Les formations sanitaires de la ville de Kribi font de plus en plus face à l’épineux problème du taux élevé des cas de paludisme chez les enfants et les femmes enceintes. Un état des choses qui pourrait s’expliquer par un manquement dans la mise en pratique des moyens de prévention dans la cité balnéaire.
La ville industrialo-portuaire de Kribi enregistre une explosion galopante de sa population. Malheureusement, depuis quelques semaines, celle-ci est de plus en plus exposée au paludisme. Il ne se passe plus une journée, sans que des nouveaux cas ne soient recensés dans les différentes formations sanitaires de la cité balnéaire. Le tour effectué dans quelques structures hospitalières a été l’occasion de faire le constat amer face à cette situation alarmante qui ne laisse pas indifférente le personnel de santé. Il a ainsi tenu à tirer la sonnette d’alarme en sensibilisant sur les moyens de prévention du paludisme. Surtout que c’est une maladie humaine potentiellement mortelle causée par des parasites que transmettent les piqûres de moustiques d’anophèles femelles infectées. Comment donc comprendre qu’après autant de campagnes de sensibilisations, l’on enregistre de plus en plus des cas de paludisme au sein de la population de la cité balnéaire ? Selon le personnel de santé, ce taux élevé du paludisme au sien de la population pourrait s’expliquer par un manquement dans la mise en pratique des moyens de prévention.
Les avis des populations rencontrées dans les rues, les artères et les quartiers de la ville de Kribi, corroborent cette explication du personnel de santé. Elles sont nombreuses qui n’utilisent pas normalement la moustiquaire imprégnée à longue durée d’action. « J’ai une moustiquaire imprégnée à la maison. Je ne vais pas vous mentir, je l’enfile rarement. J’ai toujours l’impression que quand je dors à l’intérieur, j’ai très chaud. Ce n’est pas évident pour moi. Parfois, quand je sens vraiment la menace des moustiques, j’essaye d’enfiler. Je peux le faire juste deux ou trois par mois. Le reste de temps je dors comme ça », affirme Hervé. Un avis que semble partager la plupart des kribiens rencontrés. « Pour être honnête, j’ai une moustiquaire imprégnée à la maison. Mais, l’usage est périodique. C’est parfois le manque de volonté qui m’empêche de dormir sous la moustiquaire imprégnée. J’essaye de faire dormir mes enfants dans les moustiquaires. Mais, l’oubli m’emporte souvent aussi en soirée. Je pense de plus en plus qu’il important de dormir sous la moustiquaire imprégnée au regard des dangers face au paludisme », avoue Martine.
Moustiquaires imprégnées
Pour certains, la prévention du paludisme passe par la consommation des mixtures traditionnelles. Nous avons la chance d’être des africains. « Nous avons d’abord notre tradition. Chaque camerounais dans son village a les écorces. Nos parents ont laissé une grande richesse pour notre pharmacopée traditionnelle camerounaise et africaine. Nous n’avons pas de soucis de ce côté. Nous sommes fiers d’être africains. En Afrique, la tradition passe avant tout. Nous avons vus de nombreux traditionnalistes aider les populations avec leurs produits à base de plantes et d’écorces », a expliqué Amadou. Un avis que partage maman Hélène. « J’étais enfant. Il y avait un arbre qu’on appelait l’ « Ikouk ». Les mamans faisaient boire cela aux enfants à tout moment. On buvait cela au moins une fois par semaine. Nous avions grandi Nous devons rentrer dans nos écorces et nos coutumes. Au niveau de la santé, je le rappelle quand sans connaître ce qu’on appelle le paludisme. Aujourd’hui, nous avons les enfants qui ne font plus une semaine sans chauffer. Nous devons encore rentrés dans ces bases africaines. Quand nous avons les enfants que les mamans prennent les produits traditionnels et donnent aux enfants », soutient-elle. Autant d’avis qui démontrent à suffire que le mal est profond dans la ville de Kribi. Au regard de ce qui précède, le personnel de santé sensibilise davantage sur le respect des moyens de prévention primaires qui passent par l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action, l’assainissement de l’environnement qui passe par le désherbage et le nettoyage des rigoles.
Catherine Aimée Biloa

Interview- Dr Bilong Berlyse Léonella
« Les personnes les plus vulnérables sont les enfants »
Médecin généraliste à l’Hôpital de district de Kribi, elle dresse la situation du paludisme dans cette localité et sensibilise les populations sur les moyens de prévention.
Quel est l’état des lieux que nous pouvons faire du paludisme à Kribi ?
Aucune étude actuelle ne présente l’état des lieux du paludisme dans la ville de Kribi. Néanmoins d’un sentiment personnel, nous rencontrons beaucoup plus d’enfants infectés par le paludisme suivi des femmes enceintes et ensuite la population générale. Les couches défavorisées sont beaucoup plus sujet à faire le paludisme.
Existe-t-il des cas de paludisme à Kribi ? Et comment comprendre cela ?
A titre de rappel, aucune étude actuelle sur la prévalence du paludisme dans la ville de Kribi n’est disponible. Mais l’augmentation des cas du paludisme peut être secondaire au faite que, la ville de Kribi, cité balnéaire attire beaucoup de monde à but touristique ou définitif. Cela a pour conséquence une flambée des cas de paludisme. Même si l’infestation ne s’est pas faite à Kribi.
Avez-vous le sentiment que les populations observent bien les moyens de prévention face à cette maladie ?
Les populations de la ville de Kribi sont largement outillées sur les mesures de prévention primaire à savoir l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action. Malgré cela, nous observons des cas de paludisme simple et grave dans nos structures sanitaires. Ceci pourrait s’expliquer par un manquement dans la mise en pratique des moyens de prévention.
Quelle est la tranche d’âge la plus affectée par cette maladie ?
Les personnes les plus vulnérables sont les enfants plus précisément jusqu’à l’âge de 5 ans et les femmes enceintes. Nous recevons beaucoup plus les enfants de 0 à 5 ans. Cela peut se comprendre qu’à cet âge, il n’est pas très évident d’observer les moyens de prévention soi-même.
Quels sont les différents moyens de prévention du paludisme ?
Les moyens de prévention les plus accessibles dans le cadre de la prévention primaire sont l’utilisation des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action. D’ailleurs, il existe des campagnes de distribution gratuite de ces moustiquaires, l’installation de grilles anti moustique sur les fenêtres, l’utilisation des répulsifs, la prise du traitement préventif intermittent abrégé TPI chez les femmes enceintes à partir du 2ème trimestre.
Quel est votre conseil en tant que médecin ?
Le conseil serait d’assainir leur environnement. Cela passe par le désherbage, le nettoyage des rigoles ensuite l’utilisation les méthodes de prévention primaire détaillé plus haut. Si malheureusement ceci n’est pas suffisant, dès les premiers symptômes se rendre à la structure sanitaire la plus proche pour une prise en charge adéquate. Car, on ne le dira jamais assez mais le paludisme tue.
Interview Réalisée par Catherine Aimée Biloa












































































































































































































































































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