Depuis son installation dans des locaux neufs en mai 2025, l’hôpital de district de Belabo (HDB) s’impose comme l’un des pôles d’attraction sanitaire de la région de l’Est du Cameroun.
Grâce au dynamisme du Dr Louis Ngum impulsé par le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, une équipe jeune et engagée travaille avec ardeur afin d’humaniser les soins de santé pour la population de cette ville.

À Belabo, le changement ne se raconte pas, il se vit. Étendu sur une superficie de 1500 m², le nouveau site de l’hôpital de district symbolise la modernisation de la carte sanitaire camerounaise. Avec trois bâtiments fonctionnels sur quatre, l’infrastructure de quatrième catégorie tourne déjà à plein régime, accueillant plus de 400 consultations mensuelles.
Une offre de soins structurée et performante
L’organisation des services a été pensée pour une fluidité maximale du parcours patient. Le bâtiment 1 constitue le cœur battant des interventions : il abrite le laboratoire, les urgences, la salle d’accueil et un bloc opératoire qui, malgré des défis techniques, réalise une quinzaine d’opérations par mois (chirurgie générale et gynécologique).
Le bâtiment 2 est dédié à la vie et à l’avenir. Il regroupe le pôle Mère-Enfant avec une néonatalogie, la pédiatrie, et des salles d’accouchement et de post-partum. C’est ici que bat le pouls de la santé communautaire. Ernestine Ongolo, sage-femme, y coordonne une activité intense : « Nous réalisons en moyenne dix accouchements par semaine. Le Programme élargi de vaccination (PEV) est quotidien et nous administrons tous les antigènes à environ 70 enfants par mois, explique-t-elle.
L’offre est complétée par le bâtiment 3, siège de l’administration, tandis qu’un quatrième édifice est en construction pour accueillir un laboratoire de pointe et une banque de sang.

La pharmacie : le défi relevé de la disponibilité
L’un des piliers de la réussite de Belabo réside dans sa gestion des stocks. Contrairement à de nombreuses structures, l’HDB affiche une disponibilité exemplaire. « Les stocks sont suivis au jour le jour ; il n’y a presque jamais de rupture. « Nous nous ravitaillons exclusivement au Fonds régional de la promotion de la santé de l’Est », précise le Dr Louis Ngum, directeur de l’hôpital. Cette rigueur garantit aux patients une prise en charge immédiate, sans l’angoisse de la quête de médicaments à l’extérieur.

L’humanisation au cœur du témoignage
La satisfaction des usagers est le meilleur indicateur de performance. Ibibatou, une jeune mère, témoigne : « Grâce à mon Chèque Santé, j’ai été prise en charge gratuitement et j’ai accouché dans d’excellentes conditions. » Pour Halidou, grand brûlé sauvé par l’équipe, ou Grâce Nyatta, dont l’enfant a été tiré d’une convulsion critique, l’accueil et la réactivité du personnel sont les marques de fabrique de cette “équipe jeune et dynamique”.
Les défis de la pleine croissance
Si l’excellence est en marche, des besoins cruciaux subsistent pour franchir un nouveau cap. L’absence de scialytique contraint actuellement les chirurgiens à opérer avec des lampes frontales. Pour optimiser ce plateau technique, l’acquisition d’une colonne d’anesthésie, d’une table opératoire moderne et d’un appareil de radiographie à rayons X est impérative.

De plus, pour couvrir une aire de santé de 50 000 habitants, le renforcement de la mobilité médicale (ambulances) et l’affectation de médecins spécialistes (gynécologues, pédiatres, chirurgiens) sont les prochaines étapes logiques pour faire de Belabo un modèle indépassable de santé de proximité dans le Lom-et-Djerem en particulier et au Cameroun en général.
Signalons que cette descente sur le terrain du groupe Echos Santé a été coordonnée avec l’appui du délégué régional de la Santé de l’Est, le Dr Albert Mambo Maka.
Interview
« Nous avons pris en charge plus de 1000 complications maternelles ou fœtales »

Pouvez-vous nous faire une présentation historique de l’hôpital de district de Bélabo ?
L’hôpital de district de Belabo est un hôpital de quatrième catégorie. Il faut dire que, depuis sa création dans les années 1940, il est passé tour à tour d’une case de santé, d’un centre de santé intégré, après quoi il est passé CMA et a été transformé en hôpital de district en 2021.
Et depuis donc 2021, il exerce comme un hôpital de district de quatrième catégorie, dans l’aire de santé de Bélabo, naturellement, et couvre une population d’environ 50 000 habitants.
Alors, pour ceux qui ne connaissent pas Belabo, est-ce que vous pouvez nous situer l’hôpital de district sur le plan géographique de cet hôpital ?
Sur le plan géographique, il faut dire que l’hôpital de district de Belabo est situé dans l’arrondissement de Belabo. Il est à 95 kilomètres de Bertoua, le chef-lieu de la région de l’Est. Et comme localité voisine, nous avons l’arrondissement de Diang, l’arrondissement de Bétaré-Oya, et bien sûr l’arrondissement de Bertoua qui partage les frontières avec Belabo.
Est-ce que vous pouvez nous faire une présentation infrastructurelle de cet hôpital ?
En termes d’infrastructures, nous avons actuellement quatre bâtiments. Parmi les quatre, nous avons trois qui sont opérationnels et un qui est encore en chantier. Et nous profitons aussi de cette occasion pour dire merci à notre partenaire, l’entreprise COTCO, qui est le financier de ce bâtiment encore en chantier. Donc nous disons qu’il y en a trois qui sont opérationnels et un qui est encore en chantier.
Quels sont les services disponibles en ce moment dans votre formation sanitaire ?
Il faut dire d’emblée déjà qu’à l’hôpital de district de Belabo, nous offrons des services qui entrent dans les paquets des soins préventifs, des soins curatifs et des soins promotionnels. Et pour faire le tour des services, il faut dire que nous avons le service de médecine où nous faisons des consultations de toute nature : consultations générales, consultations pédiatriques, chirurgicales et bien d’autres.
Et nous hospitalisons également des malades. En dehors du service de médecine, nous avons également le service de maternité où nous faisons des visites prénatales, des accouchements. Nous avons également un service de chirurgie où nous menons des interventions chirurgicales, que ce soit dans le domaine de la mère de l’enfant, c’est-à-dire des césariennes, par exemple, et aussi des chirurgies générales, à l’instar des cures hernières ou encore gynécologiques et obstétricales d’urgence, telles que les grossesses extra-utérines et bien d’autres.
Donc nous faisons bel et bien la chirurgie, bien que ce soit la chirurgie générale, parce que nous n’avons pas encore de spécialistes chirurgiens dans notre hôpital. Et en dehors du service de chirurgie, il y a également un laboratoire qui offre des bilans de toute nature. Nous avons également la pharmacie qui sert les médicaments essentiels génériques pour les malades que nous soignons.
Il y a également un service du PEV, programme élargi de vaccination, pour la vaccination de nos enfants de 0 à 50 ans. Nous offrons également des services de diagnostic et de prise en charge de la tuberculose, donc il y a un CDT. Il y a également une unité de prise en charge VIH pour les patients atteints de cette maladie.
Et naturellement, pour les enfants malnutris aussi, il y a un CNTI pour leur suivi. Et il faut dire que nous offrons tous les paquets qui entrent dans les services des programmes du ministère de la Santé publique. Nous mettons en œuvre toutes les politiques nationales, tous les programmes du ministère de la Santé publique, dans notre hôpital du district de Belabo.
Il faut également préciser que dans tous ces services que nous réalisons, nous bénéficions de l’appui des partenaires et aussi des entreprises locales qui nous appuient. Comme partenaires, nous avons par exemple ECPAF et Elisabeth Glesser Pediatric Foundation qui nous appuient à l’UPEC, de même que Chris Foundation pour le transport des ostentations. Nous avons également d’autres partenaires, à l’instar de ASADE et ACMS, et aussi NACENT, qui nous appuient dans différents domaines.
Et comme je vous le disais, il y a également certaines entreprises locales qui nous appuient de temps à autre dans la réalisation de nos services. Nous allons citer ici l’entreprise COTCO, l’entreprise SCDP et l’entreprise CAMRAI qui nous sont souvent de très gros appuis. Et je dis également que nous sommes accompagnés par le conseil régional qui nous aide énormément dans l’exercice de nos fonctions. Également la commune de Belavo qui nous appuie aussi de temps à autre.
Alors à côté de ces services, qu’est-ce que vous avez comme personnel à l’hôpital de district de Belabo ?
En tout, comme personnel à l’hôpital de district de Belavo, nous avons 45 personnels. Et parmi ces 45 personnels, nous comptons deux médecins, nous comptons une pharmacienne, une technicienne adjointe de laboratoire, une infirmière, deux sages-femmes, un maïeuticien, deux aides-soignants. En termes de personnel à l’hôpital de district de Belabo, nous avons en tout 45 personnels.
Il faut dire que parmi ces 45 personnels, nous avons huit qui sont des personnels d’État et les autres qui sont appuyés par des partenaires à l’instar du GTRE. Et le reste, ce sont des bénévoles. Et de tous ces personnels, nous citons entre autres deux médecins, nous avons une pharmacienne et le reste ce sont des personnels paramédicaux.
Et ces personnels couvrent tous les services que nous vous avons présentés. Et certes, vous comprenez que ce n’est pas encore suffisant, mais nous espérons encore que d’ici peu, nous aurons de nouveaux personnels qui seront affectés pour nous appuyer pour la réalisation de ces services-là.
En 2023, le ministère de la Santé a lancé la phase 1 de la Couverture santé universelle, en particulier dans la région de l’Est Cameroun, l’octobre de Belabo. Où en êtes-vous dans la mise en œuvre du paquet de services de la couverture de santé universelle ? On va faire une petite pause, je vais prendre rapidement les performances en termes de chiffres. Monsieur le directeur, en 2023, le ministère de la Santé publique a lancé la couverture de santé universelle, sa phase 1. Où en êtes-vous dans la mise en œuvre ou la mise en place de l’offre ?
Pour ce qui est de la couverture de santé universelle, l’hôpital du district avait été accrédité en décembre 2023. Depuis janvier 2024, nous menons effectivement des activités dans le cadre de la couverture de santé universelle, en tant que formation sanitaire SONUC, c’est-à-dire soins obstétriques et néonataux du genre complet.
Depuis l’année 2024, nous avons réalisé en tant que formation SONUC, en tout 48 césariennes dans le cadre du chèque santé, avec 720 échographies également. Pour ce qui est de l’année 2025, nous avons réalisé 70 césariennes pour 840 échographies chèque santé. Et pour les années cumulées 2024 et 2025, nous avons pris en charge plus de 1000 complications maternelles ou fœtales, toujours dans le cadre du chèque santé.
Pour vous dire qu’effectivement, la couverture santé universelle est mise en œuvre à l’hôpital du district de Belabo. Tous les paquets offerts par l’hôpital, tous les services qui peuvent être offerts à l’hôpital du district, sont effectivement offerts dans le cadre de la couverture de santé universelle. Et pour ce qui est du chèque santé, les femmes et les enfants sont bel et bien suivis et gratuits selon la politique.
Est-ce qu’à l’hôpital du district de Bélabo, vous faites face à des difficultés ? Si oui, lesquelles ?
À l’hôpital du district de Bélabo, nous faisons effectivement face à des difficultés. Sur le plan des infrastructures, par exemple, nous avons fait savoir que nous n’avons que trois bâtiments pour offrir tous les services que nous avons cités.
Il faut dire que ce ne sont pas de très grands bâtiments aussi. Il y en a un qui est encore en chantier. Et il y a un besoin créatif parce que nous avons besoin d’un bâtiment qui puisse offrir davantage de salles d’hospitalisation. Il n’y en a pas assez. Nous avons également besoin d’un bâtiment qui puisse offrir des services d’imagerie, notamment la radiographie au rayon X. Ça n’existe pas encore à l’hôpital du district de Bélabo. Nous avons également besoin de trois grands bâtiments qui puissent héberger des bureaux et des salles pour les soins spécialisés.
Je cite par exemple ici le CNTI, le cabinet dentaire, les soins ophtalmologiques, les bâtiments pour l’isolement en cas de besoin et autres. Donc, nous pensons qu’en termes d’infrastructures, nous avons encore besoin de trois grands bâtiments pour pouvoir couvrir ces différents services-là. Un pour les hospitalisations, un pour le service d’imagerie rayon X et un autre qui puisse héberger les soins spécialisés.
Et en termes d’équipements, nous en avons également un grand besoin pour ce qui est des équipements. Pour les services de chirurgie, par exemple, nous ne disposons pas d’une colonne d’anesthésie. La table opératoire est très vétuste, le cialétique aussi en panne et les réparations jusqu’ici restent infructueuses.
Et en maternité, nous ne disposons que d’une couveuse. Elle est fonctionnelle, mais elle ne suffit pas encore parce qu’à des moments, nous avons plus d’un enfant qui a besoin d’utiliser la couveuse et nous sommes souvent butés à ce niveau-là. Et aussi pour ce qui est de la logistique, l’hôpital d’ici de Bellevaux ne dispose d’aucune ambulance et ça rend les références souvent difficiles.
Certes, le centre d’appel régional pour les urgences nous vient souvent en appui, mais nous pensons qu’il serait également bien si nous pouvions avoir une ambulance pour pouvoir mener à bien et plus rapidement les évacuations vers l’hôpital régional ou bien le centre hospitalier de référence. En termes de perspectives et toujours en termes de difficultés, il y a également des difficultés sur le plan des ressources humaines. Nous avons dit tout à l’heure que nous n’avons que deux médecins à l’hôpital, une pharmacienne, une infirmière, deux sages-femmes, un médecin et deux aide-soignants.
C’est encore largement insuffisant en termes de personnel d’État pour faire fonctionner l’hôpital, alors nous espérons, nous plaidons pour qu’on puisse avoir davantage de médecins, d’infirmiers, d’aides-soignants pour pouvoir faire fonctionner tous ces services-là. En termes de perspectives, comment est-ce que vous voyez cet hôpital dans un an, deux ou trois ?
Dans un an, deux ou trois, l’hôpital aura beaucoup grandi parce qu’actuellement, il y a des projets, je vous ai parlé des partenaires, les entreprises qui nous venaient de temps à autre en appui. J’ai cité ici tout d’abord l’entreprise Codeco qui actuellement est en train de construire un plus grand laboratoire avec une banque de sang également.
Le bâtiment est encore en chantier, il sera bientôt livré. Mais également, nous avons eu à tendre la main à l’entreprise SCDP qui a également pris sur lui de nous construire un bloc d’imagerie qui puisse réaliser les radiographies Orion X. Ils comptent aussi l’équiper, nous profitons de cette occasion-là pour dire merci à ces entreprises. Il y a également l’entreprise Camrai qui a également reçu notre doléance pour la construction d’un bloc de soins spécialisé pour une guérite et aussi pour la clôture autour d’une portion de l’hôpital.
Alors nous saisissons cette occasion pour dire encore merci à toutes ces entreprises, merci à Cotco, merci à Camrai, merci à la SCDP qui ont manifesté la volonté de nous aider dans ce projet-là. Et en termes de ressources humaines, ça a déjà été dit, nous espérons avoir un peu plus de personnel dans les différents corps, corps de médecins, infirmiers et bien d’autres.
Pour ce qui est de la capacité en lits de l’hôpital de district de Bélarbo, nous avons en tout 35 lits avec un taux d’occupation de 95 %.
Très souvent, nous nous retrouvons avec plus de patients qu’il en faut pour l’hospitalisation. Il faut dire également qu’en termes de prestations, en termes de performances, pour l’année 2025 par exemple, nous avons réalisé en tout 6500, parmi lesquelles 380 accouchements.
Comment est-ce que vous suivez des indigents, des gens qui arrivent à une urgence et qui n’ont pas d’argent ?
Nous appliquons bel et bien le principe des soins humanisés. Alors, chaque fois que nous recevons des patients qui n’ont pas les moyens de se faire soigner sur toutes les urgences, nous prenons sur nous de faire d’abord tous les soins qu’il faut. En rappelant le malade encore avec ses accompagnants pour le règlement des factures dans les délais les plus rapides possibles pour ne pas pénaliser l’hôpital dans son fonctionnement. Et parfois, nous sommes butés à des patients qui ont bénéficié de ces soins d’urgence, mais qui jusque-là n’ont pas la possibilité de payer leurs soins. Dans ce cas-là, nous référons souvent les cas vers le service d’action sociale de la commune de Belabo, qui mène une enquête sociale et ils essayent d’appuyer autant qu’ils peuvent pour que ces factures soient payées. Et très souvent aussi, nous avons une bénéficiation de l’appui de la commune et aussi des élites pour le règlement de ces factures des indigents. Mais ce qui est sûr, ce qui est certain, c’est que nous n’avons aucun cas répertorié comme venu en consultation pour une urgence ou bien quoi que ce soit, et qui ne dispose pas de frais pour sa prise en charge et qui n’a pas été reçu et soigné. Nous appliquons rigoureusement la politique des soins humanisés.
En cas d’accident ou d’intervention d’urgence, comment est-ce que l’équipe de l’hôpital se mobilise pour réagir rapidement ?
L’organisation est à son sommet. Déjà, tous les services sont opérationnels, ils sont fonctionnels 24 heures sur 24. Les personnels sont toujours à leur poste. Lorsqu’il y a des urgences, si ce sont des cas de petites chirurgies par exemple, l’équipe est toujours là, disponible 24 heures sur 24, les personnels prennent en charge les malades. Le bloc opératoire c’est pareil, la maternité c’est pareil, le service de médecine c’est pareil. Donc, les services sont opérationnels 24 heures sur 24. Et nous mettons aussi une organisation en cas d’afflux massif des cas. Nous avons une organisation bien schématisée à cet effet. Lorsqu’il y a des afflux massifs de cas, il y a un protocole que nous appliquons pour ces cas-là.













































































































































































































































































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