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Violences faites aux femmes : Quand WhatsApp devient un bouclier

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Le Professeur Rose Leke, présidente de Higher Women, a présenté à la ministre Abena Ondoa la plateforme EVA, un outil digital accessible via WhatsApp permettant aux victimes de dénoncer les violences en toute anonymat et de bénéficier d’un accompagnement psychosocial.

Elles sont des milliers à subir en silence. Violences conjugales, agressions, harcèlement : au Cameroun, comme ailleurs, la parole des victimes reste trop souvent prisonnière de la peur et de l’isolement. Mais une révolution silencieuse est en marche. Ce mardi 17 février 2026, dans la salle de conférences du MINPROFF à Yaoundé, le numérique a tendu la main à l’action sociale. La Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, a reçu le Professeur Rose Leke, Présidente de l’association Higher Women, venue présenter EVA. Une plateforme digitale accessible via WhatsApp, conçue pour briser le silence et offrir aux femmes un outil de dénonciation, de suivi et d’autonomie. Plongée au cœur d’une innovation qui pourrait changer la donne.

Imaginez une femme, quelque part au Cameroun. La nuit tombe, les portes se verrouillent, et avec elles, sa voix. Elle subit, elle tait, elle endure. Jusqu’ici, pour elle, le courage de dénoncer rimait avec le risque d’être identifiée, jugée, exposée. Mais si, demain, ce courage pouvait prendre la forme d’un simple message sur WhatsApp ? Si un outil aussi familier que l’application verte pouvait devenir un rempart, une main tendue dans l’ombre ? Ce rêve, né dans l’esprit des femmes de l’association Higher Women, est en train de devenir réalité. Et c’est dans le cadre feutré d’une salle de conférences ministérielle qu’il a reçu, ce 17 février, une onction décisive. Car pour qu’une innovation sociale porte ses fruits, elle doit d’abord convaincre ceux qui ont le pouvoir de l’amplifier. C’est tout l’objet de cette audience accordée par Madame le Ministre.

Une audience au sommet pour un combat de première ligne

Ce mardi-là, dans la salle de conférences du MINPROFF à Yaoundé, l’atmosphère est à la fois solennelle et chargée d’espoir. En face de Madame Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, le Professeur Rose Leke, figure éminente de la médecine et Présidente de Higher Women, n’est pas seule. Elle est accompagnée de son équipe, porteuse d’un projet mûri longtemps.

Higher Women, association jusqu’alors spécialisée dans le mentorat féminin, a décidé d’élargir son champ d’action. Face à l’ampleur des violences basées sur le genre (VBG), le constat était clair : il ne suffit plus d’accompagner les femmes vers la réussite professionnelle, il faut d’abord les aider à survivre, à se protéger, à exister sans craindre pour leur intégrité. De cette prise de conscience est née une idée audacieuse : utiliser l’outil numérique le plus démocratisé au monde, WhatsApp, pour créer un espace sécurisé de libération de la parole.

EVA, la plateforme qui digitalise la dénonciation

L’objet de la visite était donc la présentation officielle d’EVA. Derrière ce prénom féminin se cache une plateforme digitale révolutionnaire dans sa simplicité. Accessible via WhatsApp, elle permet à toute femme victime de violences de dénoncer les faits sans avoir à franchir le seuil d’un commissariat ou d’une association, sans avoir à affronter le regard de l’autre. L’anonymat est garanti, la barrière de la peur abaissée.

Mais EVA ne se contente pas de recueillir des témoignages. La plateforme a été pensée comme un véritable outil de suivi psychosocial. Derrière l’interface, des équipes formées prennent le relais, orientent les victimes vers les structures adaptées, assurent un accompagnement dans la durée, sans jamais briser le sceau de la confidentialité. À terme, l’ambition est plus vaste encore : agréger les données pour cartographier les VBG sur l’ensemble du territoire camerounais. Identifier les zones rouges, comprendre les dynamiques locales, adapter les politiques publiques. Et au-delà, ouvrir une porte vers l’autonomie digitale des victimes, leur offrant non seulement une protection, mais aussi les clés d’une possible indépendance. Présentée avec passion par le Professeur Leke et son équipe, l’initiative a visiblement trouvé un écho favorable auprès de la première responsable du département.

L’audience touchait à sa fin. Les échanges nourris laissaient place à un geste symbolique, mais lourd de sens. Les hôtes du jour ont reçu des mains de la Ministre des kits d’information détaillant les programmes du MINPROFF en matière de lutte contre les VBG. Un guide, une feuille de route pour que l’innovation privée puisse s’articuler parfaitement avec l’action publique.

Puis, ultime attention, les pagnes de la Journée Internationale de la Femme 2026 ont été offerts. Derrière l’étoffe, c’est toute la symbolique de la femme camerounaise, forte, résiliente, unie, qui était rappelée. Ce jour-là, dans cette salle de conférences, une alliance s’est tissée. Celle d’une ministre à l’écoute et d’une association visionnaire. Celle du terrain et des institutions. Celle de la tradition et du numérique. EVA n’est pas qu’une application. C’est un pont lancé par-dessus l’abîme du silence. Et ce 17 février 2026, à Yaoundé, on a posé une pierre de plus sur ce pont. Une pierre qui pourrait bien permettre à des milliers de femmes de passer de l’ombre à la lumière, du statut de victime à celui de survivante.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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