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Sécurité sanitaire : le MINSANTE ordonne le rappel de lots de solutés potentiellement dangereux

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Face à la détection de « non-conformités graves » sur plusieurs lots de chlorure de sodium et de Ringer lactate fabriqués par la SIPP, le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie a déclenché une procédure de rappel d’ampleur nationale.

Le ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie

L’information est tombée comme un couperet dans la quiétude relative des formations sanitaires camerounaises. Le ministère de la Santé publique vient de déclencher une procédure de rappel de grande ampleur concernant deux produits de première nécessité fabriqués par la Société Industrielle de Produits Pharmaceutiques (SIPP). Une décision radicale, prise « par mesure de précaution », qui concerne potentiellement des milliers de poches de perfusion déjà disséminées sur l’ensemble du territoire national. Car le constat est sans appel. Des non-conformités graves ont été détectées sur plusieurs lots de deux solutés essentiels : le CHLORURE DE SODIUM 0,9% 500ml, ce liquide vital utilisé quotidiennement pour réhydrater les patients ou diluer les médicaments, et la SOLUTION DE HARTMANN (RINGER LACTATE) 500ml, tout aussi indispensable dans les salles d’urgence et les blocs opératoires.

Aussitôt le problème identifié, le ministre de la Santé publique a donc réagi avec la célérité que commande une telle situation. En effet, face à un risque potentiel pour la santé des populations, l’heure n’est plus aux tergiversations administratives, mais bien à l’action immédiate et sans faille.

Des lots traqués sur tout le territoire

Concrètement, la circulaire ministérielle, dont nous avons obtenu copie, dresse une liste précise des lots incriminés. Pour le CHLORURE DE SODIUM 0,9%, ce sont onze lots qui sont pointés du doigt, allant du N2511009 au N2601003, avec des dates de péremption courant de novembre 2027 à janvier 2028. Quant au RINGER LACTATE, deux lots spécifiques sont concernés : le 10512001 et le R2512002, tous deux valables jusqu’en décembre 2027. Or, ce qui frappe dans cette mesure, c’est son exhaustivité. La directive ne s’adresse pas à une catégorie restreinte d’acteurs, mais bien à la totalité de la chaîne sanitaire. Des Directeurs Généraux des Hôpitaux Généraux aux simples Pharmaciens Titulaires d’officines, en passant par les Délégués Régionaux, les Chefs de District et les responsables des hôpitaux privés, aucun maillon n’est oublié. Tous sont instamment invités à prendre « toutes les dispositions nécessaires ».

Dès lors, la consigne est claire et ne souffre d’aucune ambiguïté : tous les stocks disponibles de ces produits doivent être immédiatement retournés au fournisseur. Ainsi, plus aucun flacon suspect ne doit traîner dans les établissements de distribution, les formations sanitaires, les officines ou tout autre point de dispensation de soins.

Une vigilance de tous les instants

Pourtant, et c’est là un élément rassurant dans cette alerte, le ministère tient à préciser qu’« à ce jour, aucun incident n’a été rapporté ». Autrement dit, cette opération de rappel est avant tout un acte de précaution. Elle vise à prévenir un risque potentiel avant même qu’il ne se matérialise. Néanmoins, l’importance de cette mesure ne saurait être sous-estimée. Ces deux produits sont en effet d’une banalité trompeuse, mais leur absence dans les stocks d’un hôpital peut paralyser des services entiers. C’est donc un véritable casse-tête logistique qui s’annonce pour les responsables d’établissements, contraints de vérifier leurs inventaires, d’isoler les lots suspects, puis d’organiser leur retour vers le fabricant.

Enfin, cette alerte sanitaire rappelle, si besoin était, la complexité de la mission confiée au ministère de la Santé publique. Entre la nécessité d’assurer l’approvisionnement constant du pays en médicaments et produits essentiels, et l’obligation tout aussi impérieuse de garantir la qualité et la sécurité de ces mêmes produits, l’équilibre est parfois difficile à trouver.

Le Dr Manaouda Malachie, en signant cette circulaire, démontre en tout cas qu’aucun compromis n’est acceptable lorsqu’il s’agit de la sécurité des patients. Car dans le domaine de la santé, la vigilance n’est pas une option : c’est un devoir permanent. Et c’est bien parce que rien ne s’est encore produit que tout doit être mis en œuvre pour que rien ne se produise.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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