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Affections bucco-dentaires : 75 % de la population touchée

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Troisième fléau mondial après les cancers et les maladies cardiovasculaires, les affections bucco-dentaires touchent près de 75 % de la population camerounaise, toutes couches sociales confondues.

Derrière ces chiffres, des pathologies évitables – caries, parodontites, noma – qui demeurent trop souvent négligées et dont les complications (abcès, cellulites, liens avec le diabète ou les maladies rénales) pèsent lourdement sur le système de santé, l’économie familiale et la scolarité.

C’est sur la base de ces données que la présidente nationale de l’Ordre national des chirurgiens-dentistes du Cameroun (ONCDC), le Dr Chantal Tankoua-Sounou, a martelé, lors de la Journée mondiale du 20 mars, l’urgence d’une prévention massive et d’une intégration des soins bucco-dentaires dans la Couverture santé universelle. »

Elles constituent le troisième fléau mondial, juste après les cancers et les maladies cardiovasculaires. Pourtant, les affections bucco-dentaires restent trop souvent reléguées au second plan des priorités sanitaires. Au Cameroun, près de 75 % de la population est touchée, toutes couches sociales confondues. Face à cette réalité alarmante, l’Ordre national des chirurgiens-dentistes du Cameroun (ONCDC) a fait le pari de la prévention de masse. Le 20 mars dernier, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé bucco-dentaire, l’institution et ses partenaires ont transformé la mobilisation en actes. Aujourd’hui, alors que les affiches sont retirées et les stands repliés, une conviction demeure : la bouche n’est plus un angle mort de la santé publique. Placée sous le thème « Une bouche saine, c’est une vie heureuse », cette édition 2026 restera comme celle d’une prise de conscience collective amplifiée par un engagement sans précédent sur le terrain. Pour le Dr Chantal Tankoua-Sounou, présidente nationale de l’ONCDC, l’événement n’a jamais été une simple célébration. « La santé bucco-dentaire est un pilier essentiel du bien-être général tout au long de la vie. Trop longtemps reléguée au second plan, elle doit aujourd’hui être considérée dans toute sa globalité, car elle influence notre santé physique, notre équilibre mental et notre insertion sociale », a-t-elle rappelé au cœur des festivités.

Une mobilisation nationale qui a marqué les esprits

Pendant plusieurs semaines précédant le 20 mars, chirurgiens-dentistes, associations professionnelles – Anosc, Afecdec, Ande, Acadent –, structures publiques et privées ont sillonné le pays. Consultations gratuites, dépistages mobiles, séances de sensibilisation dans les écoles et sur les lieux publics : l’objectif était d’aller à la rencontre des populations là où elles vivent. « Nous ne pouvons plus attendre que les patients viennent à nous quand la douleur devient insupportable », a insisté la présidente.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Caries, parodontites, infections graves comme le noma – cette gangrène faciale potentiellement mortelle – figurent parmi les pathologies les plus évitables, mais aussi les plus négligées. « Une carie négligée peut évoluer en abcès, en cellulite, voire mettre la vie en danger. Nous voyons encore trop de patients arriver à des stades avancés, faute d’information ou de consultation préventive », a souligné le Dr Tankoua-Sounou. Et d’ajouter un message central : la bouche n’est pas un organe isolé. Les infections bucco-dentaires entretiennent des liens étroits avec des pathologies systémiques lourdes, telles que le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies rénales ou encore certaines maladies inflammatoires.

Au-delà du soin, un enjeu de société

Les répercussions des maladies bucco-dentaires dépassent largement le cadre médical. L’absentéisme scolaire et professionnel lié aux douleurs dentaires pèse lourdement sur l’économie familiale et nationale. C’est pourquoi l’Ordre a profité de la dynamique du 20 mars pour réaffirmer son plaidoyer en faveur de l’intégration progressive des soins bucco-dentaires dans le panier de la Couverture santé universelle (CSU). Une avancée actuellement à l’étude avec les autorités de tutelle, que la présidente salue comme « une étape indispensable vers une santé plus juste ». Dans son discours de clôture des manifestations, le Dr Chantal Tankoua-Sounou a tenu à exprimer la gratitude de l’ensemble de la profession. « Nous remercions chaleureusement les autorités de tutelle pour leurs efforts constants en faveur de l’amélioration de la santé bucco-dentaire des populations. Le chemin est encore long, mais la volonté politique est là, et nous nous en réjouissons. »

La « bonne nouvelle » : des gestes simples qui sauvent

Au-delà des annonces institutionnelles, la présidente a voulu laisser un message d’espoir concret. « La prévention est à portée de tous », a-t-elle martelé. Un brossage deux fois par jour avec un dentifrice fluoré (en alternance avec un dentifrice non fluoré), le remplacement régulier de la brosse à dents tous les trois mois, l’usage du fil dentaire ou des brossettes interdentaires, des bains de bouche deux à trois fois par semaine. À ces habitudes s’ajoutent une alimentation équilibrée pauvre en sucres, l’éviction du tabac et une consommation modérée d’alcool. « Consulter un chirurgien-dentiste au moins deux fois par an, même en l’absence de douleur, c’est faire le choix d’une vie heureuse », a-t-elle insisté.

Une journée, mais une dynamique qui continue

Si le 20 mars est officiellement passé, les actions, elles, ne s’arrêtent pas. L’Ordre national des chirurgiens-dentistes du Cameroun entend faire de cette journée mondiale un véritable point de départ. « Notre vision est simple : faire de la santé bucco-dentaire une priorité accessible à tous, sans exception. Une bouche heureuse, c’est une vie heureuse, et c’est ensemble que nous bâtirons cette santé pour tous », a conclu le Dr Chantal Tankoua-Sounou.

Désormais, les regards se tournent vers les suites : le renforcement des campagnes de proximité, la formation continue des professionnels, et l’espoir d’une inscription durable des soins dentaires dans les politiques de santé publique. En cette fin de mois de mars, une certitude s’impose : au Cameroun, le sourire a cessé d’être une simple affaire d’esthétique pour devenir un enjeu de santé publique pleinement assumé.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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