Face à une mortalité néonatale encore préoccupante, le Cameroun intensifie la promotion de la Méthode Mère-Kangourou. En prélude au mois de la prématurité prévu en novembre 2026, experts de santé, communicateurs et responsables institutionnels se sont réunis du 24 au 27 mars 2026 à Yaoundé pour concevoir des outils et stratégies visant à améliorer la survie des bébés nés avant terme.
Des experts du ministère de la Santé publique, de l’UNICEF et des professionnels de santé, réunis lors d’un atelier à Yaoundé, pour élaborer des outils de promotion de la Méthode Mère-Kangourou en prélude au Mois de la prématurité 2026.
Chaque année, des milliers de familles camerounaises sont confrontées à la naissance prématurée de leur enfant, un défi souvent accompagné d’angoisse et d’incertitude. Les chiffres restent préoccupants : sur 1,000 naissances vivantes, environ 25 nouveau-nés ne survivent pas. Un taux encore loin de l’objectif fixé par les Objectifs de Développement Durable, qui vise 12 décès pour 1,000 naissances vivantes d’ici 2030. Plus alarmant encore, près de trois décès sur dix concernent des bébés prématurés.
Face à cette réalité, la Méthode Mère-Kangourou (MMK) apparaît comme une solution efficace, accessible et peu coûteuse. Recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé, cette approche consiste à maintenir le nouveau-né prématuré en contact peau à peau avec sa mère, favorisant ainsi la régulation de sa température, l’allaitement et le renforcement du lien affectif, autant de facteurs déterminants pour sa survie.
C’est dans cette dynamique que le ministère de la Santé publique, à travers la Direction de la Santé Familiale, avec l’appui de l’UNICEF, a organisé du 24 au 27 mars 2026 un atelier stratégique à Yaoundé. Pendant quatre jours, pédiatres, néonatologistes, experts en communication et responsables techniques ont travaillé à la conception d’outils de communication et de documentation destinés à promouvoir la Méthode Mère-Kangourou à grande échelle.
Les travaux, organisés en trois groupes thématiques, ont permis de définir les messages clés de sensibilisation, de planifier les activités du Mois de la prématurité et de concevoir des outils adaptés aux réalités sanitaires et sociales du pays. À l’issue des échanges, les participants ont élaboré un portefeuille de 14 activités prioritaires, structurées autour de quatre axes stratégiques.
Parmi les principales orientations retenues figurent la production d’un guide d’interview standardisé pour les intervenants médiatiques, l’élaboration d’un kit de plaidoyer destiné aux décideurs, ainsi que la mise en place d’outils de communication pour sensibiliser les communautés.
Cet atelier marque ainsi une étape importante dans la préparation du mois de la prématurité édition 2026. Une initiative qui ambitionne non seulement d’accroître la visibilité de la Méthode Mère-Kangourou, mais aussi de renforcer l’engagement national pour réduire la mortalité néonatale et offrir aux prématurés de meilleures chances de survie.
À travers cette mobilisation, le Cameroun réaffirme sa volonté de placer la santé des nouveau-nés au cœur des priorités, avec un objectif clair : sauver davantage de vies dès les premiers instants.













































































































































































































































































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