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Hôpital de District de la Cité Verte : La dermatologie accessible à tous

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Sous la supervision du directeur de l’hôpital de district de la Cité Verte, le Dr Patrick Bekoulé, une campagne de consultations dermatologiques et vénéréologues 100% gratuites se tient du 28 au 30 janvier 2026.

Sous le soleil déjà ardent de ce mois de janvier, ce n’est pas une fête foraine qui s’est installée dans l’enceinte de l’Hôpital de District de la Cité Verte, mais un dispensaire d’espoir. À l’abri d’une grande tente blanche dressée pour l’occasion, des dizaines de patients, de tous âges, patientent dans un calme inhabituel. Ici, pas de billets à payer, seulement l’attente d’un numéro, d’un nom appelé, et enfin, d’une consultation souvent inaccessible. Pour la première fois, une campagne de consultations dermatologiques et vénéréologues 100% gratuites se tient du 28 au 30 janvier 2026, offrant une bouffée d’air à une population où les spécialistes sont « extrêmement rares et très sollicités ».

L’initiative, placée sous la bienveillance du Dr Patrick Bekoulé, chirurgien et directeur de l’établissement, est née d’un constat simple : les pathologies de la peau, des cheveux, des ongles et les infections sexuellement transmissibles (IST) sont un fléau silencieux, souvent négligé par manque de moyens ou de spécialistes à proximité. « C’est sous cette tente dressée à l’abri des rayons du soleil que se déroule la campagne », explique le Dr Sonia Chiago Tietche, dermatologue et vénérologue mobilisée pour l’opération. Le dispositif est rodé : dès leur arrivée, les patients sont enregistrés et se voient remettre un numéro. Ils prennent place sous la tente, avant d’être appelés « au fur et à mesure dans la salle de consultation affrétée pour la circonstance ». Une organisation minutieuse pour gérer un afflux qui ne s’est pas fait attendre.

Ornella, commerçante au marché Mokolo : « une occasion en or »

Parmi les premiers dans la file, ce jeudi matin, se trouvait Ornella. Venue très tôt, cette commerçante du célèbre et tumultueux marché de Mokolo voit dans cette campagne une aubaine. « Pour moi, c’est une occasion en or, vu que les dermatologues sont extrêmement rares et très sollicités », confie-t-elle. Son quotidien, fait d’exposition aux intempéries, à la poussière et au soleil, malmène sa peau. « Cette campagne est la bienvenue parce que, commerçante au marché, je fais l’objet de plusieurs intempéries », précise-t-elle, soulignant le lien direct entre ses conditions de travail et ses problèmes cutanés. Son témoignage est emblématique : il révèle le besoin criant de soins spécialisés pour les travailleurs informels, première ligne d’une économie précaire et dernière dans l’accès aux soins.

Un directeur sur le pont, au-delà de la signature

L’engagement ne se limite pas à l’affichage. Si le Dr Patrick Bekoulé a donné son accord pour cette opération, son implication va bien au-delà du bon déroulement de la campagne. « Le directeur de l’hôpital ne se contente pas de signer les parapheurs. Il veille à la bonne tenue de la campagne et à l’accueil des patients », rapporte un membre du personnel. Cette présence sur le terrain est cruciale. Elle assure la fluidité des opérations, le respect des patients et symbolise l’importance accordée par la direction à cette mission de service public. C’est la garantie que la campagne n’est pas un événement isolé, mais s’inscrit dans une volonté d’ouverture de l’hôpital à sa communauté.

Une affluence qui démontre un besoin structurel

« Tout comme Ornella, plusieurs personnes ont pris d’assaut l’hôpital de district de la Cité Verte », constate-t-on sur place. L’expression, forte, traduit une réalité : l’offre de soins spécialisés gratuits est un aimant puissant dans un désert médical. Toutes les tranches d’âge sont représentées, des enfants présentant des dermatoses aux adultes inquiets pour des lésions cutanées ou des symptômes d’IST. Cette diversité montre que le besoin est transversal et que la dermatologie, loin d’être une spécialité de confort, est un maillon essentiel de la santé publique, touchant à l’image de soi, à la douleur physique et à la santé intime.

Alors que le dernier jour de consultation s’achève ce 30 janvier 2026, le bilan est lourd de sens. La tente, symbole temporaire de cette mobilisation, aura permis de poser des diagnostics, d’apaiser des angoisses et d’initier des traitements. La campagne, organisée sous le double sigle du Ministère de la Santé (MINSANTE) et de l’Hôpital de District, aura tenu ses promesses : gratuité, accessibilité et professionnalisme. Pour le Dr CHIAGO TIETCHE, ces trois jours intenses sont un rappel. « Chaque patient reçu ici représente des centaines d’autres qui restent dans l’ombre. La demande est immense. » L’initiative de la Cité Verte crée ainsi un précédent. Elle démontre qu’avec de la volonté et de l’organisation, il est possible de rapprocher une spécialité rare des populations qui en ont le plus besoin. Elle lance surtout un appel : celui de voir ce type d’actions, aujourd’hui exceptionnelles, se pérenniser et se multiplier, pour que la santé de la peau ne reste plus un privilège, mais un droit effectif pour tous.

Interview

« Une campagne gratuite pour casser les préjugés à l’hôpital de la Cité-Verte »

Dr CHIAGO TIETCHE Sonia, dermatologue-vénérologue à l’hôpital de district de la Cité-Verte.

Du 28 au 30 janvier 2026, le Dr Sonia CHIAGO TIETCHE, dermatologue-vénérologue à l’Hôpital de District de la Cité-Verte, pilote une campagne de consultations gratuites qui a attiré près de 300 patients en deux jours. Dans cet entretien, elle revient sur les motivations de cette initiative, les pathologies les plus courantes – notamment la gale et les mycoses – et les risques de l’automédication. Elle souligne aussi un enjeu majeur : démystifier sa spécialité et rappeler que des soins dermatologiques accessibles existent au sein de l’hôpital public, pour une population souvent mal informée ou réticente à franchir ses portes.

Vous organisez pendant trois jours une campagne de dépistage des maladies de la peau. Pourquoi cette initiative ?

C’est une initiative qui s‘inscrit dans une démarche de santé publique pour vulgariser la spécialité, pour que les gens sachent ce qu’est un dermatologue, qu’ils sachent qu’il y a des dermatologues près de chez eux et à des coûts abordables.

 Pourquoi avoir choisi le trio : peau, cheveux et ongles ?

C’est tout simplement parce que la dermatologie est la discipline qui s’en occupe.

 Quelles sont les affections dermatologiques les plus fréquentes rencontrées au sein de la population ?

 Je dirais que tout d’abord, nous avons les maladies infectieuses, parmi lesquelles les maladies bactériennes, les maladies parasitaires et les infections fongiques, c’est-à-dire les champignons. Ensuite, nous avons les maladies inflammatoires, et un peu derrière, les maladies allergiques et les maladies immunitaires.

Quels sont les signes qui devraient alerter un patient et le pousser à consulter ?

Tout inconfort cutané. Si on a un problème de peau, un problème d’ongles, un problème de cheveux, on se tourne vers un dermatologue. Ça peut être des démangeaisons, des taches, des boutons, des bulles qui apparaissent, des cheveux qui deviennent fragiles, qui tombent, des ongles qui deviennent friables, c’est-à-dire fragiles, ou qui changent de couleur. Pour tous ces signes-là, on peut venir consulter. Et puis, il ne faut pas oublier la vénérologie, qui est couplée à la dermatologie et qui s’occupe des infections sexuellement transmissibles. Donc, pour toute personne qui a des douleurs en urinant, un changement de la couleur des urines, des démangeaisons au niveau vaginal ou l’apparition de plaies au niveau des parties intimes, elle peut également consulter un dermatologue-vénérologue.

La consultation est annoncée comme étant à 100% gratuite. Est-ce que cela inclut également certains examens de base ou des prélèvements si nécessaire ?

Non, la gratuité concerne uniquement la consultation. Pour ce qui est des examens complémentaires, c’est à la discrétion et à la charge de chaque patient.

Comment avez-vous organisé l’accueil ? Comment gérez-vous l’affluence attendue depuis le 1er juin ?

Nous avons mobilisé une équipe de près de 20 personnes pour pouvoir gérer le flux de patients. Il y a des personnes chargées de l’orientation, de l’accueil, de la prise des paramètres et de l’enregistrement. Et nous avons une équipe de 4 personnes pour les consultations. D’autres membres du personnel sont chargés d’orienter les patients vers les boxes de consultation.

Quel est le plus grand danger de l’automédication en dermatologie ?

Je dirais que l’automédication n’est pas appropriée dans le sens où, très souvent, on achète des médicaments dont on n’est pas sûr de la provenance, de l’efficacité, ni même de l’indication. C’est-à-dire qu’on peut acheter, par exemple, une crème antibactérienne qui est censée agir sur les bactéries, et l’appliquer sur une infection fongique. À ce moment-là, ça n’a pas d’effet. On se retrouve à faire des dépenses sans traiter la maladie, et à la traîner pendant longtemps.

Si un patient ne peut pas se déplacer ces 28, 29 ou 30 janviers, quel conseil d’hygiène de vie essentiel donneriez-vous pour préserver la santé de la peau et des cheveux ?

En termes de conseils d’hygiène et de mode de vie : il faut bien manger, avoir une alimentation équilibrée, faire du sport, consommer des fruits, éviter les graisses et le sucre en excès, et bien hydrater la peau. Il faut hydrater la peau tous les jours. La peau a besoin d’être hydratée. Il faut se protéger du soleil et utiliser des savons qui ne sont pas agressifs. Même pour les laits corporels, il ne faut pas utiliser de produits agressifs. Essentiellement, c’est ça. Et puis, en cas de problème, il faut se rendre tout simplement vers la structure de santé la plus proche où il y a un dermatologue.

Quel est le nombre de personnes qui sont venues en consultation ? Avez-vous des chiffres genrés ?

On peut avoir un chiffre global, mais pour le moment, pas de chiffre genré. Nous avons reçu hier environ 190 personnes. Et aujourd’hui, nous en sommes déjà à environ 108.

Quelles conclusions en tirez-vous ? Est-ce une surprise pour vous ? Cela démontre quoi selon vous ?

Pour moi, au vu de certains patients que j’ai reçus, j’en déduis qu’il y a encore des personnes qui ne savent pas très bien ce qu’est un dermatologue. Pour nous, c’est aussi l’occasion de leur faire comprendre qu’il y a des médecins dans les hôpitaux publics qui s’occupent des maladies de la peau, des cheveux et autres. D’un autre côté, il y a des personnes bien informées qui viennent pour des seconds avis. Et il y a aussi des personnes qui viennent tout simplement parce qu’elles traînaient la maladie depuis longtemps. Elles pensaient que consulter un dermatologue était très cher, ce qui n’est pas forcément le cas.

Quelle est la pathologie la plus fréquemment retrouvée lors de ces consultations ?

Nous avons beaucoup d’infections. Je ne peux pas vous dire avec exactitude laquelle domine, mais ce sont les maladies infectieuses qui sont les plus récurrentes. Nous avons eu beaucoup de gale (scabiose), beaucoup d’infections fongiques : des onychomycoses (mycoses des ongles), des intertrigos, des dermatophyties, et quelques infections bactériennes aussi.

Pour terminer, une dernière question. Un dernier mot pour encourager ceux qui hésitent encore à franchir les portes de l’hôpital de district de la Cité-Verte.

Eh bien, je dirais tout simplement aux gens que l’hôpital est vraiment fait pour eux. Les médecins, le personnel soignant, les infirmiers n’ont pas de raison d’être si les patients ne sont pas là. L’hôpital, c’est pour eux. Qu’ils se sentent libres de venir à l’hôpital en toute confiance. Et nous, nous sommes là pour les recevoir avec respect, confidentialité et bienveillance.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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