Dans la région du Nord, la sensibilisation progresse et le dépistage gagne du terrain, mais l’information sur les facteurs de risque reste essentielle pour renforcer la prévention.
La lutte contre le cancer du sein connaît une avancée notable dans la région du Nord. Longtemps entourée de silence et de tabous, cette maladie redoutable, responsable de nombreux décès et de profondes blessures au sein des familles, est désormais au cœur des discussions publiques. Les professionnels de santé multiplient les campagnes de sensibilisation, notamment à travers les initiatives d’Octobre Rose, tandis que les femmes, de plus en plus nombreuses, fréquentent les structures sanitaires pour se faire dépister.
À Garoua, cette dynamique est visible dans les hôpitaux qui organisent régulièrement des campagnes de dépistage gratuit et accueillent un afflux important de patientes. Une habitude qui s’installe progressivement et qui favorise un bouche-à-oreille positif. « Je me fais régulièrement dépister et j’invite les femmes à le faire, car s’il y a un cancer et qu’il est détecté tôt, la prise en charge devient plus facile », confie Madame Lassango, enseignante à Garoua. Comme elle, Sabine, mère au foyer, dit effectuer son dépistage au moins une fois par an et sensibiliser son entourage à l’importance de ce geste préventif. « La prévention peut être primaire ou secondaire. c’est d’éviter tout ce qui est facteur de risque modifiable. Un auto-examen du sein à partir de l’âge de 20 ans devient nécessaire. Et aussi, se faire dépister par la mammographie à partir de 40 ans, voire 50 ans. » clarifie le Dr Abba Zainab, oncologue médical
Si la mobilisation progresse, la prévention passe aussi par une meilleure connaissance des facteurs de risque du cancer du sein. « Ils existent plusieurs facteurs de risque du cancer de sein parmi lesquels, les facteurs modifiables et les facteurs non modifiables. Parmi eux figurent l’âge avancé, les antécédents familiaux, certaines mutations génétiques, l’exposition prolongée aux hormones, l’obésité, la consommation d’alcool, la sédentarité et parfois des grossesses tardives ou l’absence d’allaitement. » rappelle le Dr Abba Zainab, oncologue médical. Bien que tous ces facteurs n’entraînent pas systématiquement la maladie, leur accumulation augmente les probabilités d’apparition du cancer, d’où l’importance d’un suivi médical régulier.
Parallèlement, la pyramide sanitaire de la région s’est renforcée ces dernières années. La création d’infrastructures majeures, à l’exemple de l’hôpital général et du centre hospitalier de Garoua, la rénovation et l’équipement d’anciens hôpitaux ainsi que l’affectation d’oncologues ont considérablement amélioré la prise en charge des cancers, en particulier celui du sein. Aujourd’hui, plusieurs femmes suivent un traitement dans la ville, avec un accompagnement médical plus structuré qu’auparavant.
Cependant, malgré ces avancées, la sensibilisation n’a pas encore atteint toutes les couches de la population. Certaines femmes craignent encore de se faire dépister, redoutant un diagnostic qui bouleverserait leur quotidien. D’autres vivent dans des zones rurales éloignées des structures hospitalières adaptées, où les centres de santé intégrés ne disposent pas toujours de l’expertise nécessaire pour conduire des examens approfondis. Ces obstacles freinent l’accès équitable au dépistage et à la prévention.
À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée le 4 février, les acteurs de la santé rappellent que la lutte contre le cancer du sein ne doit pas se limiter à une période donnée de l’année. Elle doit s’inscrire dans un effort continu d’information, de sensibilisation et d’accompagnement des femmes, en insistant sur l’importance du dépistage précoce et de la connaissance des facteurs de risque.













































































































































































































































































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