Face à des cas de choléra à l’Extrême Nord et dans certains pays frontaliers, les autorités sanitaires de la région du Nord ont déclenché une vigilance maximale. Districts de santé, formations sanitaires et communautés sont mobilisés afin de prévenir toute apparition du choléra sur le territoire régional.
La menace est prise très au sérieux dans la région du Nord. Alors que plusieurs cas de choléra ont déjà été enregistrés dans la région voisine de l’Extrême-Nord et que des foyers épidémiques sont également signalés dans certains pays limitrophes, les autorités sanitaires régionales ont activé tous les mécanismes de prévention afin d’empêcher l’introduction et la propagation de la maladie.
À ce jour, aucun cas de choléra n’a été officiellement identifié dans la région. Une situation encourageante qui ne diminue en rien le niveau de vigilance des responsables sanitaires. Bien au contraire, l’ensemble du système de santé régional est désormais placé en état d’alerte maximale.
Au niveau de la délégation régionale de la santé publique, la cellule de veille sanitaire fonctionne en mode renforcé. Sa mission consiste notamment à assurer une surveillance permanente de la situation épidémiologique, à centraliser les informations provenant des districts de santé et à coordonner les actions de prévention sur l’ensemble du territoire régional.
Les quinze districts de santé que compte la région ont eux aussi été placés en alerte. Responsables de districts, personnels des formations sanitaires, agents de santé communautaires et prestataires sont mobilisés autour d’un objectif commun, celui d’identifier rapidement tout cas suspect afin d’éviter toute chaîne de transmission.
Cette mobilisation générale s’explique par la dangerosité du choléra. Maladie infectieuse extrêmement contagieuse, le choléra peut provoquer une déshydratation sévère et entraîner la mort en seulement quelques heures lorsqu’une prise en charge rapide n’est pas assurée. La rapidité de circulation du vibrion cholérique dans les communautés constitue également un facteur aggravant qui impose une réponse immédiate dès l’apparition des premiers cas.
Cette vigilance accrue intervient dans un contexte particulier marqué par le début de la saison des pluies. Une période traditionnellement favorable à la recrudescence des maladies hydriques, notamment le choléra. Les fortes précipitations peuvent en effet favoriser la stagnation des eaux et le transport de matières fécales ou d’autres substances contaminées vers les zones habitées. Lorsque ces eaux entrent en contact avec les populations ou contaminent les sources d’approvisionnement en eau, elles peuvent devenir un vecteur important de propagation du vibrion cholérique.
Les spécialistes rappellent que le choléra se transmet essentiellement par la consommation d’eau ou d’aliments souillés par des matières fécales contenant la bactérie responsable de la maladie. Les marchés, les points d’eau non protégés, les zones de forte promiscuité ainsi que certaines localités insuffisamment couvertes en infrastructures d’assainissement constituent généralement les espaces les plus exposés.
Afin d’optimiser les interventions, les autorités sanitaires ont procédé à une cartographie des risques dans les différents districts de santé de la région. Ces derniers ont été classés selon plusieurs catégories allant du risque minimal au risque élevé, en passant par les niveaux mineur et modéré.
Cette classification prend en compte plusieurs facteurs parmi lesquels la proximité avec les zones déjà affectées, les mouvements de populations, les échanges commerciaux transfrontaliers, les conditions d’accès à l’eau potable ainsi que les infrastructures d’hygiène et d’assainissement disponibles.
Selon les responsables régionaux de la santé, le district de santé de Toubouro figure actuellement parmi les zones considérées comme présentant un risque élevé. Cette situation s’explique principalement par sa proximité géographique avec la République centrafricaine, pays avec lequel les échanges humains et commerciaux sont fréquents.
Au-delà des formations sanitaires, les populations sont elles aussi invitées à jouer un rôle essentiel dans la prévention de l’épidémie. Les autorités sanitaires recommandent notamment le lavage régulier des mains au savon, la consommation d’eau potable ou préalablement traitée, ainsi que le respect des règles d’hygiène alimentaire.
Réaction
« Ce que nous pouvons dire à la population, en cas de signes, de symptômes de choléra, vomissements diarrhées, c’est de rapidement s’approcher des formations sanitaires les plus proches »

Je voudrais d’abord rappeler que jusqu’à cette date, aucun cas de choléra n’a été officiellement confirmé dans la région du nord. Toutefois, nous avons l’obligation d’assurer la prévention. C’est pour cela que sur le plan de la coordination, nous avons mené des actions suivantes à l’activation de la cellule régionale de la veille sanitaire. La diffusion d’une alerte à tous les districts de santé de la région. Nous avons pris les dispositions et demander aux chefs des districts et tous les acteurs du terrain, les prestateurs, les chefs des airs et ainsi de suite de prendre les dispositions. La surveillance s’intensifie au jour le jour. L’intensification de la recherche active des cas, des diarrhées aiguës, des diarrhées aqueuses aiguës, l’intensification de la surveillance communautaire, le renforcement du contrôle sanitaire au principal point d’entrée, la notification immédiate de tous les cas suspects, notification dans les deux heures.
Sur le plan de prise en charge, identification et préparation des équipes d’intervention rapide, si jamais nous avons des cas. Et puis, identification des sites d’isolement dans les fosa. Et aussi, il faut qu’on se rassure que nous avons des intrants, c’est-à-dire qu’on fait un inventaire des intrants de prise en charge pour faire face à ces éventuels cas de choléra.
Ce que nous pouvons dire à la population, c’est toujours en cas de signes, de symptômes, de choléra, vomissements diarrhées, c’est tout de rapidement s’approcher des formations sanitaires les plus proches, et de notifier ce cas, et de ne plus rester à la maison. Éviter de se mettre dans les eaux stagnantes ; quand le moment des pluies revient, toutes les eaux qui étaient en surface reviennent dans l’air libre, elles passent dans les mayo. Il faut faire très attention à l’utilisation de ces eaux et autres. Nous avons, comme vous avez dit, une surveillance, qui est le renforcement des contrôles sanitaires aux principaux points d’entrée, donc on essaie de voir les notifications, et on a demandé de nous faire un rapport de tous les cas suspects de diarrhées aiguës, de diarrhées aqueuses aiguës, et je pense que nos acteurs, nos prestataires sont sur le terrain, et continuent à sensibiliser aujourd’hui, et nous invitons vous, les médias, de nous accompagner aussi pour bien sensibiliser la population et savoir que nous sommes en période à haut risque de contamination de choléra. Nous pouvons dire à la population que nous comptons sur elle à être prompt et réagir quand les cas suspects sont présents dans leur communauté.













































































































































































































































































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