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Adamaoua : faible fréquentation des kinésithérapeutes

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Alors que ces professionnels de santé sont de plus en plus nombreux dans la région, la fréquentation chez ces derniers piétine. Ce qui appelle des actions de sensibilisation et l’organisation des campagnes de masse à faire pour attirer les populations vers ces services.

La kinésithérapie, ou masso-kinésithérapie, est une discipline paramédicale qui utilise le mouvement (kiné) et le massage pour rééduquer, soigner et soulager les douleurs musculaires, articulaires ou respiratoires. Le masseur-kinésithérapeute aide les patients à restaurer leurs capacités fonctionnelles après une blessure, une opération ou en cas de maladie. Dans la région de l’Adamaoua, les kinésithérapeutes sont de plus en plus disponibles. Formés dans les écoles de formation de professionnels médico-sanitaires de la région et même d’autres parties du pays, ces professionnels de la rééducation fonctionnelle sont pour certains en service dans les formations sanitaires publiques et d’autres dans des cabinets et cliniques privés. Lors de la prestation de serment et de la pris d’engagement des professionnels médico-sanitaires de décembre dernier, sur les 304 professionnels, on compte 16 kinésithérapeutes. Ce qui vient augmenter le nombre des professionnels déjà déployés sur l’ensemble de la région.

Alors que les professionnels sont disponibles, leurs salles d’attente restent pourtant désespérément vides. Les praticiens passent des journées entières à “se tourner les pouces”, comme le confie un kiné de la ville de Ngaoundéré, contacté par nos soins. Bowon Nyanda Popina Dehiesse, kinésithérapeute, lauréate de la dernière vague des professionnels ayant pris l’engagement se dit prête à offrir son expertise partout où elle sera appelée à exercer. « Je suis prête à prodiguer des soins et avec mes camarades, nous allons nous mobiliser pour faire connaitre cette branche de la médecine qui reste très peu connue », nous confiait-elle lors de la cérémonie de prise d’engagement.

Ce paradoxe s’explique par une préférence marquée des populations pour les masseurs traditionnels, reléguant la kinésithérapie au second plan.

Malgré une disponibilité accrue avec des cabinets qui voient les jours à Ngaoundéré. Entretemps, la fréquentation stagne. Les kinésithérapeutes, souvent issus d’écoles proposent des soins scientifiquement validés pour traiter les lombalgies, les entorses ou les séquelles d’accidents. « Nous offrons une rééducation personnalisée, basée sur des protocoles médicaux, contrairement aux massages empiriques », précise l’un des lauréats. Mais les patients boudent ces services. Selon un petit sondage mené par nos soins auprès de 10 personnes, environ 70% optent pour les masseurs de quartier, appelés communément Ndibo pour leur proximité.

Cette faible fréquentation selon les kinésithérapeutes s’explique par un manque de sensibilisation. Beaucoup ignorent la différence entre un massage relaxant et une kinésithérapie thérapeutique. Les traditions jouent aussi un rôle dans ce faible recours aux kinésithérapeutes. Dans les zones rurales par exemple, le masseur est perçu comme un guérisseur ancestral, accessible sans rendez-vous. Les kinés, eux, peinent à rentabiliser.

Dans ce tableau peu reluisant du recours aux kinés, les conséquences sont parfois graves. Des pathologies chroniques s’aggravent. La kinésithérapie préventive, est sous-exploitée. Pour inverser la tendance, les kinés pourraient lancer des campagnes de sensibilisation via radios locales et centres de santé.

Dans le sillage de la revalorisation des kinés dans la région, il devient urgent de mener des campagnes de sensibilisation. Une région en développement comme l’Adamaoua mérite mieux que des cabinets « fantômes ».

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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