Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
INSIDE HOSPITAL

CMA de Doualaré : un hôpital promu mais incapable de soigner

Email : 314

Érigé en Centre Médical d’Arrondissement de Doualaré par décision ministérielle le 5 mars 2025, l’établissement sanitaire situé dans la région de lExtrême- Nord, devrait renforcer l’offre de soins locale. Près d’un an après, le constat est amer : une requalification administrative sans véritable impact sur la qualité des services.

La mutation du centre de santé en Centre Médical d’Arrondissement avait suscité de grands espoirs auprès de la population. Cette élévation de statut devait logiquement s’accompagner de services renforcés, d’un plateau technique moderne et d’un personnel mieux sétructuré. Mais sur le terrain, les difficultés persistent et freinent la pleine opérationnalisation de l’établissement.

Les infrastructures représentent l’un des défis majeurs. Plusieurs salles et bâtiments montrent des signes avancés de vétusté. Les murs fissurés, l’agencement inadapté des espaces et l’état général des installations révèlent un besoin urgent de réhabilitation complète. Pour un centre désormais classé à un niveau supérieur, ces conditions sont jugées insuffisantes par les usagers et observateurs.

Le plateau technique reste également limité. Plusieurs équipements médicaux essentiels sont absents, défectueux ou obsolètes. Cela contraint souvent les patients à se rendre dans d’autres hôpitaux, augmentant les coûts et les délais de soins. Cette situation contredit directement l’objectif du nouveau statut qui devait rapprocher des soins complets et efficaces aux populations de Doualaré.

Les outils informatiques, eux aussi, sont hors service. L’absence d’un système informatique fonctionnel ralentit la gestion des dossiers, l’archivage et la coordination interne, compliquant davantage le travail du personnel et la qualité du service offert aux patients.

Sur le plan des ressources humaines, l’hôpital dépend de 35 bénévoles pour assurer ses services, le plus ancien ayant 17 ans de service sans statut officiel. Cette précarité professionnelle fragilise l’efficacité et la motivation du personnel, malgré leur engagement indéniable. Beaucoup plaident pour une intégration progressive dans un cadre officiel pour sécuriser la continuité des soins.

Dans le quartier, la population exprime son impatience. Younoussa, habitant du secteur, témoigne :

« Quand on a appris que le centre devenait un hôpital d’arrondissement, on pensait que les équipements allaient arriver rapidement. Mais jusqu’ici, rien de concret n’a changé. »

Hadja Djidja, mère de famille, insiste sur l’importance vitale de l’hôpital :« Cet établissement est essentiel pour nous. Beaucoup de familles n’ont pas les moyens d’aller se faire soigner ailleurs. Si l’État réhabilite le centre et équipe correctement le personnel, ce sera un grand soulagement. »

Du côté de la direction, la docteur Panta admet que la transformation administrative est un progrès, mais qu’elle reste insuffisante sans investissements sérieux. Elle souligne la nécessité de rénover entièrement les bâtiments, d’équiper le plateau technique, d’informatiser le système et d’organiser le personnel pour que le centre remplisse pleinement ses missions.

Au-delà du cas de Doualaré, cette situation illustre un problème plus large : le décalage entre les décisions administratives et leur mise en œuvre sur le terrain. Pour les populations, l’urgence est de disposer de soins fiables, accessibles et efficaces. Le changement de statut n’a de valeur que si les améliorations deviennent tangibles.

Malgré toutes ces difficultés, le personnel continue d’assurer les soins avec les moyens disponibles, démontrant un engagement salué par la communauté. Mais pour les habitants et observateurs, le vrai défi commence maintenant : faire en sorte que la promotion du centre cesse d’être symbolique et devienne une transformation réelle capable de répondre aux besoins sanitaires croissants de Doualaré.

img

Samuel Adjewa

Journaliste communicateur

Samuel Adjewa est journaliste-communicateur basé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il est correspondant régional du groupe Échos Santé dans cette partie du pays. Il est actuellement en Master 2 en communication des organisations à l’Université de Maroua. Il a collaboré avec plusieurs médias et ONG nationales et internationales, notamment dans la production de contenus radio et documentaires. Son travail s’intéresse particulièrement aux questions de santé, de développement local et de communication institutionnelle.

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1365 du vendredi 13 mars 2026

×