Erreur médicale 8 000 personnes meurent au Cameroun chaque année

Ces chiffres sont le résultat d’une enquête menée par l’Organisation Mondiale de la Santé.

Depuis des années, les hôpitaux camerounais et les erreurs médicales entretiennent une relation incestueuse. On se souvient notamment de l’histoire de ces nombreuses personnes devenues définitivement infirmes à la suite de l’injection d’un médicament contre le paludisme appelé Quinimax.

Le cas le plus célèbre est celui de Christophe M., âgé de 45 ans. Cet enseignant est dans un lit d’hôpital depuis trois mois. Le ventre largement ouvert, il ne fait rien par lui-même. Amaigri, il raconte d’une voix à peine audible, les origines de son malheur. «J’ai eu un problème d’occlusion intestinale, il y a plusieurs mois. Et j’avais subi une chirurgie en urgence dans une clinique. Au sortir de là, je souffrais d’atroces douleurs dans le ventre. J’ai revu le chirurgien qui m’avait opéré plusieurs fois pour m’en plaindre. Après des examens, il disait toujours que tout est normal et que les choses vont rentrer dans l’ordre progressivement. Puis, mon état s’est dégradé: je faisais du sang, je ne mangeais plus, ne buvais plus, ne pouvais ni me lever, ni m’asseoir. Une échographie a montré que j’avais quelque chose dans le ventre », explique le malade. Une opération chirurgicale réalisée en urgence dans un hôpital public révèle des compresses en état de décomposition. Commence alors un long combat contre la mort. Si pour Christophe, l’histoire a connu une fin heureuse, ce n’est pas du tout le cas de Raoul, un jeune homme de 22 ans, souffrant de diabète qui a trouvé, la mort après que deux infirmières lui aient injectés une dose de 500 milligrammes d’Extencilline en intraveineux. Un médicament qui selon un avis médical, doit être uniquement administré sous la forme intramusculaire. Un autre scandale sanitaire secoue l’hôpital régional de Garoua, dans la région du Nord. Une erreur médicale commise par une aide-soignante « bénévole », a conduit au décès d’un bébé de 8 mois de sexe féminin.

L’incident est survenu dans la soirée du vendredi 10 mai 2019. L’aide-soignante a confondu le médicament qu’elle devait administrer au bébé malade interné au service de pédiatrie. « En lieu et place du métronidazole qu’elle devait lui injecter par intra-veineuse, elle a plutôt utilisé de l’alcool », précise une source médicale. Les erreurs médicales ou accidents médicaux sont tristement courants.

Les erreurs médicales peuvent aussi être causées lors d’une prise en charge en médecine ambulatoire. Les plus fréquentes sont notamment, les instruments oubliés dans l’organisme, surdoses médicamenteuses, confusions de médicaments, opérations du mauvais organe, mauvaises poses de cathéter. Et, les hôpitaux renâclent à les déclarer. De source introduite, c’est la hantise des blouses blanches : voir sa carrière brisée par une plainte. Ne dit-on pas que l’erreur est humaine ! Les médecins sont des humains. Ils peuvent donc commettre des erreurs. Du généraliste qui n’effectue pas le bon diagnostic, jusqu’aux négligences graves aux urgences ou au bloc opératoire, ces erreurs concernent tout le corps médical. Ainsi, tous les praticiens sont exposés aux procédures.

Chaque hôpital aurait au moins un personnel passé par cette épreuve. Cela, dans une opacité absolue. Il est quasiment impossible d’obtenir une liste des praticiens sous le coup d’un blâme, un avertissement ou une suspension. Il faut se contenter des indiscrétions d’un supérieur hiérarchique ou des collègues.

Elvis Serge NSAA

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