Dans l’optique de croiser les regards dans les domaines de la politique, l’économie, le droit et médecine afin de livrer aux pouvoirs publics, la communauté scientifique/universitaire, aux promoteurs et investisseurs potentiels, l’université de Yaoundé II sous le Coordination du Pr Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Direction scientifique du Pr Adolphe Minkoa She, Recteur de l’université de Yaoundé II, les journées scientifiques se tiennent du 13 au 14 juillet 2022.
Sous le thème « Normer l’innovation scientifique. Comment trouver l’équilibre entre la liberté de la recherche médicale et la dignité humaine ? », il est question mettre un accent sur la loi n°2018/PJL/AN relatif à la recherche médicale impliquant la personne humaine au Cameroun qui a été promulgué le 27 avril 2022. Ladite loi met en exergue les principes directeurs sur les projets de recherche, aux sanctions applicables, le statut et les obligations de l’investigateur et du promoteur d’un projet de recherche médicale, les conditions de réutilisation, de l’exploitation et de la conservation du matériel biologique, des données génétiques et des données personnelles non génétiques liées à la santé.
Le scandale de 2004 causé par l’essai clinique d’un traitement préventif contre le SIDA (l’antiretroniral Tenofovir) mené par l’Ong américaine Family Health International sur les prostituées à Douala et l’émergence d’un certain ordre mondial de la recherche médicale constitué d’instruments qui influencent largement les droits nationaux et dégagent les principes fondamentaux régissant la recherche médicale sur l’être humain vient une de plus donner les raisons de la tenue de ces journées scientifiques.
Ravi de la tenue de ces journées scientifiques, le Pr Adolphe Minkoa She, Recteur de l’université de Yaoundé II souligne que « le programme de la Chaire « sante et globalisation. Normes, politiques, marché » a été mis en place à l’université de Yaoundé II. En mettant en place un tel programme, l’université entend se positionner dans les debatsq mondiaux contemporains. Les axes de recherche sont tracés et l’université de Yaoundé II ne manquera plus l’occasion d’affirmer sa position dans le champ des sciences sociales de la santé ».
Jean-Claude KENDEG
Réactions

« En clair, les juristes ne sont plus les seuls détenteurs de la décision d’arbitrer ce qui est légal et ce qui ne l’est pas »
Pr Thérèse Atangana-Malongue, Directrice scientifique des journées
Les travaux ont été organisées par la chair Santé et globalisation de l’université de Yaoundé II, dans une perspective de vulgarisation de la loi du 27 avril 2022, permettra à des chercheurs de différents champs disciplinaires et à des institutions en charge des questions de santé de poser un premier regard croisé sur les équilibres qui ont été rechercher et trouver le cas échéant par le législateur camerounais, dans la normalisation de l’innovation scientifique entre la liberté de la recherche et le respect des droits fondamentaux des personnes qui participent à la recherche. Ce qu’on peut aussi dire c’est que cette démarche qui est à la fois participative et inclusive, est d’autant plus pertinente le semble-t-il que les domaines de la biomédecine et de la bioéthique sont de plus en plus investis dans ce que Jacques Comaille appelait polycentricité législatrice. En clair, les juristes ne sont plus les seuls détenteurs de la décision d’arbitrer ce qui est légal et ce qui ne l’est pas. D’autres acteurs vont intervenir, notamment les politiques, les médecins, les économistes, les éthiciens, aujourd’hui toutes ces personnes participent avec les juristes à la production de la norme juridique dans ce domaine ci. C’est ce que nous appelons nouvelle discipline émergente, le bio-droit qui impose aujourd’hui au juriste de discuter de questionner la place ou le rôle du droit dans la protection du corps humain. On sait que le corps humain est aujourd’hui l’objet de nombreuses convoitises, donc le droit doit questionner ce rôle dans cette protection face au progrès fulgurante de la science médicale.

« Actuellement nous débattons de la recherche médicale qui s’inscrit dans l’axe 1 »
Pr Germain Ntono Tsimi, titulaire de chaire
La chaire santé globalisation anime ses travaux autour de quatre axes de recherche à savoir : sécurité et solidarité sanitaire ; géopolitique de la santé et diplomatie sanitaire ; gouvernance du médicament et industrie pharmaceutique ; savoir traditionnelle, médecine, alternative et forme de thérapie locale. En réalité tous ces axes sont mis en place. Un axe de recherche est un programme de recherche animé par des chercheurs. La recherche est donc menée de façon structurée et coordonnées. Tous les axes de recherche ne présentent pas le même intérêt en fonction du moment. Actuellement nous débattons de la recherche médicale qui s’inscrit dans l’axe 1. Nous avons un colloque sur l’industrie pharmaceutique, le marché du médicament qui s’inscrit dans l’axe 2 et donc nous avons une activité que nous entendons mener avec l’association des tradipraticiens qui s’inscrit dans l’axe 4. Donc les axes sont fixés, maintenant les chercheurs qui interviennent dans le cadre de la chaire, peuvent mener leurs activités de recherche dans l’un ou l’autre de ses axes.
Propos recueillis par Jean-Claude KENDEG












































































































































































































































































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