Dans le pays, le cancer progresse à un rythme inquiétant. Plus de 19 500 nouveaux cas et près de 12 800 décès ont été enregistrés en 2022, selon l’OMS et l’IARC, faisant de la maladie un enjeu majeur de santé publique.
La problématique dépistage tardif, coûts élevés des traitements, accès limité aux soins spécialisés : pour de nombreuses familles, le cancer reste synonyme de parcours du combattant et de détresse financière.
L’appel en cette Journée mondiale contre le cancer placée sous le thème « Unis par l’Unique », Échos Santé ouvre le débat : comment briser les tabous, améliorer la prévention et replacer le patient au cœur du système de soins au Cameroun ?
Cancer du sein
Liliane, l’éternelle combattante
Depuis 2011, Liliane affronte le cancer du sein avec une résilience qui force l’admiration.

Image d’emprunt
En ce mercredi 4 février 2026, la communauté internationale se mobilise pour la Journée mondiale de lutte contre le cancer. Placée sous le thème « Unis par la singularité », cette édition met en lumière l’expérience unique de chaque patient. Or, c’est justement dans cette singularité que réside une force collective. À Yaoundé, le parcours de Liliane, entamé en 2011, incarne avec une intensité rare cette alliance entre le vécu intime et l’espoir universel. Son histoire n’est pas seulement un témoignage ; elle est la preuve tangible que, derrière les statistiques, se jouent des combats personnels d’une résilience absolue.
En effet, tout a commencé par la découverte d’une boule dans son sein. Toutefois, lors d’une première consultation, son inquiétude fut relativisée en raison de son jeune âge. Pourtant, animée par une intuition tenace, Liliane insista pour des examens plus approfondis. Ainsi, le diagnostic tomba : un cancer du sein. Face à cette annonce, son premier réflexe fut de s’en remettre strictement à la science médicale, rejetant d’emblée les recours traditionnels ou parallèles que privilégient, selon elle, de nombreux patients par méconnaissance.
Dans un premier temps, sa prise en charge débuta à l’Hôpital Général de Yaoundé par une intervention chirurgicale réussie. Puis vint la phase la plus éprouvante : la chimiothérapie. Elle décrit cette période comme le véritable « compte à rebours », marquée par une fatigue invalidante, des vomissements et des douleurs persistantes. Cependant, Liliane y opposa une arme singulière : la foi. En écoutant des cantiques religieux au plus fort de la souffrance, elle parvenait à détourner son attention et à trouver le sommeil. Par ailleurs, une rencontre décisive avec une amie de sa mère, une survivante du cancer, lui insuffla une conviction fondamentale : « Ton combat est dans la tête. » Cette phrase devint une source de motivation.
Par la suite, son protocole de soins se poursuivit par de la radiothérapie à Douala, puis à Yaoundé. Enfin, en 2017, après un suivi rigoureux, elle fut déclarée guérie. Néanmoins, cette victoire ne signifiait pas pour elle la fin de la vigilance. Consciente des risques de récidive, elle maintint des contrôles annuels stricts.
Cependant, en 2020, lors d’un auto-examen, une nouvelle anomalie apparut. Une fois encore, les examens, incluant une biopsie dont l’attente des résultats dura un mois angoissant, confirmèrent une récidive. Contre toute attente, à l’annonce de cette nouvelle épreuve, Liliane afficha un sourire. Un sourire de défi, symbolisant un esprit préparé à se battre de nouveau. Elle endura alors un traitement de chimiothérapie orale aux effets secondaires sévères – brûlures, douleurs gastriques, diarrhées – pendant plusieurs mois. Heureusement, elle put s’appuyer sur un solide réseau de soutien, composé de sa famille, de ses amis et d’une équipe médicale.
Aujourd’hui, toujours sous traitement mais farouchement déterminée, Liliane transmet un message clair, en phase avec l’objectif de sensibilisation de cette Journée mondiale. Elle lance un appel urgent aux femmes : « N’ayez pas peur. Quand vous constatez qu’il y a un problème, courez vite à l’hôpital. » Son parcours valide les propos de l’oncologue de l’hôpital militaire de Yaoundé, qui rappelle que le premier geste salvateur reste l’auto-examen des seins, suivi, en cas de doute, par un examen clinique annuel et des outils diagnostiques comme la mammographie ou la biopsie.
En définitive, l’histoire de Liliane est plus qu’un récit de survie. Elle est la parfaite illustration du thème « Unis par la singularité ». Son chemin, parsemé d’obstacles et de résurrections, démontre que la lutte contre le cancer au Cameroun, bien qu’ardue, peut être victorieuse. Il souligne l’impérieuse nécessité d’une médecine personnalisée, d’un soutien psychosocial indéfectible et d’une éducation au dépistage précoce. À travers sa voix unique, c’est la force de milliers d’autres parcours qui résonne, rappelant que dans l’adversité la plus intime se forge une universalité : celle du courage et de l’espoir.












































































































































































































































































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