Le Groupe Technique de Travail Régional Santé Mentale et Soutien Psychosocial (GTTR-SMSPS) enregistre une hausse spectaculaire des bénéficiaires en 2025. Une progression portée par l’implication accrue des acteurs locaux.
Le Groupe Technique de Travail Régional Santé Mentale et Soutien Psychosocial (GTTR-SMSPS) constitue une plateforme réunissant les organisations humanitaires, les autorités sanitaires et les acteurs communautaires intervenant dans le domaine de la santé mentale et de l’accompagnement psychosocial. Son objectif principal est de coordonner les interventions afin d’améliorer l’accès et la qualité des services destinés aux populations affectées par les crises sécuritaires, sociales et humanitaires dans la région de l’Extrême-Nord.
Une hausse spectaculaire du nombre de bénéficiaires
En 2025, 31 910 personnes ont bénéficié d’une assistance en santé mentale et soutien psychosocial, contre 12 470 en 2024, soit une augmentation de 155,8 %. Cette progression s’explique notamment par l’implication plus active des acteurs locaux dans la mise en œuvre des activités ainsi que par l’augmentation du nombre d’organisations intervenant dans ce domaine.
Parmi les 31 950 personnes touchées par les différentes activités, les femmes représentent 54,1 %, les hommes 33 %, tandis que les enfants constituent 12,9 % des bénéficiaires, dont 7,7 % de filles et 5,2 % de garçons, traduisant une meilleure prise en compte des dimensions genre et âge.
Des interventions variées au profit des communautés
Les actions menées ont couvert plusieurs axes essentiels, notamment le conseil psychosocial individuel et de groupe, la psychoéducation, la distribution de kits d’urgence en santé mentale, les activités socio-récréatives et relationnelles, ainsi que les campagnes d’information, d’éducation et de communication pour la santé mentale et la consolidation de la paix. Des formations ont également été organisées pour renforcer les capacités des professionnels de santé, des référents communautaires et des fournisseurs de services SMSPS.
Les espaces sûrs dédiés aux femmes et aux filles ont contribué à leur autonomisation, tandis que la célébration de journées internationales, notamment la Journée mondiale de la santé mentale et les 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, a permis d’intensifier la sensibilisation communautaire.
Une coordination renforcée avec les autorités sanitaires
Placée sous le lead du Ministère de la Santé Publique et le co-lead de l’Organisation Internationale pour les Migrations, la plateforme a favorisé l’harmonisation des interventions et l’optimisation des ressources. Cette collaboration a notamment permis la désignation officielle de points focaux santé mentale dans les districts sanitaires de l’Extrême-Nord, améliorant ainsi la coordination et le suivi des activités au niveau local.
L’implication des leaders communautaires a également contribué à réduire la stigmatisation liée aux troubles mentaux et à renforcer l’appropriation des actions par les populations.
Les priorités fixées pour 2026
Pour l’année 2026, les acteurs du GTTR-SMSPS entendent intensifier la lutte contre la stigmatisation à travers les médias locaux, redynamiser les espaces sûrs dans le département du Logone-et-Chari, harmoniser les systèmes de collecte de données et renforcer la formation continue des professionnels et acteurs communautaires. L’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaires et la promotion du référencement entre médecine conventionnelle et traditionnelle figurent également parmi les priorités.
Des défis encore persistants
Malgré les avancées enregistrées, plusieurs défis demeurent, notamment le renforcement des stocks d’urgence, la disponibilité permanente des psychotropes dans les formations sanitaires, l’appropriation du système de référencement et la réhabilitation psychosociale des personnes stabilisées. La lutte contre la stigmatisation reste par ailleurs un enjeu majeur pour garantir un accès durable aux services de santé mentale.
Dans un contexte humanitaire complexe, les résultats obtenus en 2025 démontrent toutefois qu’une coordination efficace et une mobilisation communautaire accrue peuvent améliorer significativement la prise en charge psychosociale des populations vulnérables de l’Extrême-Nord.












































































































































































































































































