Réunies à l’hôpital régional de Garoua le 30 juin 2026, une soixantaine de sages-femmes et maïeuticiens ont pris part à une session scientifique consacrée au rôle du personnel obstétrical dans l’éradication des maladies liées au facteur Rhésus.
La salle de conférence de l’Hôpital régional de Garoua a servi de lieu, mercredi 30 juin 2026, à une session scientifique consacrée à la problématique du facteur Rhésus et à ses implications sur la santé maternelle et néonatale. Organisée à l’initiative de , du groupe BSV , cette rencontre a réuni près de soixante sages-femmes et maïeuticiens venus des différentes formations sanitaires de la ville de Garoua.
Dans un contexte marqué par une fréquentation croissante des consultations prénatales et par la nécessité d’améliorer davantage les indicateurs de santé maternelle et infantile, cette session avait pour thème : « Le rôle de la sage-femme dans l’éradication des maladies Rhésus ». Un sujet jugé particulièrement pertinent au regard des conséquences parfois dramatiques que peuvent entraîner les incompatibilités sanguines entre la mère et l’enfant lorsqu’elles ne sont pas dépistées et prises en charge à temps. L’objectif de cette rencontre était avant tout de renforcer les connaissances et les compétences du personnel paramédical afin de lui permettre d’identifier précocement les situations à risque, d’améliorer le suivi des grossesses concernées et de contribuer à la prévention des complications liées au facteur Rhésus.
À l’ouverture des travaux, les participants ont été invités à mesurer toute l’importance de leur rôle dans la chaîne de prévention. En effet, les sages-femmes et maïeuticiens constituent généralement les premiers interlocuteurs des femmes enceintes lors des consultations prénatales. Leur capacité à orienter rapidement les patientes vers les examens appropriés, à interpréter certaines données cliniques et biologiques ainsi qu’à sensibiliser les futures mères apparaît aujourd’hui comme un levier essentiel dans la lutte contre les maladies Rhésus.
La modération de la session était assurée par Mamadou Ahidjo, spécialiste du domaine, qui a tenu à rappeler dès l’entame des travaux que la prévention demeure l’arme la plus efficace face aux complications liées à l’allo-immunisation Rhésus. Dans ses interventions introductives comme dans ses propos de clôture, il a insisté sur la responsabilité du personnel obstétrical dans le dépistage systématique des groupes sanguins, le suivi rigoureux des patientes Rhésus négatif et l’orientation vers une prise en charge adaptée.
L’exposé principal de la session a été présenté par le Dr Danielle Essomba, gynécologue-obstétricienne, qui a développé avec pédagogie les mécanismes de la sensibilisation Rhésus ainsi que les moyens de l’éviter. Revenant sur les principes fondamentaux de l’immunisation materno-fœtale, elle a expliqué que l’incompatibilité Rhésus survient principalement lorsqu’une mère Rhésus négatif porte un enfant Rhésus positif, exposant ainsi la grossesse à des risques potentiels lors des gestations futures. Selon l’exposante, la réduction des risques de sensibilisation au Rhésus repose sur plusieurs actions complémentaires parmi lesquelles le dépistage précoce du groupe sanguin de la femme enceinte, la surveillance régulière durant la grossesse ainsi que l’administration de traitements préventifs appropriés lorsque cela est nécessaire.
Au-delà des considérations scientifiques, les échanges ont également permis d’aborder les réalités du terrain auxquelles sont confrontés quotidiennement les professionnels de santé. Entre contraintes logistiques, insuffisance parfois observée dans la réalisation des examens précoces et besoins constants de formation continue, plusieurs défis restent à relever afin d’assurer une couverture optimale des services de prévention.
À l’issue de la session, des parchemins de participation ont été remis aux sages-femmes et maïeuticiens présents, preuve des connaissances acquises au cours de cette formation scientifique. La traditionnelle photo de famille est finalement venue immortaliser cette journée de réflexion scientifique et de partage d’expériences, marquant la fin d’une rencontre qui aura rappelé que la prévention des maladies Rhésus commence bien souvent dans les salles de consultation prénatale, là où les sages-femmes demeurent les premières gardiennes de la santé de la mère et de l’enfant.
Réaction
« Nous avons expliqué que le vaccin anti-D, c’est le seul moyen de prophylaxie contre l’immunisation rhésus qui est responsable de la maladie hémolytique du nouveau-né »

C’est urgent de parler de l’iso-immunisation rhésus parce qu’en Afrique sub-saharienne, on a constaté qu’on a une augmentation de la morbidité et de la mortalité périnatale du fait de l’ignorance de la possibilité de prophylaxie par le vaccin anti-rhésus, du fait de l’indisponibilité du produit dans notre environnement et nous faisons l’état entre ce qui doit être fait et ce qui est réellement fait sur le terrain.
Nous avons expliqué que le vaccin anti-D, c’est le seul moyen de prophylaxie contre l’immunisation rhésus qui est responsable de la maladie hémolytique du nouveau-né dont la morbidité et la mortalité sont élevées, surtout dans notre contexte où les thérapeutiques ne sont pas toujours adéquates.
Il est disponible. Et maintenant, contrairement à ce qui est fait avant, nous recommandons l’administration d’une première dose à 28 semaines et d’une seconde dans les 72 heures après l’accouchement. Les différentes sociétés savantes, telles que l’OMS, la FIGO, les sociétés canadiennes, les européennes, sont déjà en train de changer et ont vu une nette amélioration. Nous voulons aussi que dans notre contexte, malgré quelques petits problèmes, qu’ils soient applicables. On commence d’abord par lutter contre l’ignorance du personnel médical.
Et aussi, quand on donne des connaissances au personnel médical, ils changent leur mentalité. C’est le message qu’ils vont véhiculer aux différentes familles qui va être décisif dans l’adoption de nouvelles thérapies, de nouveaux protocoles.













































































































































































































































































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