Fièvre typhoïde: Plus de 200 000 morts chaque année

La mortalité peut aller jusqu’à 20 à 30% une fois que la bactérie passe dans le sang. Pour prévenir la maladie, il faut éviter le contact avec les sources de contamination ; se laver les mains régulièrement, privilégier la consommation de viandes bien cuites, de légumes cuits, d’eau en bouteille et éviter les crudités, les fruits et légumes non épluchés non cuits. Le troisième axe de prévention de la fièvre typhoïde est le vaccin.

La trentaine bien sonnée, Elvira semble ne pas avoir conscience du soleil accablant qui darde ses rayons sur elle, amaigrie, frissonnante, les yeux hagards, la jeune femme tient à peine debout seule. Depuis six semaines, elle se plaint d’une fièvre qui s’intensifie la nuit, de douleurs dans le ventre et de fatigue générale. « Soupçonnant un début de paludisme, j’ai d’abord pris des décoctions à base d’écorces de chez nous. J’ai également fait des sudations, de saignées et des massages avec des herbes, sans changement. Puis, j’ai pris des comprimés de paracétamol achetés auprès du colporteur. Voyant que mon état allait de mal en pis, je suis allée chez le guérisseur qui a dit qu’on m’a lancé quelque chose au village », raconte Elvira. Inquiète face à l’absence de résultats après un long traitement magico-homéopathique chez le tradi-praticien, un cousin de la jeune femme s’endette pour la transporter à l’Hôpital de district de Biyem-Assi. Des examens cliniques révèlent que la malade souffre d’une fièvre typhoïde avancée. « C’est un cadavre que vous m’apporter là. Je ne soigne pas la mort. Vous attendiez quoi depuis le début de la maladie ? », Se plaint le médecin.  D’après le Pr. Guillaume Desoubeaux, Chef de service de Parasitologie au Centre hospitalier universitaire de Tours, « La fièvre typhoïde est une maladie infectieuse causée par une bactérie à Gram négatif, une salmonelle, qui se trouve dans une eau contaminée. Sa transmission se fait par voie orale », informe le Parasitologue. « C’est une maladie qui sévit dans des pays où les standards d’hygiène sont défavorables, principalement dans les régions inter-tropicales », indique ce spécialiste. La fièvre typhoïde est une maladie contagieuse. La contamination se fait par les eaux et les aliments souillés à partir des selles d’un sujet infecté. Il peut s’agir d’aliments manipulés par un porteur de bactérie, de coquillages, fruits de mer ramassés dans les zones contaminées, de fruits et légumes crus contaminés par des matières fécales. « On la contracte à partir de la même source de contamination ou par promiscuité avec un cas index », indique le Pr Desoubeaux.  « Il peut y avoir des contaminations intra-familiales via des mains sales, des poignées de porte, des couverts, des verres… tout ustensile que l’on partage avec son entourage immédiat, exactement comme cela est le cas avec une gastro-entérite », détaille le médecin.

Les trois axes de prévention de la fièvre typhoïde

Les malades sont contagieux généralement de la 1ère semaine de la maladie jusqu’à la fin de la convalescence, car il existe de rares cas de portage prolongé asymptomatique après l’infection.  « La principale complication de la fièvre typhoïde est le passage systémique de la bactérie dans le sang. Cela peut aller jusqu’à la mort avec des états intermédiaires de stupeur », indique le Pr Desoubeaux. La mortalité peut aller jusqu’à 20 à 30% une fois que la bactérie passe dans le sang. Les données mondiales les plus récentes font état de plus de 20 millions de cas annuels de fièvre typhoïde et paratyphoïdes, et de plus de 200 000 morts. « La fièvre typhoïde se traite avec des antibiotiques, le plus souvent des céphalosporines ou des fluor quinolones, par voie injectable ou par voie orale, en fonction de la gravité de la maladie », informe le Pr Guillaume Desoubeaux.  A cela s’ajoute un traitement symptomatique : réhydratation, médicament antipyrétique (conte la fièvre) … ». La prévention de la typhoïde se fait selon deux axes principaux », indique le médecin. « Le premier est un axe de prévention mécanique pour empêcher le contact de la personne avec les sources de contamination : conseiller de se laver les mains régulièrement, privilégier la consommation de viandes bien cuites, de légumes cuits, d’eau en bouteille et éviter les crudités, les fruits et légumes non épluchés non cuits », explique le Pr. Desoubeaux. « Le deuxième axe de prévention de la fièvre typhoïde est le vaccin. Celui-ci est valable 3 ans et protège à hauteur de 50% », informe ce spécialiste. La vaccination contre la fièvre typhoïde est recommandée pour les voyageurs (adultes et enfants de 2 ans et plus) devant effectuer un séjour prolongé ou dans de mauvaises conditions dans des pays où l’hygiène est précaire et où la maladie est présente, principalement les zones intertropicales. La vaccination doit être réalisée quinze jours avant le départ en voyage.

Elvis Serge NSAA

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