmes ce qu’elles ont de plus précieux : la prévention. On connaissait les résidents en blouse blanche des couloirs de l’hôpital. On découvre, ce samedi 7 mars 2026, une autre facette de ces jeunes médecins déterminés. Devant le Centre Médical d’Arrondissement (CMA) de Bikok, une équipe s’active. Dix personnes. Des médecins, des internes, tous membres de l’ARIGOC. Ils sont venus avec leurs propres appareils, leur propre matériel, parce que sur place, le plateau technique n’est pas toujours à la hauteur des ambitions. Mais l’ambition, justement, ils l’ont chevillée au corps. « Dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits de la femme, notre association a tenu à organiser une campagne de sensibilisation et de dépistage contre les cancers du sein et du col de l’utérus », explique le Dr Kyliane Mabah, présidente de l’Association des résidents et internes de gynécologie obstétrique du Cameroun (ARIGOC). Deux cancers, rappelle-t-il, « qui figurent parmi les plus fréquents chez la femme dans notre contexte et présentent donc un véritable problème de santé publique. »

Le choix de Bikok : Une initiative portée par un membre de l’association

Pourquoi Bikok ? La réponse est dans le regard de l’équipe. Si le choix de cette localité a été proposé par un membre de l’association qui y a déjà travaillé, il s’inscrit surtout dans la volonté de l’ARIGOC d’aller à la rencontre des populations qui en ont le plus besoin. Et ici, comme dans toutes les banlieues, l’accès aux soins spécialisés est un parcours du combattant. Alors, quand il a fallu choisir le lieu de la campagne, l’évidence s’est imposée : ce serait ici, au CMA de Bikok, cette formation sanitaire soutenue par la mairie et le ministère de la Santé publique. Un centre fonctionnel, certes, mais qui manque de moyens pour la prévention spécialisée. Dès les premières heures de la matinée, les femmes commencent à affluer. Elles sont venues des villages environnants, des hameaux perdus dans les collines de la Méfou-et-Akono. Certaines ont marché longtemps. D’autres ont emprunté un taxi-brousse. Toutes ont entre 25 et 60 ans. La cible visée : les femmes de 25 ans et plus, celles pour qui le risque devient réel.

La campagne : Une cinquantaine de vies passées au crible

Sous le préau du CMA transformé en salle de consultation éphémère, le travail est méthodique. L’équipe de l’ARIGOC, soudée et efficace, procède à deux types d’examens. D’abord, l’examen clinique des seins, à la recherche de la moindre anomalie. Ensuite, le dépistage du cancer du col de l’utérus par inspection visuelle à l’acide acétique. Une technique simple et rapide qui permet de détecter les lésions suspectes. « Nous avons réalisé un examen clinique ainsi que le dépistage du cancer du col de l’utérus par inspection visuelle », détaille un membre de l’association. À la fin de la journée, le compteur s’arrête à une cinquantaine de femmes dépistées. C’est à la fois peu et beaucoup. Peu au regard de la population féminine du coin. Beaucoup parce que chaque femme examinée, c’est une vie potentiellement sauvée. « C’est environ une cinquantaine, ce qui n’est pas assez, mais qui est déjà un très bon point positif », tempère l’équipe, réaliste mais jamais défaitiste.

Pourtant, tout n’a pas été simple. Loin de là. L’équipe a dû faire face à l’absence criante de soutien institutionnel. « On n’a pas senti l’implication des autorités administratives, on était un peu abandonnés à nous-mêmes », confie, un brin d’amertume dans la voix, un membre de l’association. Une équipe de dix personnes, dévouées, venues avec tout leur matériel sur le dos, pour offrir un service gratuit à des femmes qui, sans cela, n’auraient jamais eu accès à ce type de dépistage. Le plateau technique du CMA, bien que fonctionnel, n’était pas adapté. Il a fallu s’adapter, innover, bricoler parfois. Mais rien n’a entamé la détermination de ces jeunes médecins. Ils sont repartis avec la satisfaction du devoir accompli, et l’espoir que les graines semées germeront.

Avant de plier bagage, l’ARIGOC tient à adresser un message à toutes les femmes, celles de Bikok et d’ailleurs. La voix est calme, posée, mais chaque mot pèse son poids de vérité médicale : « Notre message aux femmes est simple. Il ne faut pas attendre l’apparition des symptômes pour consulter. Le dépistage précoce sauve des vies. Nous encourageons donc toutes les femmes à se faire dépister régulièrement et à adopter les mesures de prévention recommandées. » L’association insiste : lorsqu’ils sont détectés tôt, les cancers du sein et du col de l’utérus ont des chances de guérison nettement meilleures. Le dépistage n’est pas une option, c’est une nécessité.

L’avenir : Un combat qui ne fait que commencer

À la tombée du jour, le CMA de Bikok retrouve son calme habituel. Les dix membres de l’ARIGOC rangent le matériel, chargent les voitures. Le regard de l’équipe s’attarde un instant sur les collines alentour. Ils savent que le travail est immense. Qu’une cinquantaine de femmes, c’est une goutte d’eau dans l’océan des besoins. Mais c’est une goutte nécessaire. L’association, l’ARIGOC, ne compte pas s’arrêter là. Améliorer la santé gynécologique au Cameroun, sensibiliser aux complications comme les fistules obstétricales, former les jeunes médecins, organiser des activités scientifiques : la feuille de route est chargée. Mais des actions comme celle-ci, sur le terrain, au plus près des populations, sont le cœur battant de leur mission. Ce samedi 7 mars 2026, à Bikok, une équipe de l’ARIGOC a montré que la santé des femmes est l’affaire de tous. Ceux qui tendent la main à celles qui viennent après eux. Et ça, aucun groupe électrogène, aucun incubateur ne pourra le remplacer. C’est une affaire de cœur, de mémoire et d’engagement.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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