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Hôpital de District de Nkolndongo : La Formation sanitaire qui ne dort jamais

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De jour comme de nuit, l’Hôpital de District de Nkolndongo (HDN) veille sur 14 villages de l’arrondissement de Yaoundé 4 avec la régularité d’un métronome.

Il est 23 heures, un soir de semaine, à Nkolndongo. Dans les ruelles qui ceinturent l’hôpital, la vie ralentit. Les derniers vendeurs de beignets plient leurs étals. Les motos-taxis se font rares. Pourtant, derrière les murs ocres de la formation sanitaire, une lumière ne s’éteint jamais. Au bloc, un chirurgien termine une césarienne d’urgence. En réanimation, une équipe veille un polytraumatisé. À la banque de sang, un laborantin vérifie les poches. À l’accueil, une infirmière oriente une parturiente dont les contractions s’accélèrent. Ce rythme cardiaque, battu sans relâche depuis vingt ans, est celui d’une institution devenue, par la force du poignet et l’organisation militaire, la formation sanitaire publique de 4e catégorie la plus structurée de l’arrondissement de Yaoundé 4. Un vaisseau amiral amarré au cœur de l’aire de santé Nkolndongo, qui fête cette année ses deux décennies d’existence avec une fierté légitime et un regard tourné vers l’avenir.

 23 août 2005 : l’arrêté qui changea tout

C’était un arrêté ministériel comme il en existe des centaines. Un numéro banal, administratif, sans âme : le n°2022.A/MSP/DOTSTS/SDSSP/SVDS du 23 août 2005. Pourtant, ce jour-là, dans l’anonymat des décrets, se jouait le destin sanitaire de 14 villages et de dizaines de milliers d’âmes. Le Centre Médical d’Arrondissement de Nkolndongo, structure modeste aux moyens limités, devenait officiellement Hôpital de District. Une promotion qui, sur le papier, n’engageait qu’un changement de statut. Dans les faits, elle allait sceller vingt ans de transformation continue, portée par une lignée de médecins-chefs qui, chacun à sa manière, ont posé une pierre à l’édifice.

Le Dr FOUDA Emilien (2002-2005) d’abord. Celui qui pose les premières fondations. Il imprime la culture du travail bien fait, cette rigueur quasi militaire qui, deux décennies plus tard, irrigue encore chaque service. Le Dr ZAMBO Esther (2005-2012) lui succède. Elle féminise l’encadrement, structure les services maternels, fait de la gynécologie un sanctuaire. Le Dr FOUDA Marguerite (2012-2019) consolide les acquis, élargit l’offre de soins spécialisés, ouvre le champ des possibles. Le Dr GUEKEME Joseph (2018-2024) impulse la modernisation architecturale, repense les espaces, fait entrer la lumière. Aujourd’hui, le Dr NGOUJOU Junior Francis, porté par la jeunesse et une vision claire, tient la barre. À 20 ans, l’hôpital à l’âge de la maturité. Et son nouveau commandant entend maintenir le cap vers l’excellence totale.

Trois bâtiments, trois pôles, une mécanique de précision

L’architecture de l’établissement raconte à elle seule cette montée en gamme. Loin du traditionnel alignement de bâtiments fatigués où les services s’empilent dans la promiscuité, le HDN s’articule autour de trois pôles d’excellence parfaitement intégrés, pensés, connectés.

Le bâtiment administratif abrite la coordination générale. C’est là que le Directeur veille à la mécanique. Là que le Programme Élargi de Vaccination et la surveillance épidémiologique traquent les menaces invisibles. Là que l’économat et la régie financière assurent que l’argent public ne se perd pas en route. Chaque service a son major. Chaque unité a son chef. L’organisation, ici, est un dogme. Le bâtiment haut standing est le véritable écrin technique. En entrant, le visiteur comprend immédiatement qu’il n’est pas dans un dispensaire ordinaire. Soins intensifs et urgences vitales, bloc opératoire flambant neuf, réanimation, hospitalisation, néonatalogie, consultations générales, chirurgie dentaire, cardiologie, laboratoire d’analyses médicales et banque de sang : tout est concentré dans un espace pensé pour la fluidité et l’efficacité.

Un concentré de technologies que beaucoup de districts, y compris de catégorie supérieure, envient silencieusement. Les deux bâtiments annexes complètent cet arsenal avec une intelligence fonctionnelle. Le premier est dédié à la gynécologie obstétrique et à la maternité complète. Le second, entièrement réservé à la prise en charge des Personnes Vivant avec le VIH et de la tuberculose, est accolé aux services de Planification Familiale. Une organisation qui dit tout de la priorité accordée à la santé de la mère, de l’enfant et des plus vulnérables. Sans oublier les services transversaux que sont la Prévention et Contrôle de l’Infection (PCI), l’hygiène, le gardiennage et la gestion des données. Autant de maillons essentiels d’une chaîne de soins parfaitement huilée où chaque rouage, du plus modeste au plus stratégique, participe à la même mécanique.

150 agents, une seule âme

Ce qui frappe d’emblée, c’est cette atmosphère particulière qui n’appartient qu’au HDN. Dès le portail franchi, le regard est attiré par ces agents à la tenue immaculée, ces blouses d’une blancheur éclatante qui tranchent avec la grisaille ambiante. L’agent d’accueil, identifiable au premier coup d’œil, oriente avec une précision chirurgicale. Pas d’agitation désordonnée. Pas de ces interminables files où l’on perd sa dignité en même temps que son temps. « Ici, nous avons fait du B.a.-BA de l’accueil notre marque de fabrique », confie le Surveillant Général, chef du personnel. « Chaque patient qui franchit cette porte est un hôte. Nous ne soignons pas seulement des corps, nous recevons des personnes. » Cette philosophie se lit dans les moindres détails. Les couloirs arborent une propreté qui confinerait à l’obsession si elle n’était pas si naturelle. Les équipes d’hygiène, visibles et efficaces, veillent au grain. Les chariots de nettoyage suivent des circuits précis, balisés, protocolisés. Rien n’est laissé au hasard. La discipline, ici, n’est pas un vain mot.

Les 150 agents, qu’ils soient fonctionnaires d’État ou personnels d’appui, respectent une rigueur quasi militaire dans l’exécution des tâches. 73 % de l’effectif sont des fonctionnaires, garants de la norme publique et de la continuité républicaine. 27 % sont des personnels d’appui à solde locale, cette force vive que l’établissement prend en charge sur ses propres deniers. « Nous avons choisi de transformer notre principal défi en force », explique le Dr NGOUJOU Junior Francis. « Ces 27 % de personnels d’appui ne sont pas des “bénévoles” au sens réducteur du terme. Ce sont des professionnels engagés, formés, intégrés. Leur présence est notre force. Leur dévouement, notre fierté. » Plannings de roulement, tableaux de garde, calendriers de permanence : chaque minute est comptée, chaque présence tracée, chaque geste protocolisé. À 23 heures comme à 5 heures du matin, le visiteur trouvera une équipe. Un dimanche comme un jour de fête, l’hôpital tourne.

 La montée en gamme des spécialités

Longtemps cantonnés aux soins généraux, le HDN déploie désormais un éventail de spécialités qui le hisse au niveau des formations sanitaires de référence. Les consultations ORL tournent à plein régime, attirant des patients venus d’autres districts. Le service de pédiatrie, structuré autour d’une équipe soudée, affiche des taux de prise en charge qui feraient pâlir d’envie bien des structures privées. L’endocrinologie, service rare en district, répond à une demande croissante des patients diabétiques et thyroïdiens. L’effectif parle de lui-même : 7 médecins généralistes, 5 chirurgiens-dentistes, 1 radiologue, 1 endocrinologue, sans compter les infirmiers anesthésistes, les techniciens supérieurs, les sages-femmes, les laborantins et tout le personnel paramédical. Le HDN offre désormais une palette de soins qui dépasse largement le Paquet Complémentaire d’Activités exigé par son cahier des charges. Gratuité ciblée pour le paludisme, le VIH et la tuberculose. Consultations ambulatoires. Hospitalisations. Urgences-réanimations. Chirurgies programmées ou en urgence. Le cahier des charges est non seulement respecté, mais systématiquement dépassé.

 Un leadership assumé dans le district de la santé

Limitrophe des hôpitaux de la Cité Verte, de Mvog Ada, de Nkomo et d’Efoulan, le HDN assume pleinement son statut de « formation sanitaire leader de l’aire de santé Nkolndongo 1 ». Un leadership gagné à la force du poignet, à coups de nuits de garde et de journées continues. « Quand vous arrivez chez nous à 23 heures, vous trouvez une équipe. Quand vous arrivez à 5 heures, vous trouvez une équipe. Quand vous arrivez un dimanche, vous trouvez une équipe. Nous sommes un hôpital qui ne dort jamais », résume un major de service, le regard fatigué mais la voix ferme. Cette permanence des soins, ce souci du détail, cette obsession de la propreté, cette culture de l’accueil ne doivent rien au hasard. Ils sont le fruit de vingt années d’apprentissage organisationnel, de transmission entre équipes dirigeantes, de consolidation progressive des acquis. Chaque directeur a reçu un témoin et l’a passé, parfois augmenté, jamais amoindri.

2026 : les défis de la maturité

Vingt ans, c’est l’âge de la maturité. Pour l’Hôpital de District de Nkolndongo, c’est aussi celui des nouveaux défis. Comment maintenir l’excellence dans un environnement budgétaire contraint où chaque franc compte ? Comment pérenniser le statut des 27 % de personnels d’appui dont le dévouement fait aujourd’hui la réputation de l’établissement ? Comment continuer à innover quand les besoins de santé de la population de Yaoundé 4 ne cessent de croître, portés par une démographie galopante et l’émergence de nouvelles pathologies ? Les réponses, le Dr NGOUJOU Junior Francis et ses équipes les construisent chaque jour, dans le silence des bureaux et l’urgence des couloirs. Sans tambour ni trompette. Sans conférence de presse ni discours grandiloquents. Simplement en continuant à faire ce qu’ils font depuis vingt ans : soigner, organiser, former, transmettre.

En attendant, le visiteur repart du HDN avec cette conviction rare, presque dérangeante tant elle contredit le discours ambiant sur la déliquescence du service public : ici, au cœur d’un arrondissement populaire de Yaoundé, des femmes et des hommes ont réussi à bâtir un sanctuaire de soins où la technique n’écrase jamais l’humain, où la rigueur n’exclut pas la chaleur de l’accueil, où l’urgence n’efface pas la dignité. Vingt ans après sa transformation en hôpital de district, Nkolndongo n’est plus seulement un nom sur une carte sanitaire. C’est devenu une référence. Une preuve vivante que l’excellence hospitalière n’est pas qu’une affaire de moyens, mais aussi et surtout d’organisation, de discipline et de cœur. Une preuve que, dans un système de santé souvent mis à rude épreuve, il existe encore des havres où la République tient ses promesses.

Interview

 « À Nkolndongo, le patient est d’abord soigné, ensuite il paie »

Dr NGOUJOU-MBIAYA Francis Junior, directeur de l’hôpital de district de Nkolndongo.

Depuis janvier 2024, le Dr NGOUJOU-MBIAYA Francis Junior dirige l’hôpital de district de Nkolndongo. Vingt-deux ans d’expérience, neuf affectations à travers le pays, du Nord à la capitale : ce médecin généraliste aguerri a posé ses valises dans l’un des arrondissements les plus populaires de Yaoundé pour y insuffler une dynamique nouvelle. Réouverture du bloc opératoire, création d’une banque de sang, installation d’un service de néonatologie, cure de jouvence des infrastructures… À la tête d’un établissement qui fête ses vingt ans d’existence, le directeur se confie sur sa vision, ses combats et la philosophie qui l’anime : soigner d’abord, encaisser ensuite. Rencontre avec un patron qui a fait de la propreté et de l’accueil ses marques de fabrique.

Pouvez-vous vous présenter ?

Bien, je suis le Dr NGOUJOU-MBIAYA Francis Junior, directeur de l’hôpital de district de Nkolndongo depuis janvier 2024. Je suis médecin généraliste et j’ai accumulé à peu près 22 ans d’expérience professionnelle. Je suis issu de la 28e promotion. À ma sortie de l’école, en 2005, j’ai été affecté à l’hôpital de district de Mayo-Oulo, arrondissement de Mayo-Oulo, département du Mayo-Louti (chef-lieu : Guider), dans la région : Nord, Cameroun.

Après de Mayo-Oulo, je suis parti comme Médecin chef à Mbaï-Mboum. De Baï- Mboum, je suis allé comme directeur à l’hôpital de Touboro. De Touboro, je suis allé comme chef d’antenne à l’hôpital de district de Rey-Bouba, où j’ai cumulé le poste de chef de district avec celui de directeur de l’hôpital. De Rey-Bouba, je suis parti comme directeur de l’hôpital de district de Mbandjock. De Mbandjock, je suis remonté au CMA d’ETOA (dans District d’Efoulan), à l’entrée de la ville de Yaoundé, venant de Douala. Et c’est au CMA d’ETOA que je suis arrivé ici, comme directeur de l’hôpital de district de Nkolndongo.

Quelle expérience gardez-vous de ce parcours aujourd’hui ?

Cette expérience, je dirais que c’est là où on apprend à se forger et à devenir un médecin plein et complet. Parce que c’est à l’issue de tout ce parcours et de toutes ces expériences que nous avons pu prendre en charge tout type de pathologie et nous imprégner aussi du management proprement dit, puisque notre formation initiale ne couvrait pas cet aspect. C’est donc sur le terrain, avec l’appui des collaborateurs et grâce à ces fortes expériences, que nous nous sommes formés et que nous pouvons faire ce que nous faisons aujourd’hui.

En tant que directeur de l’hôpital de district de Nkolndongo, pouvez-vous nous présenter cette formation sanitaire et ses différentes missions ?

 L’hôpital de district de Nkolndongo est un hôpital de quatrième catégorie situé dans l’arrondissement de Yaoundé IV. Nous avons pour mission de prendre en charge la population de Yaoundé IV et de ses environs. L’hôpital de district de Nkolndongo est l’hôpital de référence dans cet arrondissement. Notre vocation est de prendre en charge toutes les pathologies. En fonction des limites de notre plateau technique, nous avons pour mission de référer les cas complexes vers l’hôpital de référence qu’est l’Hôpital Central.

Pouvez-vous revenir sur l’évolution historique de l’hôpital ?

L’hôpital de district de Nkolndongo est l’ancien PMI. Il a été érigé en hôpital de district. C’est d’ailleurs cet héritage qui fait que, encore aujourd’hui, beaucoup l’appellent « le PMI », car c’était historiquement un centre de prise en charge des mères et des enfants. À l’époque, le plateau technique ne permettait pas d’opérer, et la plupart de nos malades étaient référés vers l’Hôpital Central. Quand je suis arrivé ici en 2024, j’ai trouvé des locaux assez dépassés, vétustes. J’avais heureusement un bâtiment déjà construit, mais inoccupé depuis près de quatre ans. Je ne sais pourquoi. J’ai dû utiliser d’autres moyens pour pouvoir l’intégrer. Ce bâtiment avait servi de centre de prise en charge du COVID-19 et du choléra. Au vu de cela, j’ai utilisé cette jurisprudence : si l’État lui-même avait utilisé ce bâtiment, pourquoi ne pas l’utiliser pour sortir les malades des conditions précaires et des structures provisoires ? Nous avons donc pu intégrer ce bâtiment quelques mois après mon arrivée. Nous avons effectué quelques retouches intérieures, rénové la peinture, rafraîchi les murs, revu les problèmes de plomberie liés à la longue période d’inutilisation, et amélioré l’éclairage. Depuis notre arrivée, nous avons créé des services tels que la réanimation. Nous avons ouvert le bloc opératoire pour prendre en charge de bout en bout toutes les femmes enceintes qui arrivent ici et qui, si au décours de leur suivi, ne peuvent pas accoucher normalement par voie basse, puissent être opérées convenablement sur place. À côté de cela, nous avons innové au niveau du laboratoire en créant une banque de sang et un service de bactériologie. Face aux difficultés rencontrées par certains nouveau-nés, nous avons ouvert le service de néonatologie, avec une prise en charge complète : méthode kangourou, réanimation du nouveau-né, couveuses, et un service d’oxygène disponible 24 heures sur 24.

Quelles sont les spécialités majeures qui, aujourd’hui, évitent aux populations de se déplacer vers les grands centres de santé de la ville ?

Déjà, au niveau de la chirurgie, comme je le disais, nous avons ouvert un bloc opératoire. Nous avons immédiatement saisi le ministère de la Santé publique, qui nous a affecté un médecin chirurgien. Nous prenons en charge pratiquement toutes les chirurgies d’urgence, qu’il s’agisse de traumatologie, de chirurgie viscérale ou obstétrique. Nous prenons immédiatement les patients en charge. Certains arrivent sans moyens immédiats, mais notre vocation est d’abord de couvrir l’urgence, de lever le danger vital, avant d’envisager les aspects financiers avec eux. Il arrive que certains ne puissent pas payer, mais nous sommes tenus de prendre en charge tous ces malades qui nécessitent une intervention chirurgicale. À côté de cela, nous avons un service d’ORL avec des spécialistes, un service d’endocrinologie avec un spécialiste, un pneumologue, un cardiologue. Nous disposons donc d’une palette de spécialistes qui nous permettent de prendre en charge, aussi bien sur le plan médical qu’en urgence ou en réanimation, des pathologies complexes.

Quelle politique mettez-vous en place pour permettre aux populations d’accéder à tous ces soins ?

Les populations ont accès aux soins parce que les coûts n’ont pas augmenté. Ils restent les mêmes : 600 francs pour une consultation généraliste, 2000 francs pour une consultation spécialiste. À côté de cela, pour mieux nous faire connaître et vendre notre image, nous avons procédé à des campagnes de santé pour vulgariser nos différents services. Nous avons également mené des actions de sensibilisation à travers des activités : en fin d’année, nous avons invité la communauté et les responsables traditionnels, remis des prix, et vanté l’hôpital à travers ces manifestations.

En cas d’urgence, quelle est la garantie d’une prise en charge immédiate dans votre structure ?

La garantie d’une prise en charge immédiate, c’est que lorsque le patient arrive, il est d’abord directement pris en charge par le personnel soignant, avant que l’on examine avec les accompagnants leurs capacités financières. Notre vocation est d’élever d’abord l’urgence et de mettre la vie du patient hors de danger, avant de voir tout le nécessaire sur le plan financier.

Comment fonctionne le service des urgences ? Y a-t-il une équipe 24 heures sur 24 ?

Il y a une équipe qui se relaie 24 heures sur 24, chapeautée par un médecin, avec des cycles de rotation. Chacun intervient selon son planning d’activité. Nous avons du personnel infirmier et des aides-soignants disponibles 24 heures sur 24, conformément au planning établi par le surveillant général de l’hôpital.

Quelle idée avez-vous du type d’urgences que vous recevez ? Quel est le jour de la semaine où vous recevez le plus de cas ?

Le service des urgences fonctionne donc 24 heures sur 24, avec un médecin et du personnel. Les patients arrivent pour la plupart du temps : accidentés, accidents vasculaires cérébraux, syncopes, patients présentant des troubles cardiaques. Ces urgences sont prises immédiatement en charge. Nous disposons d’un personnel compétent et d’un équipement technique pour lever les urgences de réanimation. Les jours les plus fréquentés sont généralement les débuts de semaine. En fin de semaine, ce sont surtout les urgences : patients venant pour des complications, accidentés, accès palustres sévères avec atteinte cérébrale, prostrations, vertiges, incapacité de s’alimenter.

 Parlons des examens. Quels sont ceux que vous offrez aux populations ?

Généralement, nous faisons pratiquement tous les examens. Nous sommes en train d’investiguer, avec la présence du cardiologue, comment mettre en place d’autres examens que nous ne faisions pas, tels que les D-dimères, les troponines. Mais sinon, au laboratoire, tous les bilans se font : numération formule sanguine, biochimie, bactériologie. Vraiment, tous les examens. À côté de cela, comme je le disais, nous avons une banque de sang. Quand un malade arrive et nécessite une transfusion en urgence, nous transfusons même avant de recouvrer les frais.

Quels sont les coûts des examens ici ?

Les coûts des examens sont des coûts standards, homologués par le ministère de la Santé publique. Ils peuvent varier selon le type d’examen, mais dans l’ensemble, ce sont des coûts homologués.

Qu’en est-il de la pharmacie ?

L’hôpital de district est doté d’une pharmacie, ravitaillée en permanence par le Fonds régional. Parfois, certains partenaires nous apportent également un appui en médicaments pour accompagner la communauté. La pharmacie ouvre 24 heures sur 24. Les prix sont homologués par la CAMP et appliqués au niveau de l’hôpital.

Parlons du personnel. Combien de médecins généralistes, de spécialistes ?

L’hôpital de district de Nkolndongo compte 6 médecins généralistes, 5 chirurgiens-dentistes, 1 pneumologue, 2 endocrinologues, 2 médecins ORL, 1 pédiatre, 3 gynécologues, 1 radiologue, 1 chirurgien. À côté de cela, nous avons le personnel paramédical : techniciens médicaux, assistants médicaux, ingénieur biomédical, ainsi que des aides-soignants, des infirmiers diplômés d’État et des infirmiers supérieurs.

Et la maternité ? Quel est son niveau d’activité ?

La maternité de l’hôpital de district de Nkolndongo reçoit une moyenne de 50 accouchements par mois. Cela représente environ une femme et demie par jour.

Sur ces 50 accouchements, quelle est la proportion de césariennes ?

Sur les 50 accouchements, nous avons à peu près 15 à 20 femmes qui finissent sur la table d’opération, disons entre 10 et 20 césariennes par mois.

Revenons sur les difficultés que vous rencontrez. En termes d’infrastructures, matérielles et immatérielles, dans quelles spécialités avez-vous des besoins ? Quels messages souhaitez-vous faire passer au ministère de la Santé publique ?

Déjà, l’une des grosses difficultés, c’est l’accessibilité à la formation sanitaire. Quand vous voyez l’accès pour arriver à l’hôpital de district de Nkolndongo, nous avons une route totalement délabrée, difficilement accessible pour les malades, surtout les traumatisés, avec des risques d’aggravation. Nous avons également un problème de sécurité et d’éclairage de cette voie, car il arrive que des voyous et vandales attendent les malades dans les parages pour les arnaquer. À côté de cela, sur le plan du plateau technique, nous avons encore des besoins à satisfaire. Jusqu’ici, nous ne disposons pas de machine d’anesthésie. Nous avons, heureusement pour nous, de très bons anesthésistes qui nous permettent de mener des opérations malgré cette absence. Mais cette machine serait très importante pour prendre en charge d’autres types de pathologies chirurgicales. Quelques scopes multiparamétriques pour le suivi des patients en réanimation nous feraient également du bien, ainsi qu’un dispositif d’oxygène mural dans ce service.

Quels sont les services gratuits ici, en dehors de la couverture santé universelle ?

 En dehors des soins appliqués dans le cadre de la CSU, nous prenons également en charge les indigents à travers le service social, dont le rôle est de répertorier et vérifier la véracité de la situation d’indigence. Nous travaillons avec un orphelinat : quand ils ont des difficultés, ils nous réfèrent parfois des patients que nous prenons en charge gratuitement.

Et dans le cadre de la couverture santé universelle ?

 Dans le panier de soins de la CSU, nous prenons en charge de bout en bout tous les patients qui se présentent pour la tuberculose, du diagnostic au traitement, de façon gratuite. Les patients vivant avec le VIH-SIDA, du diagnostic au traitement, nous les prenons également de bout en bout. Nous prenons aussi en charge les femmes enceintes dans le cadre de la CSU, du suivi de grossesse jusqu’à l’accouchement, et les enfants de 0 à 5 ans, dans le cadre du paludisme et d’autres pathologies comme la drépanocytose.

J’ai été frappé, dès mon entrée dans cette formation sanitaire, par la propreté des lieux, des différentes salles de prise en charge, de l’hospitalisation, du laboratoire, et de bien d’autres services. Quel est le secret ?

Je vous l’ai dit tantôt : quand je suis arrivé, j’ai trouvé une formation sanitaire dans un état assez… je ne dirais pas déplorable, mais il fallait revoir beaucoup de points. Parmi les stratégies que nous avons mises en place, nous avons mis l’accent sur l’accueil du patient et la propreté. Parce que je pense que quand un malade est bien accueilli et dans un cadre propre, il est déjà guéri psychologiquement. Pour le reste, nous travaillons au quotidien sur la qualité des soins qui doivent être prodigués aux patients, et nous mettons en place tous les protocoles de prise en charge d’urgence pour que, quand le malade arrive, tout le monde puisse poser les actes et gestes nécessaires à la levée de l’urgence.

À côté de cela, nous travaillons en équipe, en collaboration avec le comité de gestion, sur les différentes faiblesses que nous identifions. Nous les intégrons dans l’avant-projet de budget afin de mettre un accent sur l’entretien des bâtiments, leur amortissement, la propreté. Nous faisons le maximum d’efforts pour que le patient se sente à l’aise à l’hôpital.

L’hôpital dispose-t-il d’une ambulance ?

Non, malheureusement. Comme je le disais, c’est l’une des grosses faiblesses de l’hôpital. Nous n’avons pas d’ambulance jusqu’ici.

Souhaitez-vous dire un mot sur la vaccination ?

La vaccination à l’hôpital de district se fait tous les jours. Nous donnons gratuitement les vaccins à tous les enfants nés à l’hôpital de district de Nkolndongo. Et pour les populations qui ne viennent pas bénéficier de cette vaccination, nous les atteignons à travers des campagnes de ratissage pour vacciner gratuitement les enfants.

Quelle est la capacité d’hospitalisation ?

Nous avons une capacité de 50 lits à l’hôpital de district de Nkolndongo.

Est-ce largement suffisant ou faut-il envisager plus ?

Je pense qu’avec les stratégies mises en place, d’ici quelques mois ou quelques années, nous aurons besoin de plus d’espace, car nous commençons déjà à être saturés, le cadre devient un peu étroit.

Monsieur le directeur, nous arrivons au terme de cet entretien. Y a-t-il un aspect que nous n’avons pas abordé et que vous souhaiteriez évoquer ?

Non, je pense que nous avons fait le tour des points positifs et des points à améliorer.

J’aurais une dernière question sur le nombre de patients que vous recevez par mois, par an.

Nous avons à peu près une moyenne de 300 malades par mois. Sur l’année, cela représente environ 7 000 à 8 000 malades.

Quels sont les services les plus sollicités ?

Les services d’hospitalisation les plus occupés sont le service de médecine, le service de pédiatrie et le service de gynéco-obstétrique.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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