Châtiment à l’école : Environ 6 enfants sur 10 en sont victimes dans le monde

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C’est le résultat d’une étude menée par le Fonds des nations unies pour l’enfance. Selon l’Organisation mondiale de la santé, (Oms), les châtiments corporels provoquent des conséquences physiques et psychologiques.

Les données de l’UNICEF issues d’enquêtes représentatives à l’échelle nationale menées dans 56 pays entre 2005 et 2013 montrent qu’environ 6 enfants sur 10 âgés de 2 à 14 ans ont été victimes de châtiments corporels infligés par des adultes au sein de leur foyer au cours du mois précédent. En moyenne, 17 % des enfants ont subi des châtiments corporels sévères, mais dans certains pays, ce chiffre dépasse 40 %. Les grandes variations entre les pays et les régions montrent que la prévention est possible.

Selon l’OMS, les châtiments corporels provoquent des réactions psychologiques et physiologiques néfastes. Les enfants éprouvent non seulement de la douleur, de la tristesse, de la peur, de la colère, de la honte et de la culpabilité, mais le fait de se sentir menacé conduit également à un stress physiologique et à l’activation de voies neuronales qui aident à faire face au danger. Les enfants qui ont été punis physiquement ont tendance à présenter une réactivité hormonale élevée au stress, une surcharge des systèmes biologiques, qu’il s’agisse des systèmes nerveux, cardiovasculaire ou nutritionnel, et des changements dans la structure et le fonctionnement du cerveau.

Bien qu’elle soit largement considérée comme acceptable, la fessée est également associée, au même titre que des formes plus sévères de maltraitance, à une altération de la fonction cérébrale, une constatation qui contredit l’argument fréquemment avancé selon lequel les formes moins sévères de châtiment corporel ne sont pas nocives.

E.S.N

Fidélis Akak : « C’est un rappel à l’ordre »

L’Inspecteur général des services au ministère des Enseignements secondaires (MINESEC), éclaire la communauté éducative sur la circulaire de la ministre des Enseignements secondaires, Pr Pauline Nalova Lyonga Egbe, interdisant le fouet à l’école. 

La ministre des Enseignements secondaires, vient de signer un communiqué radio qui rappelle à l’ordre les responsables des établissements. Qu’est-ce qui justifie ce rappelle à l’ordre ?

La ministre des Enseignements secondaires n’a pas signé la circulaire. C’est un rappel à l’ordre. La loi de 1998, portant orientation de l’éducation au Cameroun, adossée sur les conventions internationales relatives à la protection de l’enfant proscrit tout châtiment corporel sur l’élève. De ce fait, rien ne peut justifier les sévices corporels quels qu’il soit à l’école. L’échelle des sanctions est définie dans le règlement intérieur de l’établissement et adoptée par la communauté éducative et valider par les services compétentes.

C’est-à-dire que, c’est chaque établissement qui définit les règles de punition ?

C’est chaque établissement qui définit les règles, mais il y a un texte qui a défini certaines sanctions et ce texte est en cours de révision par la hiérarchie du ministère des Enseignements  secondaires, parce que les crimes de nos jours ne sont pas les crimes d’avant, de 1980 par exemple. IL y a une réflexion en cours et d’un moment à l’autre, la ministre des Enseignements secondaires va signer un document qu’on va acheminer dans les délégations régionales.

Une conférence sur la violence en milieu scolaire a été organisée le 20 et le 21 décembre 2022, et à partir de là, certaines recommandations ont été faites par la communauté et nous comptons intégrer certaines recommandations dans ce même texte.  La ministre des Enseignements secondaires, ne prend pas des décisions sans la contribution de la communauté éducative.

Il y  a bien un évènement qui a bien amené la ministre des Enseignements secondaires à faire ce rappel, c’est lequel ?  Les réseaux-sociaux nous montrent aujourd’hui un peu de tout, on a vu les enseignants passer à tabac les élèves dans les cours de récréation. Qu’est-ce qui l’a motivée ?

L’attention de la ministre des Enseignements secondaires a été motivée sur le fait que les autorités d’un établissement de la place ont tabassé les élèves, la ministre en personne s’est rendue sur le lieu pour rappeler aux autorités de ces établissements que les sévices corporels sont interdis. Ça ce n’est pas la première fois. Au premier trimestre nous avons vécu la même situation dans un autre établissement et tous ces établissements sont des établissements privés. Voilà pourquoi  la ministre des Enseignements secondaires a décidé de faire ce rappel.

Monsieur l’inspecteur général maintenant que ce rappel a été fait, quels sont les mécanismes que le ministère des Enseignements secondaires a mis en place pour s’assurer du respect de ces mesures-là dans les écoles ?

Le communiqué est un rappel des différentes dispositions législatives et règlementaires en la matière.  Parmi les mécanismes de contrôle des mécanismes des mesures édictées il y a le suivi évaluation et les dénonciations. Si le premier est à l’initiative du top management, le second est fait tous les jours par les membres de la communauté. Tout acte de maltraitance est relayé par tous les voies et madame le ministre instruit la vérification des faits et les sanctions prévues par la réglementation à l’encontre des auteurs.

Quelles sont les sanctions prévues pour les établissements qui feront preuve d’indélicatesse ?

Les sanctions peuvent être administratives ou pénales. Pour les élèves, elles sont prononcées par le conseil de discipline, pour le personnel, la justice peut être sollicitée selon la gravité de la faute, ou à l’initiative des parents.

 Propos recueillis par E.S.N

 

Encadré

La thérapie de l’OMS aux châtiments corporels

L’Organisation mondiale de la santé, met à la disposition de la communauté éducative des programmes portant sur les normes et les valeurs visant à transformer les normes sociales néfastes concernant l’éducation de l’enfant et la discipline qui lui est imposée, soutien des parents et des personnes auxquelles l’enfant est confié par le biais de séances d’information et de renforcement des compétences afin de favoriser une relation épanouissante et attentive, non-violente, entre ceux-ci et l’enfant. L’Oms lutte contre les châtiments corporels en utilisant diverses méthodes transversales. En collaboration avec ses partenaires. L’Oms fournit des orientations et un soutien technique pour favoriser la prévention et l’action fondées sur des données probantes.

Les activités relatives à plusieurs stratégies faisant partie de l’ensemble technique, inspire, notamment celles sur la législation, les normes et les valeurs, la parentalité et la prévention de la violence en milieu scolaire, contribuent à prévenir les châtiments corporels. Le rapport de situation 2020 sur la prévention de la violence à l’encontre des enfants dans le monde présente les progrès accomplis par les pays dans la mise en œuvre de la législation et des programmes qui contribuent à la réduire. L’OMS plaide également pour un soutien et un investissement international accru en faveur de ces efforts de prévention et de riposte fondés sur des données probantes.

E.S.N

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