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INSIDE HOSPITAL

Hôpital Laquintinie de Douala : le temps du goitre

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Le service ORL a été bien mouvementé ce mardi 24 mars 2026. Plus d’une cinquantaine de patients anciens et nouveaux ont répondu présents à l’appel des médecins.

Dans les registres de consultations, on a compté 56 malades, soit 36 nouveaux cas et 20 anciens cas. Dans une organisation bien planifiée, il n’y avait pas de place pour les bousculades. De l’accueil aux consultations, tout a été bien pensé.

Maman Esther est parmi les nouveaux cas. Nous l’avons rencontrée en pleine consultation chez le Dr Anaïs Mfoula. Elle nous a dit comment elle est arrivée là : « Ce sont les enfants qui m’ont dit qu’il y avait une campagne ici. Et je suis venue pour qu’on m’aide aussi. Ça fait des années que je ne suis pas allée pour me faire consulter. Quand ils m’ont dit ça, ça m’a plu. C’est à cause de ça que je suis venue. J’ai trouvé une dame qui m’a bien accueillie. Elle m’a bien orientée. Elle m’a posé des questions et j’ai tout expliqué. Mais je dois vous dire que j’ai beaucoup marché. Je suis allée à  Mbopi, à Dschang et me voici encore ici à Laquintinie », va-t-elle raconter.

Et pour ce qui est de la conduite à tenir, « Elle m’a dit comment je dois faire. Il faut que je fasse les examens. J’ai fait encore le bilan de santé. Pour voir si ça a encore évolué. Si ma voix a changé, on va voir comment on va faire pour ça. Et pour les consultations je n’ai rien payé. Ce mal, je le porte depuis près de 30 ans. Notre famille a toujours ça. Ça ne me dérange pas. Mais quand je porte beaucoup de sacs qui pèsent, je n’arrive pas à respirer bien. Et quand je prends la colline pour monter, ça me bloque encore. Je respire un peu mal. Et il y a des fois où je vois les autres qu’on a opérés et ratés. C’est ça qui me dérange. Je reste comme ça », déclare Mama Esther.

Le goitre a des complications 

Pour le Dr Anaïs Mfoula, malgré son apparence trompeuse, le goitre a des complications : « On peut avoir des complications au niveau local. Ça peut entraîner la compression du larynx et entraîner des dysphonies, des dyspnées. Le goitre peut devenir plongeant avec un effet de masse au niveau du poumon et avoir un retentissement au niveau cardiaque ou pulmonaire, dépendamment de la cause du goitre. Le goitre, c’est juste pour dire que c’est l’augmentation du volume total de la thyroïde. Maintenant, en fonction de l’étiologie du goitre, on peut avoir des retentissements au niveau cardiaque, au niveau respiratoire, que ce soit le larynx ou bien le poumon, si le goitre est déjà devenu plongeant », nous explique-t-elle longuement.

Elle va mentionner au passage que le goitre n’a pas de signes annonciateurs : « À part la tuméfaction antérocervicale (masse située à l’avant du cou, Ndlr) que le patient va présenter. Mais à côté de ça, il y aura d’autres signes accompagnateurs encore selon l’étiologie. Vous avez suivi la maman tout à l’heure, elle a dit que ça faisait longtemps qu’elle ne faisait rien. Ça dit que le goitre n’est pas aussi inquiétant que cela puisse paraître. C’est une maladie qui a une évolution lente. Ce que nous redoutons, ce sont les complications. Elle a dit que ça faisait 30 ans, mais ça a pris du volume. Avec le temps, ça va continuer de prendre du volume. Et ce que nous redoutons, c’est qu’elle arrive un jour en insuffisance respiratoire avec une dysphonie qui l’empêche vraiment de respirer. Comme elle a parlé tout à l’heure, elle a parlé du trou au niveau de la gorge, que nous soyons obligés de faire une trachéotomie pour l’aider à respirer. C’est pour cela que je lui ai demandé de faire certains examens pour savoir déjà à quel niveau est sa maladie : l’échographie, pour voir si la masse s’étendait sur toute la thyroïde ou prenait juste une partie. Et le bilan hormonal pour voir s’il y a un déséquilibre hormonal ou si tout est normal », explique le docteur.

Les enfants en souffrent également 

Pour la prise en charge donc, « on guérit du goitre. Maintenant, ça dépend. S”il y a une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie, nous adressons d’abord le malade en endocrinologie pour que le problème hormonal puisse être traité. Et maintenant, l’endocrinologue, après avoir traité le problème hormonal, nous renvoie le patient pour qu’on puisse l’opérer. Le seul traitement du goitre, c’est l’opération », c’est cela le chemin de la guérison.

Et au service ORL ce mardi, nous avons retenu que le goitre est une affaire de tout le monde. Les enfants en souffrent également : « Dans ma pratique, j’en ai déjà vu des jeunes. La plus jeune que j’ai eue avait 13 ans », révèle le docteur Mfoula.

Alphonse Jèné

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