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Ordre des professions médico-sanitaires du Cameroun : le bureau national fixe le cap à Yaoundé

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Réuni ce 15 avril 2026 à son siège à Yaoundé, le Bureau de l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS) a passé au crible les réalisations majeures du trimestre écoulé.

Le soleil de midi plombait à peine les collines de la capitale que, déjà, l’effervescence des grands jours s’emparait du siège de l’Ordre des Professions Médico-Sanitaires (OPMS). En ce 15 avril 2026, l’heure n’était plus aux simples formalités administratives, mais à une véritable évaluation stratégique de la marche d’une institution en pleine Renaissance. Autour de la table, le quorum affichait complet, témoignant de l’urgence des enjeux qui pèsent sur cette corporation essentielle au système de santé du Cameroun. Dès l’ouverture de la session, le ton a été donné par une atmosphère de solennité et de fraternité professionnelle. Le Président National, Moussa Hamadou Satou, élu en juin 2024 avec la promesse d’une rupture constructive, a accueilli ses pairs avec une détermination manifeste. À ses côtés, l’ossature de l’exécutif illustre une complémentarité technique rigoureuse. On y retrouve le Vice-président Abang Emmanuel, dont l’expérience appuie les décisions politiques, le Secrétaire général Saha Tamogue Hilaire, garant de la mémoire administrative et de la fluidité des procédures, ainsi que le Trésorier Lissom Fils Joseph, gardien de l’orthodoxie financière nécessaire aux grandes ambitions de l’Ordre.

Après les civilités d’usage, le Secrétaire général a procédé à la lecture d’un ordre du jour particulièrement dense. Le menu de cette rencontre statutaire s’articulait autour de trois piliers majeurs : le compte rendu exhaustif des activités du trimestre écoulé, une audience accordée aux représentants de la section régionale de l’Ouest et, enfin, la planification rigoureuse des chantiers techniques et électoraux pour les mois à venir. Cette structuration méthodique de la réunion reflète la volonté de la nouvelle équipe de sortir l’OPMS de l’informel pour l’ancrer dans une gouvernance de standards internationaux.

L’écho de Livingstone et le rayonnement international

L’un des moments forts de ce conclave a été sans conteste le retour d’expérience sur la mission effectuée en Zambie au début du mois de mars. Du 2 au 7 mars 2026, Livingstone a en effet été l’épicentre de la 2ème Conférence de la Confédération Africaine des Infirmières et Sages-femmes (ANMC). Le président Moussa Hamadou Satou, accompagné de son Secrétaire général et de son Trésorier, y a porté la voix du Cameroun parmi plus de 200 leaders continentaux. Le thème de cette grand-messe, centré sur l’harmonisation des normes et l’excellence des soins, semble avoir irrigué les réflexions du bureau national.

Le président n’a d’ailleurs pas manqué de souligner l’importance de cet ancrage diplomatique lors des échanges. Il a notamment mis en exergue sa rencontre avec le Président du Conseil international des infirmiers (CII), une organisation à laquelle l’Ordre s’est récemment affilié. Cette entrevue a permis de poser les jalons d’une révision profonde des textes organiques de l’OPMS, jugés aujourd’hui vétustes face aux évolutions technologiques et déontologiques du métier. L’ambition est claire : transformer les défis locaux en opportunités globales grâce à un partenariat renforcé avec les instances mondiales de régulation.

Un ancrage territorial au plus près du terrain

Cependant, le rayonnement international ne saurait occulter les réalités du terroir. C’est dans cette optique que le Bureau a examiné le bilan de la tournée de prise de contact effectuée dans la région du Centre. Cette descente sur le terrain a mené l’équipe dirigeante aussi bien dans les centres de formation que dans les hôpitaux de référence, à l’instar du Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Yaoundé. Ces visites ont permis de confronter la vision théorique de l’Ordre aux difficultés concrètes des professionnels qui, quotidiennement, œuvrent au chevet des patients dans des conditions parfois précaires.

Cette proximité avec la base a été renforcée par l’audience accordée au président de la Section régionale de l’Ouest. Venu exposer les doléances spécifiques de ses confrères, ce dernier a trouvé une oreille attentive auprès du Bureau national. Les discussions ont porté sur la nécessité d’une meilleure protection des droits des professionnels et sur l’amélioration des conditions d’exercice en zones rurales. Le Président Satou a réaffirmé que l’Ordre n’était pas une tour d’ivoire, mais un bouclier pour chaque membre, peu importe sa situation géographique.

Des indicateurs de croissance et une révolution numérique

Sur le plan administratif, les chiffres présentés lors de la réunion témoignent d’une vitalité retrouvée. La hausse significative des inscriptions, notamment dans le Littoral avec plus de 2 000 nouveaux membres enregistrés en quelques mois, prouve que les professionnels médico-sanitaires reprennent confiance en leur institution. Pour consolider cette dynamique, le projet de digitalisation des inscriptions est entré dans sa phase pilote. Ce passage au numérique, déjà effectif dans certaines zones, vise à simplifier les procédures, à sécuriser les données et à offrir une carte professionnelle biométrique, mettant ainsi fin aux usurpations de titre.

En marge de ces avancées logicielles, le volet infrastructurel connaît une accélération fulgurante. Le chantier du futur siège de l’Ordre, véritable totem de cette mandature, affiche un taux de réalisation de 115 % par rapport aux prévisions initiales. Les travaux de crépissage, de plafonnage et de sécurisation par la pose d’antivols sont achevés. Le bureau a acté que la prochaine étape consistera en la pose du carrelage, rapprochant l’institution du jour où elle pourra accueillir ses membres dans un cadre digne des ambitions affichées lors de l’audience avec le Ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie, en décembre 2024.

Une feuille de route audacieuse pour le trimestre à venir

Au terme des débats, la planification du prochain trimestre a été validée avec enthousiasme. Deux axes prioritaires guideront l’action du bureau : la supervision des assemblées générales électives dans les régions et la finalisation des travaux de construction. Les membres ont également évoqué, sous la rubrique des divers, l’organisation prochaine de tournées dans les régions du Sud, du Nord-Ouest et de l’Est. Ces déplacements visent à maintenir le lien ombilical entre le sommet et la base, tout en s’assurant que les standards de formation sont respectés sur l’ensemble du territoire national.

Pour conclure cette journée de travail intense, le Président Moussa Hamadou Satou a pris la parole pour un mot de fin empreint de gratitude. Il a salué l’engagement sans faille de ses collaborateurs et a rappelé que chaque brique posée, qu’elle soit de ciment pour le siège ou numérique pour la base de données, participe à la grandeur de la profession. En levant la séance, le Bureau de l’OPMS a non seulement dressé un bilan satisfaisant, mais il a surtout réaffirmé sa volonté de léguer à la postérité une institution forte, structurée et résolument tournée vers le futur.

Interview

« 115 % d’avancée pour le siège de l’Ordre, plus de 2 000 nouveaux membres dans le Littoral »

Moussa Hamadou Satou, Président National de l’Ordre des Professions Médico-sanitaires du Cameroun.

À l’origine, le programme porté par l’équipe de Moussa Hamadou Satou visait trois objectifs structurants : l’achèvement de la construction du siège de l’Ordre (prévu pour 2016), la digitalisation des activités, et la gestion dynamique des inscriptions. Aujourd’hui, à quelques mois de la fin du mandat, le président se dit satisfait, sans cacher les défis qui restent à relever. « Nous avons beaucoup avancé », se félicite-t-il. Concrètement, les trois niveaux du bâtiment ont été enduits (intérieur et extérieur), la peinture extérieure est achevée, les antivols ont été posés, et le plafonnage est terminé. Prochaine étape : le carrelage.

Parallèlement, les formalités d’immatriculation du terrain suivent leur cours. « Par rapport à nos prévisions, nous avons atteint environ 115 % d’avancée. Notre souhait est de remettre les clés au prochain président, afin qu’il puisse travailler dans des bureaux dignes de ce nom. »

Inscriptions en hausse : plus de 2 000 nouveaux membres dans le Littoral

Sans livrer tous les secrets de l’institution – « des indicateurs que nous gardons pour nous » –, le président constate une progression nette du nombre d’inscrits. Entre août et décembre 2024, la seule région du Littoral a enregistré plus de 2 000 adhésions. Dans la région du Centre, les chiffres sont comparables, tandis que les autres régions affichent une moyenne de 500 inscriptions par an. « Depuis notre prise de fonction, le nombre d’inscriptions a augmenté, grâce à un travail de terrain constant auprès des présidents régionaux et des professionnels. »

Digitalisation : une phase pilote dans le Littoral

Le projet de digitalisation de l’Ordre suit son cours. Une phase test est actuellement menée dans la région du Littoral. Si elle est validée, elle sera étendue à l’ensemble du pays. À terme, les candidats pourront soumettre leur dossier d’inscription en ligne, les versions physiques ne servant qu’à la confirmation ou au complément des pièces.

Bilan général : une équipe sur le terrain, bien accueillie

« Nous ne restons pas au bureau à édicter des ordres », insiste Moussa Hamadou Satou. Les visites dans les régions ont été marquées par un accueil chaleureux. « Les confrères et consœurs avaient soif de rencontrer le président national et son équipe. » Ces échanges ont permis d’aborder les difficultés quotidiennes des professionnels de santé, et d’apporter des réponses « porteuses de motivation pour exercer dans des conditions légales, avec loyalisme, amour et compassion ». Dans les prochains mois, le président et son équipe se rendront dans la région du Sud, du Nord-Ouest et de l’Est. L’objectif : poursuivre la dynamique de proximité et de sensibilisation.

Visites dans les formations sanitaires : un message de mise en conformité

Interrogé sur les visites effectuées dans les établissements de soins et certains instituts de formation, le président précise : « Nous n’avons pas visité d’institut privé d’enseignement supérieur en tant que tel, car nos produits ne sont pas formés dans ces milieux-là. » En revanche, un échange fructueux a eu lieu à l’Université catholique d’Afrique centrale, qui forme des étudiants dans le cadre du programme du ministère de la Santé publique. Partout, le message est resté le même : « Il est important que chaque professionnel qui aime son métier se mette en règle. »

Pour Moussa Hamadou Satou, le bilan est « satisfaisant et positif ». Reste à concrétiser, dans le temps qui lui reste, la finalisation du siège et le déploiement de la digitalisation. Avec une conviction : « C’est en allant vers les collègues qu’on découvre leurs forces et leurs faiblesses. » Une philosophie de terrain qui semble avoir porté ses fruits.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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