«On essaye de voir dans quelle mesure on peut les aider même si nous n’abandonnons pas la répression » – Armand, Surveillant général au lycée de Elig-Essoo, Yaoundé 1er

Dites-nous à votre avis, quel est le bien-fondé d’une telle formation ?

Ce que je peux dire personnellement parce que j’ai assisté aux trois sessions de formation, la première au lycée technique de Nkolbisson, la deuxième au collège Saint Benoit, la troisième session qui se tient actuellement au collège de la retraite,  c’est une très bonne initiative. Cela nous a permis moi particulièrement ; et les autres je suppose, nous qui avions l’habitude d’être des policiers derrière les enfants qui consomment la drogue. Ça nous a permis de modifier notre regard sur eux et de commencer à les amener vers nous même. Si de temps en temps, nous requérions les exclusions, aujourd’hui on les regarde avec un peu plus de compassion. Les consommateurs de stupéfiants, il s’agit d’eux.

On essaye de voir dans quelle mesure on peut les aider même si nous n’abandonnons pas la répression.. Nous ne le faisons pas parce que nous nous sommes rendu compte qu’ au-delà de ces multiples formations, qui sont de très bonnes initiatives, l’Etat dans nos multiples structures, est tombé dans un laisser-aller. On a même comme l’impression qu’il s’agit d’un complot, un complot du genre néocolonialiste. Peut-être il faut maintenant passer par la drogue pour abrutir nos enfants, pour qu’on ait des dirigeants abrutis demain.

On se rend compte que plus il y a des séminaires, plus il y a des structures d’accueil que le nombre ne baisse pas pourquoi parce qu’on a prêté le flanc quelque part. C’est des dealeurs, pas seulement ceux qui sont dans les établissements, il y a des dealers qui sont dans les marchés au quartier. moi personnellement, j’en connais beaucoup qui ont même été arrêtés lors de multiples interventions à Elig-essono, qui ont été arrêté au niveau du pont de la gare mais qui sont revenus dans la soirée vous narguer et vous dire qu’on est là. On a donc, comme l’impression que l’État a peur de sévir dans ce domaine parce que ces élèves là ( consommateurs de stupéfiants ) sont les victimes de ces bourreaux qui sont tapis dans les différents quartiers et que tout le monde connait et que les policiers connaissent . Mais dès que vous les arrêtez le lendemain, ils sont libérés.

Comment ce phénomène se passe au lycée d’Elig-essono avec les élèves ?

Je peux dire que c’est un phénomène d’ordre général. Le lycée d’Elig-essono n’est pas un établissement insulaire c’est-à-dire où on ne trouve pas les consommateurs, de drogues. Ce qui nous a fait du bien c’est que madame le proviseur, dès qu’elle a pris service comme proviseur il y a trois ans, elle a mis sur pied un comité de lutte contre la consommation de stupéfiants. Elle en est madame le superviseur moi,  je suis le coordonateur.  Ca fait qu’on a fiché tous les élèves consommateurs.

Nous avons les indiques bien entendu parce que vous ne pouvez pas dénicher les consommateurs de stupéfiants si vous n’avez pas les indiques. Ce sont des élèves qui vous filent des informations. Il y a des petits enfants qui vous filent des informations ce qui fait qu’on a pu fichier tous les consommateurs, tous les dealeurs. Une fois qu’on les a fiché, on a commencé à les interpeller pour leur dire que nous savons qu’ils consomment des stupéfiants, on leur demande d’arrêter. s’ils ne le font pas, on les emmène à la brigade. Et ils prennent peur.

L’une des cibles les plus brisées c’est les filles. Elles sont toujours en train de demander des faveurs et même à travers leurs toilettes qui deviennent un champs pour les dealers . Mais avec un peu de chance, beaucoup d’expériences sur le terrain, avec nos indiques, on parvient toujours à les arrêter et pour que ça s’arrête, il faut que le gouvernement joue franc jeu.

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