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Morsures de serpent : Un drame sanitaire méconnu qui met en lumière les inégalités d’accès aux soins de santé

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Dans les régions reculées du Cameroun, les morsures de serpent sont une véritable menace pour la vie. Faute de sérum antivenimeux disponible dans les hôpitaux, de nombreuses victimes succombent. Les morsures de serpent, longtemps considérées comme un problème marginal, se révèlent être une véritable crise de santé publique au Cameroun. Les chiffres sont éloquents : plus de 315 000 morsures et 7000 décès sont recensés chaque année en Afrique. Au Cameroun, le septentrion est particulièrement touché, avec 40% des cas et 77% des décès.

Le Cameroun est confronté à une crise sanitaire sans précédent. Les morsures de serpent, une maladie négligée reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2017, continuent de faire des ravages dans les communautés rurales. Les hôpitaux publics de brousse, censés être les premiers recours pour les victimes, sont souvent dépourvus de sérum anti-venimeux, condamnant des milliers de personnes à une mort certaine.

Selon les chiffres de l’OMS, plus de 315 000 morsures de serpent sont recensées chaque année en Afrique, entraînant environ 7 000 décès et 90 000 amputations. Au Cameroun, le ministère de la Santé publique a reconnu les morsures de serpent comme un problème de santé publique en 2015 et a mis en place un système de surveillance hebdomadaire. Les chiffres sont alarmants : 11,4 morsures pour 100 000 habitants par an, soit 2 500 morsures et 43 décès, avec un taux de létalité atteignant 6 % dans certaines régions.

Mais ces chiffres sont très inférieurs à la réalité, car de nombreuses victimes ne sont pas prises en charge par les structures sanitaires et ont recours à des praticiens traditionnels sans référencement. Le septentrion du pays est particulièrement touché, avec 40 % de l’incidence et 77 % de la mortalité des envenimations. Le sud forestier n’est pas épargné, avec 32 % de l’incidence et 16 % de la mortalité.

La conservation du sérum anti-venimeux est un défi de taille dans les hôpitaux publics de brousse, où les coupures d’électricité sont fréquentes. Les stocks de sérum sont souvent insuffisants ou périmés, ce qui aggrave la situation. Les populations rurales, déjà vulnérables, sont les premières victimes de cette crise sanitaire.

Il est temps que les autorités prennent des mesures concrètes pour lutter contre ce fléau. La mise en place d’un système de distribution efficace de sérum anti-venimeux, la formation de personnel médical et la sensibilisation des populations rurales sont autant de mesures qui pourraient aider à réduire l’incidence et la mortalité des morsures de serpent. Les vies de milliers de personnes sont en jeu, et il est urgent d’agir pour éviter que ce fléau ne continue de faire des ravages dans les communautés rurales du Cameroun. Les morsures de serpent entraînent non seulement des décès, mais aussi des séquelles irréversibles comme les amputations. Pour les familles, c’est un drame humain et économique.

Il faut mettre en place un système de distribution efficace de sérum anti-venimeux, former le personnel médical pour la prise en charge des victimes, sensibiliser les populations rurales aux risques liés aux morsures de serpent, améliorer les conditions de conservation du sérum anti-venimeux dans les hôpitaux publics de brousse et renforcer la surveillance et la collecte de données pour mieux évaluer l’ampleur du phénomène.

Il est temps d’agir pour sauver des vies et mettre fin à ce fléau qui ravage les communautés rurales du Cameroun. Les autorités doivent prendre des mesures concrètes pour lutter contre les morsures de serpent et assurer l’accès aux soins de santé de qualité pour toutes les populations, où qu’elles se trouvent.

Angélique EKAMAN Stg

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