Le 18 février 2026 restera une date marquante pour la collaboration entre la médecine conventionnelle et les savoirs ancestraux au Cameroun. Une importante délégation du Ministère de la Santé Publique (MINSANTE) s’est rendue au bureau national de l’Association Nationale des Tradipraticiens de Santé (ANTRASA) à Minkoameyos-Nkolbisson. Entre satisfecit technique et ambitions scientifiques, le renouvellement du partenariat s’annonce sous les meilleurs auspices.
L’ambiance était aux grands jours dans l’arrondissement de Yaoundé VII. Sous les youyous des griots et dans une ferveur solennelle, la délégation du MINSANTE, conduite par Madame Aurélie Onguene, Chef de Cellule du Partenariat National, a procédé à une évaluation minutieuse des activités de l’ANTRASA. L’enjeu est de taille : valider le renouvellement d’un contrat de collaboration de deux ans arrivé à échéance et explorer les pistes d’une convention plus structurelle.
Un cadre de travail qui force l’admiration
Accueillis par le Président National d’ANTRASA, le Khalifa Professeur Ouba Razack, les membres du bureau et les Chefs d’antenne régionaux dont celui du Centre, Raimi Isiaka, les cadres du MINSANTE ont découvert des installations modernes. Des bureaux à la savonnerie, en passant par la salle de moulage et l’imprimerie, le constat est sans appel : l’ANTRASA ne travaille plus dans l’ombre des arrières-boutiques.
“Des beaux locaux et du bon travail qui méritent encouragements et soutien”, a-t-on entendu au sein de la délégation. Cette structuration physique est le reflet d’une organisation rigoureuse. Madame Céline Chantal Zambou, chargée du marketing, a d’ailleurs souligné l’intégration de technologies modernes telles que les codes-barres, garantissant la traçabilité des produits. Une avancée majeure qui s’inscrit parfaitement dans la politique d’import-substitution prônée par le Gouvernement.
La science au cœur de la tradition : Le défi du paludisme
L’un des moments forts de cette visite a été la présentation d’un projet audacieux par monsieur Raimi Isiaka. L’ANTRASA voudrait mettre en place un groupe de travail pluridisciplinaire associant tradipraticiens, médecins conventionnels et chercheurs scientifiques. L’objectif ? L’éradication du paludisme, première cause de mortalité maternelle et infantile au Cameroun.
S’inspirant du modèle égyptien, cette initiative marque un tournant. Il ne s’agit plus seulement de “soigner”, mais de mener des études cliniques rigoureuses dont les rapports seront soumis à l’approbation du MINSANTE. Cette symbiose entre recherche scientifique et pharmacopée traditionnelle est la clé pour offrir aux patients camerounais des soins de qualité, accessibles et sûrs.
Vers une convention de partenariat renforcée
Lors de la séance de travail, Madame Onguene a rappelé que la médecine traditionnelle bénéficie désormais d’un cadre légal solide, grâce à la loi promulguée par le Chef de l’État, S.E. Paul Biya, et l’implication personnelle du Ministre Manaouda Malachie.
Toutefois, pour le Professeur Ouba Razack, il faut aller plus loin. Si l’ANTRASA a prouvé son efficacité en recensant les praticiens sur tout le territoire et en menant une lutte acharnée contre les charlatans, elle aspire désormais à une Convention cadre. Ce statut juridique supérieur permettrait un soutien accru des pouvoirs publics et une intégration plus poussée dans le système de santé national.
Un bilan porteur d’espoir
L’impact de cette descente sur le terrain est double. D’une part, elle valide la crédibilité de l’ANTRASA comme interlocuteur privilégié de l’État. D’autre part, elle rassure les populations sur la qualité des traitements proposés par les membres de l’association.
La visite s’est achevée par une promesse de compte-rendu fidèle à la hiérarchie ministérielle. Au regard de la propreté des lieux, de l’organisation des structures et de la vision scientifique affichée, le plaidoyer pour une convention MINSANTE/ANTRASA semble avoir trouvé un écho favorable. La médecine camerounaise de demain sera, sans nul doute, le fruit de cette alliance entre la rigueur de la science et la richesse de nos traditions.













































































































































































































































































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