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Sages-femmes de l’université de Buea : 319 diplômés en attente, 404 parchemins bloqués

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319 étudiants des promotions 2014-2017 à 2020-2023 n’ont reçu aucun document académique. Sur 1 919 diplômes identifiés depuis 2015, seuls 1 515 ont été délivrés, laissant un arriéré de 404 parchemins.

Il ressort des échanges qu’environ 319 étudiants, issus des promotions 2014-2017 jusqu’à la promotion 2020-2023, sont dans l’attente de leurs relevés de notes, attestations de réussite ou diplômes.

Le scandale éclate au grand jour. En plein cœur d’une visite ministérielle dans le Sud-Ouest, une réunion d’urgence a dû être convoquée pour faire face à une situation devenue intenable : des centaines de sages-femmes et maïeuticiens, pourtant diplômés, sont toujours sans attestation, sans relevé de notes, et sans diplôme des années après la fin de leur formation. Ce blocage administratif, qui paralyse des carrières et prive le système de santé de personnel qualifié, révèle une faillite systémique dans le processus de certification des professionnels de santé au Cameroun.

La première strate du problème concerne des promotions anciennes, dont le dossier est pourtant complet. Il ressort des échanges qu’environ 319 étudiants, issus des promotions 2014-2017 jusqu’à la promotion 2020-2023, sont dans l’attente de leurs relevés de notes, attestations de réussite ou diplômes. Ces étudiants, ayant validé leur cursus et constitué l’intégralité de leur dossier administratif, se heurtent à un silence institutionnel incompréhensible, les maintenant dans une précarité professionnelle inacceptable plusieurs années après la fin de leur formation.

Face à ce constat, une analyse plus fine des chiffres révèle l’ampleur du désordre administratif. Sur un total de 1 919 diplômes identifiés comme étant à traiter, seulement 1 515 ont été effectivement remis à leurs bénéficiaires. Ainsi, 404 diplômes sont toujours en attente, créant un climat de frustration et de défiance parmi les étudiants et les structures de formation partenaires. Cette accumulation de dossiers non liquidés pointe vers des dysfonctionnements profonds dans la chaîne de délivrance des documents officiels.

Au cœur de la tourmente, une convention caduque et des irrégularités académiques. Les discussions ont mis en exergue un facteur juridique majeur : la convention liant le ministère de la Santé publique et le ministère de l’Enseignement supérieur, signée en 2015, renouvelée en 2020, est arrivée à expiration en octobre 2020. Cette absence de cadre juridique actuel a paralysé les procédures. Parallèlement, l’examen des dossiers en suspens a révélé que 85 étudiants ne remplissent pas les conditions d’obtention, pour cause d’irrégularités académiques, de notes non traçables ou d’absences non justifiées, complexifiant davantage le traitement global.

L’épineuse question des promotions les plus récentes. Si les promotions antérieures à 2023 cristallisent l’attention, la situation pour les étudiants sortis en 2024 et 2025 reste floue et suscite l’inquiétude. La persistance des blocages pour les anciennes promotions laisse craindre un effet domino, reportant les mêmes difficultés sur les nouvelles générations de diplômés, dans un contexte où le système de santé a pourtant un besoin criant de personnel qualifié.

En réponse à cette crise, le ministère de la Santé publique passe à l’action. Pour examiner l’ensemble du dossier et proposer des solutions structurelles, le ministre a annoncé le déploiement d’une mission d’évaluation, conduite par l’Inspecteur général des services administratifs. Cette mission séjournera à l’Université de Buea les 22 et 23 janvier 2026. Son mandat est clair : évaluer la mise en œuvre de l’ancienne convention, identifier les goulots d’étranglement et formuler des recommandations, notamment sur la nécessité et les termes d’une nouvelle convention.

Au-delà des chiffres, cet imbroglio administratif a des conséquences humaines et sanitaires directes. Chaque diplôme non délivré représente un professionnel de santé empêché d’exercer pleinement, une famille privée de revenus stables, et une communauté privée d’un soignant. Alors que le Cameroun œuvre à renforcer son système de santé, la résolution de ce blocage n’est pas seulement une question administrative, mais un impératif de santé publique et de justice sociale pour des centaines de jeunes diplômés et pour la nation tout entière. La mission de janvier 2026 sera donc cruciale pour tourner cette page et rétablir la confiance dans le parcours de certification des professions de santé.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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