Une équipe constituée d’une vingtaine de spécialistes de nationalité Camerounaise exercant au sein de cette formation sanitaire de 1ère catégorie dirigée par le Pr Noel Emmanuel Essomba a contribué à la réalisation avec succès de la première transplantation rénale de l’année 2026.
L’offre de soins en santé s’améliore de jour en jour au Cameroun. En effet, le bloc opératoire de l’hôpital général de Yaoundé (HGY) a été le théâtre d’un exploit médical retentissant le lundi 26 janvier 2026. Sous la coordination du Pr Noel Emmanuel Essomba, une équipe multidisciplinaire exclusivement camerounaise a mené à bien la 18ᵉ transplantation rénale de l’institution, la première de l’année en cours. Le patient, Cedric, un trentenaire à bout de forces après deux ans de dialyse, a reçu un rein de sa mère, âgée de 60 ans.
Quelques heures après l’intervention, l’émotion était palpable. Cedric, témoignant de sa reconnaissance, a déclaré : « L’opération s’est très bien passée. Je remercie tous les membres de l’équipe qui m’ont pris en charge. Je remercie beaucoup ma maman qui m’a donné un nouveau rein. Sa mère, malgré ses 60 ans, a exprimé son soulagement avec ferveur : « Je remercie Dieu pour ses bienfaits. Je me sens bien après avoir donné mon rein à mon fils. Je pleurais beaucoup en voyant mon enfant souffrir chaque jour. J’espère qu’il pourra vivre sa vie en étant heureux. » Une infirmière a confirmé le succès immédiat de la greffe en précisant que le patient « urine normalement et sa poche d’urine est remplacée chaque heure ».

Un sauvetage in extremis
Cette intervention ne relevait pas de la routine médicale, mais d’un véritable sauvetage d’urgence. Le Dr Sébastien Mba, chef de service Anesthésie-réanimation, souligne la gravité de la situation initiale : « Je ne suis pas sûr que ce patient passerait cette semaine si nous ne faisions pas quelque chose parce qu’il était sévèrement anémié… il y avait un élément dans le sang qui était extrêmement élevé et il était sur le point d’en faire un arrêt cardiaque. »
Face à cette menace vitale, l’équipe a dû agir dans la précipitation pour rendre le patient opérable le lundi matin. Le Dr Aristide Nono, chef de service Néphrologie à l’HGY, explique la particularité de ce cas : « On était dans une situation d’urgence où si on ne le greffait pas, on allait le perdre. Cette greffe a eu la particularité qu’on y est allé dans des conditions vraiment pas idéales, exceptionnelles, avec plein de soucis. Il faut dire que l’intervention au bloc opératoire a duré environ six heures pour traiter simultanément le donneur et le receveur. Le Dr Marcus Fokou, chirurgien vasculaire, précise le déroulé de cette opération : « Le premier malade commence à 8 h 30 et finit à 11 h, alors que le deuxième commence vers 10 h 30 pour finir plus tard. C’est à peu près 6 h qu’on passe sur les deux patients ».

L’autonomie de l’expertise camerounaise
L’aspect le plus saillant de cette réussite est l’autonomie totale de l’équipe médicale. Le Dr Marcus Fokou, chirurgien vasculaire et chef d’équipe, a fièrement rappelé que l’opération a été menée « sans expatriés ». Il a précisé que si les dix premières greffes de l’histoire de l’HGY ont bénéficié de l’appui de partenaires suisses, notamment pour la chirurgie et les tests de compatibilité, ces aspects sont désormais totalement maîtrisés localement. Le Dr Fokou souligne d’ailleurs la rareté de cette compétence sur le continent : « En Afrique subsaharienne, ou encore dans le Maghreb et en Afrique du Sud, il n’y a pas trois pays qui peuvent faire des tests de compatibilité. Beaucoup de pays sont entrés dans le programme de greffe. Mais, n’ont pas les équipements et les ressources humaines formées pour faire ces tests de compatibilité qui sont indispensables. » Cette 8ᵉ réussite consécutive par une équipe 100 % locale confirme la position de leader de l’Hôpital général de Yaoundé dans la sous-région Afrique centrale.

L’accessibilité au cœur du programme
Le succès médical s’accompagne d’une politique sociale forte pour rendre ces soins accessibles au plus grand nombre. Le Dr Aristide Nono détaille la structure des coûts, révélant que malgré un coût global de 8,5 millions de FCFA pour l’ensemble du processus conduisant à l’intervention et au suivi du malade, les patients bénéficient d’un soutien étatique massif : « Aucun de nos patients n’a dépensé une telle somme. Les patients sont invités à déposer une somme forfaitaire d’1,5 million Fcfa. Le reste est subventionné par l’État. Cet accompagnement se poursuit au-delà de l’opération, puisque les traitements postopératoires, qui devraient normalement coûter 2 millions de FCFA par an, sont ramenés à environ 30 000 FCFA par mois grâce aux subventions ».
Concernant l’âge des donneurs, le Dr Nono précise qu’il n’y a pas de limite supérieure officielle, tant que le bilan physiologique est bon : « La donneuse d’hier avait 60 ans, elle se portait très bien. On a déjà eu une donneuse qui était un peu plus âgée, 64 ou 65 ans. Mais au-delà, ça commence à être un peu plus difficile. En rappel, la transplantation rénale, ou greffe de rein, est une intervention chirurgicale consistant à remplacer un rein défectueux par un rein sain, prélevé sur un donneur. Selon la pathologie initiale, le greffon peut être posé sans que le rein ou les reins malades aient été retirés.
Réaction
« La transplantation renale est pleinement maîtrisée par nos équipes »

« Dans un premier temps, je voudrais remercier Monsieur le Président du Conseil d’administration qui est lui-même venu palper du doigt ce qui a été fait durant la transplantation rénale effectuée hier lundi. On vous l’a dit, notre formation sanitaire réalise des transplantations rénales depuis quelque temps déjà. Mais à travers le cas d’hier, il nous a semblé bon de profiter pour rassurer les populations camerounaises de ce que cette activité est pleinement maitrisée dans notre formation sanitaire. Donc, il n’est plus souhaitable de penser à des évacuations sanitaires pour pouvoir en bénéficier. La loi sur le don d’organes est désormais active dans notre pays et nous souhaitons intensifier cette transplantation rénale pour nous permettre de soulager les Camerounais qui souffrent d’insuffisance rénale chronique. Je voudrais également remercier les équipes 100 % camerounaises qui ont mené avec succès cette opération. C’est le huitième cas de transplantation rénale réalisé par ces équipes qui sont désormais d’une expérience avérée et qui ont une maitrise totale du processus de transplantation rénale. Je voudrais donc les remercier pour cet engagement. Dans le cas que nous avons eu hier (lundi 26 janvier 2026, Ndlr), le receveur et le donneur se portent bien et on ne peut qu’en être satisfait. Nous avons un retour des réseaux sociaux où certains Camerounais se demandaient si c’était bel et bien dans un bloc opératoire camerounais que cela a été réalisé. Je vous confirme que c’est bel et bien à l’hôpital général de Yaoundé. L’Hôpital Général de Yaoundé regorge en son sein de six blocs opératoires de ce même type avec des équipements de pointe. Je pense qu’il est honnête de le dire pour rassurer totalement les Camerounais. Le gouvernement et particulièrement le président de la République qui nous a instruits de mener un projet pour la robotisation de la chirurgie au Cameroun. Nous y sommes. Je voudrais profiter pour dire que nous allons au-delà de ce que peuvent penser nos compatriotes parce que faire de la robotisation, c’est atteindre les cimes de la chirurgie dans le monde. Je pense que, d’ici quelques mois, ce sera le cas à l’Hôpital Général de Yaoundé ».













































































































































































































































































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