Le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) mise sur un nouveau mécanisme de financement, déléguant à la Banque des PME l’octroi de crédits aux producteurs privés, afin de stimuler durablement la production nationale.
Face à un déficit commercial persistant dans les filières animales, le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) opère un recentrage stratégique. Pour l’année 2026, il place la production locale de poisson et de lait au cœur de son action, sous l’égide du Plan Intégré d’Import Substitution Agro-pastoral (PIISAH). Cette orientation vise non seulement à réduire la facture des importations, mais aussi à consolider l’autonomie et la résilience économique du secteur.
Cette décision s’inscrit dans une logique de réponse aux déséquilibres structurels. En effet, le Cameroun consacre des ressources substantielles à l’importation de produits laitiers et halieutiques pour combler l’écart entre une demande croissante et une production nationale encore insuffisante. Par conséquent, le PIISAH apparaît comme le cadre opérationnel idoine pour inverser cette tendance. Il s’agit, in fine, de stimuler une production endogène compétitive, de créer des emplois locaux et de garantir la qualité des produits disponibles pour les consommateurs camerounais.
Un mécanisme financier innovant pour catalyser l’investissement privé
L’originalité de l’approche 2026 réside dans un changement de modalité de soutien aux acteurs. Comme l’a précisé Soualiou Kouotou Njimogny, Sous-Directeur du Budget, du Matériel et de la Maintenance au MINEPIA, « le budget alloué aux acteurs privés impliqués dans la production de lait et de poisson sera transféré à la Banque des PME ». Ce dispositif marque une évolution significative. Plutôt qu’un soutien direct, l’État mise sur un partenariat renforcé avec l’institution financière dédiée aux petites et moyennes entreprises. Ainsi, les financements seront distribués sous forme de crédits, favorisant une logique d’investissement responsable et de viabilité économique des projets soutenus.
Des impacts attendus sur toute la chaîne de valeur
Cette réorientation budgétaire est conçue pour maximiser l’impact sur le terrain. En pratique, elle doit permettre aux éleveurs, pisciculteurs et transformateurs de moderniser leurs équipements, d’augmenter leurs capacités de production et d’améliorer la qualité de leurs produits. Dans le secteur laitier, l’enjeu est de structurer la collecte et de développer la transformation locale. Pour la pisciculture, l’objectif est d’intensifier une production durable, notamment en valorisant les espèces locales, afin de réduire la pression sur les stocks halieutiques naturels et les importations massives de poisson congelé.
Vers une autonomie stratégique renforcée
En définitive, la priorité accordée au lait et au poisson en 2026 symbolise une volonté politique affirmée de reprendre en main la sécurité alimentaire du pays. En canalisant les ressources vers la Banque des PME, le MINEPIA mise sur l’efficacité et la pérennité du secteur privé pour y parvenir. Si les modalités pratiques de ce transfert et les critères d’éligibilité des projets restent à préciser, cette annonce lance un signal fort aux professionnels. Elle dessine les contours d’une année décisive où la souveraineté alimentaire se construira, concrètement, à travers l’empowerment des producteurs locaux et la modernisation de deux filières d’importance vitale.













































































































































































































































































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