Quand l’hôpital devient le meilleur client des « docta » de la rue, c’est toute la santé publique qui perd la bataille. Dans un message publié sur X le 5 janvier 2026, Dr Malachie Manaouda alerte sur le phénomène qui prend de l’ampleur. Le Minsanté promet des mesures strictes afin de garantir la santé des populations.
Le ministre de la Santé publique, Dr Malachie Manaouda, a exprimé sa vive préoccupation concernant la vente illicite de médicaments aux abords, et parfois même à l’intérieur, des formations sanitaires publiques et privées au Cameroun. Dans un message publié sur son compte X le 5 janvier 2026, le membre du gouvernement dénonce une pratique qui perdure malgré les efforts soutenus déployés par les autorités pour éradiquer les faux médicaments et les circuits parallèles de distribution.
« J’observe avec préoccupation la présence de vendeurs de médicaments aux abords, et parfois même à l’intérieur des formations sanitaires, malgré le combat acharné que nous menons contre les faux médicaments et les médicaments de la rue », a écrit le ministre. Il souligne que cette situation expose gravement les populations à des risques sanitaires évitables, tels que l’intoxication, l’inefficacité des traitements ou la propagation de résistances aux médicaments.
Pour y remédier, Dr Manaouda annonce avoir instruit la prise de « mesures strictes » : renforcement des contrôles sur le terrain, intensification des opérations de répression et campagnes de sensibilisation accrues auprès des usagers. L’objectif affiché est clair : orienter exclusivement les Camerounais vers les « circuits officiels » (pharmacies agréées et officines hospitalières) pour garantir un accès sûr et de qualité aux produits pharmaceutiques. « Protéger la santé publique est une responsabilité collective, soyons vigilants », conclut-il avec les hashtags #Cameroun, #Prevention, #SantéPublique.
Ce cri d’alarme a rapidement suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, révélant la complexité du phénomène et les frustrations accumulées. Plusieurs internautes ont salué les intentions du ministre tout en pointant du doigt des causes structurelles plus profondes.
Certains soulignent la « complicité présumée » de certains agents de santé : « Les responsables de ces formations sanitaires et autres agents de la santé publique sont complices de cette situation. Dans certaines formations sanitaires, une fois la prescription faite, on vous oriente explicitement vers les vendeurs de médicaments de la rue », écrit Michel Serge. D’autres évoquent la précarité économique comme moteur principal : « Mr le ministre vos combats sont légitimes mais la précarité va nous laisser où ! » réagit un autre abonné, tandis qu’un troisième affirme que « Même dans les centres de santé ce sont ces médicaments de la rue qu’on vend ».
Des voix appellent à une approche plus globale, en s’attaquant aux « racines » du problème : les zones de ravitaillement, les circuits d’approvisionnement illicites (souvent transfrontaliers), et la formation insuffisante des personnels de santé. Un commentaire ironique évoque même : « Vous observez Mal », sous-entendant que le phénomène est connu de longue date.
Parmi les réactions, certaines dérapent vers des attaques personnelles. D’autres, plus constructives, saluent les efforts du ministère et appellent à une mobilisation collective.
Ce nouveau sursaut du ministre de la Santé publique s’inscrit dans une longue série d’actions contre les médicaments de la rue, un fléau qui représenterait encore plus de 25 % du marché pharmaceutique national selon diverses estimations. En début 2026, alors que le ministère lance l’année sous le signe de la performance et du changement, cette sortie sur X rappelle que la lutte contre les circuits illicites reste une priorité majeure pour la protection de la santé des Camerounais.
Reste à voir si les mesures annoncées permettront enfin de briser ce « serpent de mer » que constitue la vente illicite de médicaments, malgré les efforts répétés depuis plusieurs années. La balle est désormais dans le camp des acteurs de terrain, des forces de l’ordre et des citoyens eux-mêmes.
Mireille Siapje












































































































































































































































































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