Dans un entretien exclusif, le Dr Thomas Bolivar, Sous-Directeur en charge de la Médecine du Sport au ministère des Sports et de l’Éducation physique ; Expert spécialiste en Médecine du sport et de l’Exercice FMSB/Excuss ONMC 9131 ainsi que médecin référent des Sélections Nationales du Cameroun parle de l’impact de l’activité sexuelle sur la performance d’un athlète ou d’un travailleur.
Docteur, quel rapport peut-on établir entre l’activité sexuelle d’un athlète ou un citoyen lambda et son impact sur ses performances sportives ou professionnelles ?
Ce qu’il faut savoir c’est que l’activité sexuelle d’un sportif est plus tonique et vive que celle d’un citoyen lambda. Car, le sport augmente la libido des individus contrairement à chez les citoyens lambda ou nous avons parfois des personnes sédentaires dont la libido chute de manière abusive à cause de la non pratique de l’exercice physique pouvant parfois entraîner les éjaculations précoces ou certains troubles érectiles.
Mais néanmoins, il est à noter que le sport a un effet néfaste sur la performance sportive. Car, dans un rapport sexuel normal, l’individu perd environ dans les 25 à 50 calories à travers l’éjaculat. Mais si le rapport sexuel met au moins 1h de temps, il perd environ dans les 250 à 300 calories à travers l’éjaculat soit l’équivalent d’une séance d’entraînement. Il se posera donc un problème de récupération, vu que avant ladite compétition il y’a une phase de pré compétition ou l’athlète est soumis à des séances d’entraînements ( soit 1 ou 2 séances par jour) ce qui peut l’exposer par la suite au surentraînement ou au sous entraînement sans oublier les risques accrus de blessures, pourquoi pas un arrêt cardio respiratoire car entre les phases de pré compétitions et compétitions, il y a des pertes énormes en énergie qu’il faut combler, surtout si l’athlète qui est censé compétir a eu à faire un rapport sexuel de manière frauduleuse.
Au niveau de l’activité professionnelle, le manque de rapport sexuelle crée une certaine irritabilité, nervosité lié au faite qu’il y’a une excroissance des hormones chez l’homme (testostérone) ou chez la femme constituant de véritable sources d’énergies (œstrogènes, progestérone). De même, il n’est pas à exclure que lorsqu’il y a une surcharge de l’hormone mâle lié au faite que le sédentaire, le sportif ou toute autre personne pratiquant l’exercice physique ne pratique pas de manière normale les rapports sexuels en fonction du type d’activité que chacun mène il n’est pas exclu entre autre que ces derniers soient exposés à long terme à un adénocarcinome de la prostate (cancer de la prostate).
Quels sont les effets physiologiques de l’activité sexuelle sur le corps humain ?
L’activité sexuelle chez l’homme entraîne une production instantanée et un flux de l’hormone mâle : la testostérone. Chez la femme, l’œstrogène et la progestérone sont produites avec un flux de l’hormone œstrogène. Ce qui entraînera entre autre chez l’homme et la femme, la production de l’hormone prolactine qui permet la sécrétion du lait et qui est produit en flux chez l’homme comme chez la femme lors des rapports sexuels. Cette hormone produite par le cerveau au niveau de l’hypophyse qui est une glande, favorisera après les éjaculats une chute de la libido en faisant décroître le désir sexuel. Au niveau cérébral, cette hormone prolactine entraînera par la suite une diminution de la dopamine, un neurotransmetteur médiateur de l’entrain, de la sensation d’énergie et de l’agressivité. Cette augmentation de prolactine après un orgasme favorisera une satiété sexuelle. Il sera important de noter entre autre que lorsqu’elle est produite en quantité importante après un rapport sexuel ou une masturbation, la prolactine est l’hormone qui favorise l’endormissement après un rapport sexuel. Elle ne redescendra que 1h après le rapport sexuel.
Il faut aussi noter entre autres que lors de la pratique sportive, les hormones tels que : la dopamine, la sérotonine, l’ocytocine sont produites et vont procurer un sentiment de motivation, plaisir et bonheur. Bref, une sensation de bien-être mettant l’individu dans les bonnes dispositions pour faire l’amour.
Comment l’activité sexuelle peut-elle affecter la récupération après un entraînement intensif ou une journée de travail épuisante ?
L’activité sexuelle peut affecter la récupération surtout si elle se fait de manière frauduleuse, sans l’avis du médecin de sport. Car, après une activité sexuelle, l’athlète doit idéalement bénéficier de 24h de récupération au repos strict ou minimalement 12h et si cela n’est pas respecté, il s’exposera éventuellement au surentraînement, voir sous entraînement, accompagné des risques de blessures, et aussi de mort subite. Car, cela affectera la VO2 max, la FCMAX de l’athlète ainsi que sa VMA si les pertes énergétiques ne sont pas rapidement restaurées.
Comment l’activité sexuelle peut-elle influencer l’état mental et la motivation d’un athlète ou d’un travailleur ?
L’activité sexuelle peut influencer l’état mental de l’athlète s’il y a une excroissance de l’hormone mâle et femelle. Ce qui rendra l’athlète irritable, brutale avec une nervosité dont nul n’est pareil. Ce qui peut être un effet positif pour l’entrée en compétition.
Quel est l’impact de l’activité sexuelle sur le stress et l’anxiété rencontrée par l’athlète ou le travailleur ?
L’excroissance abusives des hormones androgènes chez l’homme (testostérone) et des hormones telles que : l’œstrogène et la progestérone chez la femme entraîneront inéluctablement le stress chez les sportifs. Par contre, chez le travailleur, le stress et l’anxiété seront de mise. C’est pourquoi, tout rapport sexuel est considéré comme étant un anti-stress et un myorelaxant.
Pouvez-vous citer des études ou des recherches notables sur ce sujet et leurs conclusions ?
Une étude Britannique de Sue Ryder menée auprès de 2000 personnes a pu démontrer que la libido augmente abusivement chez les sportifs. Ce qui faisaient que parmi 2000 personnes, ceux pratiquant couramment le sport parmis lesquels : les coureurs et autres avaient une envie fréquente de faire les rapports sexuels sur surveillance afin que cela ne puisse pas impacter sur leur performance sportive.
Une autre étude dans le journal of sexual Médecine a pu démontrer qu’il n y a aucune différence de force musculaire entre les athlètes qui ont eu les rapports sexuels a la veille de l’exercice et qui ont bénéficié de 24h de repos strict et ceux qui se sont abstenus car les performances étaient les mêmes. Mais, il faut quand même signaler que des boxeurs de renoms tels que : Muhammad Ali ou Carl Froch avait déclaré ne jamais avoir eu des rapports sexuels avant la compétition de peur que cela puisse avoir un impact négatif sur leur performance.
En revanche, il est clair qu’une nuit de folie, excès compris, ne peut que nuire à la pratique du sport. Mais cela sera davantage lié au manque de sommeil et/ou à l’abus d’alcool qu’à cause de votre coït qui, en moyenne, on le rappelle, dure 5,4 minutes hors préliminaires.
Comment les entraîneurs et les équipes peuvent-ils aborder cette question avec les athlètes de manière appropriée et respectueuse ?
Les entraîneurs doivent s’entourer des meilleurs cliniciens en médecine sportive pour aborder cette question qui s’avère de plus en plus pertinente.
Combien de rapports sexuels un sportif doit entretenir par mois pour stimuler sa performance ?
Pour un sportif, 2 à 3 rapports sexuels par mois serait l’idéal. Un nombre plus élevé aura à coup sûr un impact sur sa performance.
Quel est l’impact du sport sur les organes génitaux de l’athlète ou du travailleur ?
Le sport peut avoir un impact sur les organes génitaux chez l’athlète ou le travailleur. Nous pouvons citer entre autre chez l’homme : des pubalgies, les claquages au niveau du muscle adducteur ou des élongations de ce muscle ainsi que certains cas de traumatismes indirects liés au mauvais port de charge. Nous pouvons aussi avoir entre autres : une hernie inguinale ou inguino scrotale.
Quelles sont vos recommandations pour les athlètes et les entraîneurs en ce qui concerne la gestion de leur vie sexuelle afin de maintenir leur performance athlétique et professionnelle au beau fixe ?
Pour les entraineurs, l’activité sexuelle est indispensable pour leur vie de tous les jours minimalement 3 à 4 fois/semaine et elle n’aura aucun impact sur leur exercice physique quotidien. Pour les athlètes, l’idéal serait de limiter au maximum la pratique de l’activité sexuelle. Car, cela influence inéluctablement au niveau de la récupération et les pertes énergétiques ne sont pas négligeables. C’est pourquoi, chaque athlète doit s’entourer d’un bon clinicien en Médecine du sport et d’un coach consciencieux pour que cela n’ait pas un impact négatif sur la performance sportive.
Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI












































































































































































































































































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