Entre août 2024 et juillet 2025, le service de pédiatrie de l’hôpital régional annexe de Mokolo a enregistré plus de 6 000 hospitalisations d’enfants de moins de 5 ans. Une situation qui illustre à la fois la forte pression sanitaire dans cette partie du pays et les efforts constants du personnel soignant pour assurer une prise en charge efficace.
Dans la région de l’Extrême-Nord, où les conditions climatiques et socio-économiques fragilisent davantage les populations, la santé des enfants demeure une préoccupation majeure. À l’hôpital régional annexe de Mokolo, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 6 491 hospitalisations ont été enregistrées en pédiatrie en l’espace d’une année.
Parmi les pathologies les plus fréquemment rencontrées figurent le paludisme, les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques. Des affections courantes dans la zone sahélienne, mais qui continuent de faire peser une lourde menace sur les enfants de moins de 5 ans, particulièrement vulnérables.
Dans le détail, le Centre Nutrition Thérapeutique Interne (CNTI) a accueilli 1 609 enfants souffrant de malnutrition aiguë nécessitant une prise en charge spécialisée. Par ailleurs, 3 971 enfants hospitalisés ne présentaient pas de signes de malnutrition, mais souffraient d’autres pathologies nécessitant un suivi médical rigoureux. Le service de néonatalogie, quant à lui, a enregistré 911 admissions, confirmant l’importance de la prise en charge des nouveau-nés dans cet établissement.
Malgré l’affluence et les défis liés aux ressources, les témoignages recueillis sur place traduisent une satisfaction globale des usagers. Rencontrée dans le service de pédiatrie, Yakadam, une mère dont l’enfant est en cours de traitement, n’a pas caché son soulagement.
« Mon enfant était très faible quand nous sommes arrivés ici. Il avait une forte fièvre et ne mangeait plus. Les infirmiers et les médecins se sont bien occupés de lui dès notre arrivée. Aujourd’hui, je vois déjà une amélioration, il recommence à jouer et à manger. Je suis vraiment soulagée. Je remercie le personnel pour leur patience et leur attention. Je crois que mon enfant va guérir complètement », témoigne-t-elle, visiblement émue.
Du côté du personnel médical, l’engagement reste constant, malgré les contraintes. Un infirmier ayant requis l’anonymat évoque une organisation basée sur la rigueur et le sens du devoir.
« Nous recevons beaucoup d’enfants chaque jour, parfois dans des états critiques. Cela demande beaucoup d’attention et de discipline. Nous travaillons selon des protocoles bien précis pour chaque cas. Même si la charge est lourde, nous faisons tout pour assurer une prise en charge correcte. Notre priorité reste la vie de l’enfant. Il y a une vraie rigueur dans ce service », confie-t-il.
Selon lui, la sensibilisation des parents reste également un levier essentiel pour réduire les cas, notamment en matière de prévention du paludisme, d’hygiène et de suivi médical précoce.
Au-delà des chiffres, c’est donc toute une chaîne de solidarité et de professionnalisme qui se déploie au quotidien dans ce service. Dans un contexte sanitaire exigeant, l’hôpital régional annexe de Mokolo continue de jouer un rôle crucial dans la survie et le bien-être des enfants de la région.
Un défi permanent, mais aussi une mission essentielle au cœur des priorités de santé publique dans l’Extrême-Nord du Cameroun.
Réaction
<<Des pathologies dominées par le paludisme et les infections>>.

Les principales pathologies observées sur une année en hospitalisation pédiatrique sont dominées par trois affections majeures. En première position, on retrouve le paludisme, qui constitue une cause importante d’admission chez les enfants. Viennent ensuite les infections respiratoires, notamment les pneumonies et autres affections des voies respiratoires. Enfin, les maladies diarrhéiques occupent la troisième place, avec des cas fréquents de diarrhées et de vomissements, souvent liés à des conditions d’hygiène précaires.
Au niveau du centre de nutrition thérapeutique, qui prend en charge les enfants souffrant de malnutrition, la tendance des pathologies diffère légèrement. Les maladies diarrhéiques arrivent en tête, en raison de la fragilité de ces enfants et de leur grande vulnérabilité aux infections digestives. Elles sont suivies par les infections respiratoires, puis par le paludisme, qui reste également présent mais à un degré moindre.
En néonatalogie, les pathologies les plus fréquentes concernent en priorité les infections néonatales, qui représentent un défi majeur en termes de prise en charge. Elles sont suivies par les asphyxies néonatales, souvent liées à des complications à la naissance. La prématurité et ses nombreuses complications constituent également une part importante des admissions dans ce service.
S’agissant de la fréquentation des consultations pédiatriques, celle-ci varie considérablement en fonction des saisons. Dans cette région, la majeure partie de l’année est marquée par la saison sèche. Cependant, une période de quatre mois, généralement de juin à septembre, correspond à la saison des pluies. C’est durant cette période que l’on observe un pic de consultations. Les cas peuvent alors doubler, voire tripler, en raison de la recrudescence des maladies, notamment le paludisme et les infections liées aux conditions climatiques. En dehors de cette période, les consultations restent relativement modérées.













































































































































































































































































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