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SANTE ANIMALE

Saison sèche : les éleveurs face au front sanitaire dans le Nord

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Dans la région du Nord, la saison sèche tend à son apogée et expose les ruminants à de multiples risques. Entre pénurie de pâturages, manque d’eau et maladies opportunistes, les éleveurs redoublent d’efforts pour préserver leurs troupeaux.

Dans la région du Nord, le mois de février marque l’apogée de la saison sèche. Le paysage a perdu sa parure verte. Les herbes sont rares, les sols poussiéreux et les points d’eau se font discrets. Pour les éleveurs de bovins, de chèvres et de moutons, cette période rime avec incertitudes et vigilance accrue. La santé des ruminants devient un défi quotidien, au cœur des préoccupations pastorales.

L’absence prolongée des pluies entraîne une rupture des pâturages. Les animaux peinent à trouver une alimentation suffisante et équilibrée. La maigreur s’installe, l’état corporel se dégrade, affaiblissant leur résistance naturelle face aux infections. Les carences nutritionnelles favorisent l’apparition de maladies parasitaires, digestives ou respiratoires.

Pour contourner la pénurie, les éleveurs multiplient les déplacements. La transhumance locale s’impose comme une stratégie de survie. « Je me lève très tôt pour conduire les bœufs à plus de 15 kilomètres de Garoua à la recherche des herbes fraîches », témoigne en langue locale Ibrahima Sadjo, éleveur installé à Djamboutou. Ces longues marches, sous un soleil ardent, fatiguent les animaux et les exposent à des blessures aux sabots ou à des contaminations sur des parcours partagés.

D’autres optent pour l’achat de fourrage lorsque leurs moyens le permettent. « Je vais acheter les herbes à Pitoa de temps en temps pour nourrir mes chèvres », précise Alphonse Bara, résident à Garoua. Mais cette solution représente un coût supplémentaire dans un contexte économique déjà difficile.

Le défi de l’eau est tout aussi pressant. Les mares se tarissent progressivement et les forages sont fortement sollicités. Les petits ruminants sont souvent abreuvés à proximité des habitations, à partir de réserves domestiques. Les bœufs, en revanche, parcourent plusieurs kilomètres avec leurs propriétaires pour rejoindre des points d’abreuvement encore fonctionnels. Ces trajets répétés augmentent le stress des animaux et les risques d’accidents ou de conflits d’usage autour de l’eau.

Sur le plan sanitaire, la saison sèche favorise la circulation de certaines affections. La poussière persistante irrite les voies respiratoires. Les parasites internes et externes trouvent un terrain favorable chez des animaux affaiblis. Les plaies non traitées peuvent rapidement s’infecter. Dans ces conditions, la moindre négligence peut entraîner des pertes importantes.

Face à ces menaces, la proximité avec les services vétérinaires apparaît comme un atout non négligeable. Les campagnes de vaccination, le déparasitage régulier et les conseils en alimentation constituent des mesures préventives essentielles. Les techniciens insistent sur l’importance de compléter la ration avec des sous-produits agricoles disponibles localement et de surveiller attentivement l’état général des bêtes.

La sensibilisation joue également un rôle clé. Informer les éleveurs sur les signes précoces de maladie, promouvoir l’hygiène des enclos et encourager la consultation rapide en cas de symptômes inhabituels permettent de limiter la propagation des infections. Dans un contexte de changement climatique où les saisons sèches semblent plus longues et plus intenses, l’anticipation devient une nécessité.

Réaction

“Le parasitisme, les tiques, les gales sont fréquents et affaiblissent la peau et le sang des animaux”

Dingao Ernest, Infirmier vétérinaire.

Pendant la saison sèche, les ruminants bovins, caprins dans le Nord Cameroun sont principalement menacés par la peste des petits ruminants, la malnutrition, les affections respiratoires, les parasites internes comme externes, la carence en eau et pâturages verts affaiblissent le système immunitaire rendant les animaux plus vulnérables à la déshydratation, à l’amaigrissement à la forte mortalité. Ces maladies sont principalement la peste des petits ruminants qui est une maladie virale très contagieuse qui se manifeste par la toux, la fièvre, une diarrhée avec l’écoulement nasal et oculaire. Nous avons également les maladies respiratoires, la poussière et les amplitudes thermiques que sont la chaleur et le froid. Ells favorisent la pasteuroleuse et la pneumonie. Le parasitisme, les tiques, les gales sont fréquents et affaiblissent la peau et le sang des animaux. Nous avons aussi entre autres les affections métaboliques, l’injection des fourrages très secs et rares peut provoquer des étouffements ou des indigestions. Les propriétaires d’animaux peuvent maintenant prendre conscience que la peste des petits ruminants peut être éradiquée si et seulement par la vaccination qui se fait en saison, c’est à dire avant la saison sèche. Le complément alimentaire fournit les tourteaux ou des blocs nutritionnels à ces animaux est la meilleure façon pour résoudre les affections métaboliques. Le déparasitage à travers les anti-deparasitants à l’instar de l’ivermectine, des albendazoles, des trypamidium peuvent avoir maintenant solutions aux parasites externes, internes comme sanguins.

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Marcus DARE

Journaliste Reporter d'Images

Marcus DARE, Journaliste Reporter d'Images, exerçant dans la ville de Garoua dans le Nord Cameroun. Passionné des questions de santé, il mène des recherches et réalise des interview avec les professionnels du secteur afin d'éclairer les populations sur l'éducation à la santé. En plus d'être journaliste, Marcus DARE est juriste.

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