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Hôpital de district d’Abong-Mbang : un pilier de la santé dans le Haut-Nyong

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Entre expertise médicale, accessibilité sociale et mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle, l’établissement dirigé par le Dr Jean-Pierre Essindi Mbida conjugue humanisme et performance malgré les défis logistiques ;

Sous l’impulsion du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, et l’encadrement du Délégué Régional de la Santé publique de l’Est, Dr Albert Mambo Maka, le top management de cette formation sanitaire met tout en œuvre pour le bien-être des patients.

Érigé dans les années 90, l’hôpital de district d’Abong-Mbang n’est pas qu’une simple structure de soins ; c’est un patrimoine. Étendu sur un domaine impressionnant de 6 hectares, ce complexe de quatrième catégorie abrite 23 bâtiments. De la maternité à la pédiatrie, en passant par la chirurgie, l’unité de prise en charge (UPEC) du VIH, la radiologie et le laboratoire, l’offre est complète. Avec une capacité de 110 lits, l’hôpital accueille en moyenne 600 patients par mois, assurant une présence médicale constante dans cette zone forestière.

Une accessibilité sociale érigée en dogme

Ce qui distingue l’établissement, c’est avant tout sa politique de proximité financière. Dans une région où le pouvoir d’achat peut être un frein aux soins, l’hôpital propose des tarifs ultra-compétitifs : la radiographie débute à 4 500 FCFA et l’échographie dès 5 500 FCFA.

Cette vocation sociale prend tout son sens avec l’implémentation de la Couverture santé universelle (CSU). « Nous prenons en charge gratuitement les enfants de moins de 5 ans, qu’il s’agisse de paludisme simple ou grave », explique la direction. Les complications obstétricales et le suivi des patients vivant avec le VIH bénéficient également de cette dynamique de gratuité ou de subvention, faisant de l’hôpital un rempart contre l’exclusion sanitaire.

L’humain au centre de la prise en charge

Le témoignage de Joelle Moazang, une jeune maman, illustre cette qualité de service : « J’ai été très bien accueillie. Les médecins m’ont directement prise en charge et m’ont suivie durant tout le travail. Ils s’occupent parfaitement de l’enfant. » Avec une quarantaine d’accouchements mensuels, dont 10 à 15 césariennes, la maternité est l’un des pôles les plus actifs.

Pour garantir cette qualité, Thierry Owono, surveillant général, veille au grain. Une organisation rigoureuse a été mise en place : des permanences de 7 h 30 à 15 h 30, relayées par des équipes de garde jusqu’au lendemain, avec des repos compensateurs de 48 heures. « Nous tenons des comités pour corriger les manquements et des réunions générales mensuelles pour partager les expériences et motiver le personnel », précise-t-il.

Défis de maintenance et solidarité envers les indigents

Cependant, gérer un géant de 6 hectares ne va pas sans heurts. Le principal défi reste la rénovation des infrastructures. Si l’impulsion donnée en 2014 par la Première Dame, Madame Chantal Biya, a marqué les esprits, le besoin de rafraîchir les bâtiments se fait aujourd’hui pressant. À cela s’ajoutent les coupures de courant chroniques et le coût élevé de l’entretien des espaces verts et de la sécurité.

L’hôpital doit aussi composer avec une réalité sociologique forte : la prise en charge des indigents, notamment les populations Baka. Fidèle à sa mission de service public, l’établissement soigne d’abord et facture ensuite, même si beaucoup repartent sans pouvoir s’acquitter de leurs frais. « À la fin de l’année, nous dressons la liste de ces factures impayées pour le ministère », souligne-t-on en interne.

Malgré un taux d’occupation des lits oscillant entre 30 et 40 % et le défi permanent du financement du personnel contractuel, l’hôpital de district d’Abong-Mbang reste debout. Il demeure ce pilier indispensable, garant du droit à la santé pour tous les citoyens du Haut-Nyong.

Signalons que cette descente sur le terrain du groupe Echos Santé a été coordonnée avec l’appui du délégué régional de la Santé de l’Est, le Dr Albert Mambo Maka.  

Interview                                                    

« L’hôpital de district d’Abong Mbang continue à être la formation de référence de notre milieu » 

Dr Jean-Pierre Essindi Mbida, directeur de l’hôpital de district d’Abong Mbang.

Pouvez-vous nous faire une brève présentation de l’hôpital de district d’Abong Mbang ? 

Cet hôpital a été créé dans les années 1940. Il servait de base avancée aux équipes de la lutte contre la maladie du sommeil et de la lèpre. Donc, ces équipes qui partaient d’Ayos avaient pour base avancée Abong Mbang. Et là, nous sommes pendant la période précoloniale.

Maintenant, après la colonisation, ça a évolué. C’est devenu un hôpital départemental. Et dans les années 1990, après l’adoption de l’initiative de la réorientation des soins de santé primaires que le Cameroun a ratifiée, cet hôpital sera transformé en hôpital de district. Il va grandir. En 2014, il va bénéficier d’une réhabilitation.

En ce moment, nous comptons 23 bâtiments. Des bâtiments qui couvrent le service administratif, la maternité, la pédiatrie, l’UPEC, la médecine, la chirurgie. Nous avons également un bâtiment de radiologie et un laboratoire.

Qu’est-ce qu’on retrouve comme service opérationnel en ce moment dans votre formation sanitaire ?

Comme services, nous avons le service de l’accueil et des urgences. C’est par là que tous les malades entrent avant de se retrouver dans tous les autres services. Au-delà de ça, nous avons le service de maternité.

À l’intérieur de la maternité, nous avons la salle d’accouchement. Nous avons le service du programme élargi de vaccination. Nous avons même le service de planning familial.

En dehors de ça, nous avons le service de pédiatrie qui est en arrière, qui s’occupe de la santé des enfants. Nous avons également un service de chirurgie avec trois salles d’hospitalisation avec deux spécialités, une chirurgie septique et une chirurgie aseptique. Nous avons en chirurgie un bloc opératoire qui sert pour certains cas. En plus de cela, nous avons un laboratoire.

Dans le laboratoire, nous faisons la biochimie. Nous faisons tous les autres examens. Pour l’instant, nous ne faisons pas encore la bactériologie parce que nous sommes en train de réfléchir à comment nous allons obtenir les milieux de culture. Mais sinon, pour la biochimie, la physiologie, nous en faisons déjà. En plus de notre laboratoire, nous avons un service d’imagerie. En imagerie, nous faisons la radiographie. Nous faisons l’échographie aussi. Je dirais que ce sont les services qui fonctionnent dans notre formation sanitaire.

Est-ce que vous avez le personnel nécessaire pour tous ces services et pour faire fonctionner l’hôpital ?

Parlant du personnel, je dirais tout d’abord que le personnel fonctionnaire est au nombre de 28. Parmi les 28, un seul médecin.

Et pour faire fonctionner cet hôpital, nous sommes 91. Vous voyez que le reste, c’est le personnel occasionnel. Maintenant, dans les spécialités, je dirais que nous n’avons pas de spécialistes cliniques au niveau de l’hôpital.

Nous avons certes des infirmiers diplômés d’État qui peuvent avoir certaines spécialités dans leur formation. Mais si nous parlons des spécialistes, par exemple chez les médecins, nous n’en disposons pas au niveau de l’hôpital. Ce que nous avons, c’est des généralistes. Qu’il soit celui envoyé par l’État ou celui que nous recrutons comme personnel occasionnel.

Combien de patients recevez-vous en moyenne par mois, par trimestre ou par jour ?

En moyenne, nous recevons environ 600 patients par mois qui passent par le service de l’accueil. Bon, cependant aussi, il y en a d’autres qui vont directement dans le service de la maternité. Par exemple, ceux qui ont été référés par d’autres structures de premiers contacts pour les accouchements dont ils passent directement par la maternité. Et là-bas, nous avons environ 10 à 15 césariennes par mois que nous faisons. À ces femmes qui sont référées de la périphérie.

Et maintenant, les femmes qui viennent directement accoucher, parce que nous en recevons aussi en premier contact, bien que ce soit une prestation qui revienne aux formations sanitaires qui ont un niveau un peu plus bas. Mais nous en recevons ici également. Et là, nous sommes autour de 40 accouchements par mois.

Quelle est la capacité d’accueil de votre hôpital et quel est le taux d’occupation des lits ?

En ce qui concerne la capacité d’accueil, dans nos salles d’hospitalisation, je pense que nous avons 110 lits. Et en moyenne, en moyenne de façon journalière, nous avons environ 25 à 30 lits qui sont occupés tous les jours. Pour un taux d’occupation de 30 ou 40 %.

Que dites-vous au sujet du profil épidémiologique ?

En ce qui concerne le profil épidémiologique, nous avons beaucoup plus de cas de paludisme. C’est ça qui revient en tête à ce niveau. À cela, nous allons ajouter les parasitoses intestinales.

Ça revient en deuxième position. Et ensuite maintenant, par exemple en chirurgie, les malades que nous recevons beaucoup plus, c’est des cas de hernie au-delà des césariennes qui nous ont été référés. C’est des cas de hernie que nous prenons en charge ici. Et il y a aussi un bon nombre d’accidentés de la route qui viennent pour traumatisme. En ce qui concerne le taux de mortalité, je pense qu’en 2025, nous avons enregistré sur tous ces malades-là autour de 25 décès au sein de l’hôpital.

D’accord. Parlons de la couverture de santé universelle. Vous avez commencé à évoquer tout à l’heure, avec effectivement les cas de césariennes référés.

Comment s’implémente la Couverture santé universelle au sein de votre formation sanitaire ?

Nous essayons de l’implémenter, tel que ça se passe partout ailleurs. Concrètement, nous prenons en charge les enfants de moins de 5 ans gratuitement. En ce qui concerne le paludisme, qu’il soit simple ou alors qu’il soit grave. Nous prenons en charge les complications, les femmes qui viennent avec des complications d’accouchement, etc.  

Nous prenons en charge les malades à l’UPEC, les malades qui sont suivis, les maladies qui sont prévues là-dedans, nous les prenons en charge. Mais pour l’instant, nous n’avons pas encore un service démodéaliste pour étendre de ce côté. Donc, bref, nous prenons en charge les enfants, le paludisme chez les enfants, nous prenons en charge les complications obstétricales, nous prenons en charge également les maladies du VIH.

Comment ça se gère la prise en charge des indigents dans votre hôpital ?

Quand un malade arrive à notre niveau, nous le prenons d’abord en charge, et les factures viennent après. Mais généralement, ce que nous constatons, c’est que plusieurs, après le traitement, deviennent indigents et ne payent pas.

Et nous avons une forte popularité des BAKA, par exemple, qui, d’emblée, nous savons qu’ils ne payeront rien quand ils arrivent. Maintenant pour les autres, on essaye de leur donner un peu de temps pour qu’ils rentrent chez eux avec la bonne volonté, pour qu’ils viennent repayer. Et à la fin de l’année, le ministère nous demande souvent de dresser toute une liste des indigents et leurs factures et de communiquer cela.

Quelles sont les difficultés rencontrées par l’hôpital de district d’Abong Mbang ?

La première difficulté, c’est celle du personnel. C’est vrai qu’ils n’ont pas de salaire en tant que tel. La petite indemnité que nous leur donnons, nous devons toujours la leur donner parce que s’il faut qu’ils travaillent, il faut qu’ils aient ne serait-ce que leurs frais de transport. Et ça, ça fait la première difficulté parce que ça prend le gros des entrées de l’hôpital. La deuxième difficulté, vous voyez le site de l’hôpital. Il couvre 6 hectares. Et pour entretenir cet espace, il nous faut, au quotidien, du carburant. La troisième difficulté, c’est les coupures de courant.

Nous avons un groupe qui consomme 40 litres de gasoil en 10 heures. Et dans la ville, je pense, nous sommes au moins à 10 heures de coupure par jour. Bon, ça fait que ça, c’est des dépenses supplémentaires. Il faut toujours avoir du gasoil pour entretenir le groupe. Le groupe doit entretenir la morgue, ça doit entretenir le service de radio, je pense, le laboratoire aussi, et les couvertures que nous avons à la maternité.

S’il y a doléance à faire, comme vous pouvez constater la qualité de la peinture des bâtiments, si la première dame peut encore penser à nous comme elle a eu à le faire en 2014, ce serait la bienvenue pour qu’on puisse refaire, ne serait-ce que la peinture.

Dans la perspective, il y a des bâtiments qui sont en train d’être construits. Et là, c’est le Conseil régional qui nous dote de ces bâtiments. Il y a un grand bâtiment pour le service des accueils, des urgences ; ça sera effectivement des urgences. À l’intérieur, on retrouve des salles de réanimation, un laboratoire, des salles d’hospitalisation, des bureaux de consultation des médecins. Et tout à l’arrière, il y a un service d’imagerie. La seule chose qui manquera en imagerie, c’est le scanner. Et là, nous disons déjà merci au conseil régional de l’Est, et aussi à la hiérarchie.  

Quel message fort envoyez-vous aux populations de la ville d’Abong Mbang ?

Chère population d’Abong Mbang et ses environs, je vous demande de continuer à faire confiance à l’hôpital de district d’Abong Mbang qui est une structure publique. Premièrement, les prix chez nous sont bas parce que ça tient compte de beaucoup de paramètres. Deuxièmement, il y a certains services qui sont en train d’être ajoutés dans certaines prestations. Nous avons reçu certains appareils, ces jeux-ci qui sont déjà installés au niveau du laboratoire et au niveau de la qualité de la radio. La qualité a changé. Nous pensons que nous allons réduire de moins en moins les évacuations. Ça ne sera que pour vraiment les cas qui devraient être évacués.

Nous vous demandons effectivement de nous faire confiance. Comme je l’ai dit, les médicaments que nous utilisons, c’est le médicament essentiel générique, et qui nous vient de la voix du ministère, la voix agréée par le ministère. C’est un médicament de bonne qualité, mais aussi son avantage, c’est que ça coûte moins cher.

Donc, ça diminue un tout petit peu les charges. Et le personnel, vous l’avez vu, vous l’avez constaté à certains moments. Pour cela, moi je pense que l’hôpital de district d’Abong Mbang continue à être la formation de référence de notre milieu.

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Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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