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Souveraineté sanitaire africaine : 2 millions d’agents communautaires à recruter d’ici 2030

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Réunis sous l’égide de l’Union africaine, ministres de la Santé et des Finances appellent à un investissement massif dans les ressources humaines. Objectif : renforcer la souveraineté sanitaire et accélérer la couverture santé universelle.

Un impératif pour la souveraineté sanitaire

S’exprimant au nom du Champion de l’UA pour les Ressources humaines en santé, le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, le vice-président Kashim Shettima a déclaré : « L’Afrique ne peut atteindre la couverture sanitaire universelle ni protéger ses populations contre les pandémies sans investir dans son personnel de santé. La souveraineté sans normes n’est pas une souveraineté ; c’est une exposition au risque. »

Le constat est alarmant : bien que l’Afrique supporte plus de 25 % de la charge mondiale de morbidité, elle fait face à une pénurie critique de professionnels de santé. L’Organisation mondiale de la santé projette un déficit de plus de six millions d’agents de santé d’ici 2030.

Cette situation menace les progrès en matière de vaccination, de détection précoce des épidémies et d’accès aux soins primaires essentiels, notamment pour la santé maternelle et infantile, la prise en charge des maladies chroniques et les services préventifs.

Un investissement rentable

Selon le Continental Health Workforce Investment Case de l’Africa CDC, chaque dollar investi dans le personnel de santé pourrait générer jusqu’à 19 dollars de retombées économiques. À l’inverse, l’inaction pourrait coûter au continent 1 400 milliards de dollars d’ici 2030.

Pour constituer une force de deux millions d’agents de santé communautaires, environ 4,3 milliards de dollars par an seront nécessaires.

Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a souligné : « Les preuves sont sans équivoque : investir dans les ressources humaines en santé en Afrique n’est pas une dépense, mais un investissement stratégique pour la sécurité sanitaire et la résilience économique. »

Le Nigeria en chef de file

Le Nigeria entend montrer l’exemple. Le ministre coordinateur de la Santé et du Bien-être social, Muhammad Ali Pate, a annoncé : « D’ici 2027, nous visons le déploiement de 100 000 agents de santé communautaires salariés, intégrés dans nos systèmes de santé étatiques. »

Il a insisté sur la nécessité de reconnaître officiellement ces agents, de les réglementer, de les professionnaliser et de les intégrer pleinement aux systèmes nationaux.

Des progrès encore insuffisants

Une enquête conjointe Africa CDC–UNICEF révèle que 1,042 million d’agents de santé communautaires étaient déployés en 2024. Toutefois, la densité reste faible : 7,5 agents pour 10 000 habitants, loin du seuil de 25 pour 10 000 fixé par Africa CDC pour atteindre un taux de couverture sanitaire universelle de 70 % d’ici 2030.

Seuls six pays financent plus de 80 % de leurs programmes d’ASC sur ressources domestiques, et seize disposent de parcours de carrière structurés.

Accélération continentale

Des pays comme le Nigeria, le Sénégal, l’Éthiopie et le Malawi démontrent qu’une expansion à grande échelle est possible avec un engagement politique fort et un financement national solide, aligné sur l’Agenda de Lusaka.

Les dirigeants ont exhorté les États membres à : intégrer les investissements dans les ressources humaines en santé dans les budgets nationaux ; protéger les dépenses de première ligne ; renforcer la coordination entre ministères de la Santé et des Finances ; mettre en œuvre les mécanismes continentaux de redevabilité, notamment le Compact de l’UA sur les ressources humaines en santé et le Scorecard continental de santé communautaire.

Dans le communiqué adopté le 13 février 2026, il a été décidé que l’Africa CDC et le Mécanisme continental de coordination pour la santé communautaire convoqueront une réunion à Abuja avant juin 2026 pour lancer le Plan d’accélération continental et le renouvellement des plans nationaux.

La rencontre était organisée conjointement par Africa CDC, la Commission de l’Union africaine et le gouvernement du Nigeria.

À l’horizon 2030, l’Afrique joue une partie décisive : transformer sa pénurie de soignants en moteur de résilience sanitaire et de croissance économique.

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MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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