Les parents des enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale éprouvent d’énormes difficultés d’accès aux soins appropriés. À la rareté des spécialistes, s’ajoute l’absence des centres de prise en charge et les déplacements vers les grandes métropoles comme Yaoundé, Douala.
L’infirmité motrice cérébrale (IMC), aussi appelée paralysie cérébrale, est un trouble moteur permanent causé par une lésion cérébrale qui survient durant le développement du cerveau (grossesse, naissance ou petite enfance), affectant la coordination, l’équilibre et le mouvement. Bien qu’elle se manifeste principalement par des difficultés motrices (spasticité, faiblesse, mouvements involontaires), elle peut s’accompagner d’autres troubles (parole, vision, apprentissage, épilepsie), mais la lésion cérébrale ne s’aggrave pas avec le temps. Selon la science, les causes principales de l’IMC sont entre autres le manque d’oxygène avant, pendant ou après la naissance, les infections graves chez le nourrisson, la prématurité extrême, les traumatismes crâniens précoces. Elle se manifeste par la raideur musculaire (spasticité), maladresse, faiblesse, difficultés à marcher, à s’asseoir ou à coordonner les mouvements. Ces difficultés de mouvements peuvent être accompagnées des troubles de la parole, de la vision (oculomoteurs), de l’apprentissage, de l’épilepsie, et difficultés cognitives.
Dans la région de l’Adamaoua, les enfants atteints d’infirmité motrice cérébrale (IMC) et leurs familles font face à un quotidien semé d’embûches. Cette pathologie neurologique, qui touche environ 2 à 3 enfants pour 1 000 naissances dans le monde selon l’OMS, provoque des troubles permanents du mouvement, de la posture et de la coordination. À Ngaoundéré et dans ses environs, le manque criant de spécialistes aggrave la situation. “Nous n’avons pas assez de kinésithérapeutes formés à l’IMC”, déplore Djouellah Carine, mère d’enfant atteint d’Imc et fondatrice d’une association qui fait dans la prise en charge des enfants imc. Les centres de rééducation spécialisés comme celui de dame Djouellah sont rares, et les orthopédistes ou neurologues pédiatriques ne courent pas les rues dans cette partie du pays. Résultat de course, les parents doivent souvent parcourir des centaines de kilomètres pour rejoindre Yaoundé, Douala ou Garoua, où des structures comme l’Hôpital de la Caisse, les Hôpitaux généraux de ces villes offrent des services adaptés.
Ces trajets épuisants alourdissent les dépenses familiales. Un rendez-vous à Yaoundé peut coûter plus de 200 000 FCFA en transport, hébergement et médicaments, sans compter les jours de travail perdus.
Le suivi précoce est crucial pour limiter les complications pourtant dans la région, les spécialistes sont de plus en plus et au nom des considérations socioculturelles, et de la pauvreté, de nombreuses familles vivent au quotidien avec ces enfants dont la prise en charge et le suivi demeurent un fardeau pour ces dernières. Les associations de défense et de promotion des personnes vivant avec un handicap ne manquent pas de lancer des appels aux pouvoirs publics afin de leur venir en aide. Des aides qui permettraient une meilleure prise en charge et un meilleur suivi de ces enfants.
Jean BESANE MANGAM












































































































































































































































































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