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One Health Summit 2026 : ce que l’Afrique a décidé avant même que Lyon n’ouvre ses portes

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Les rideaux sont tombés sur le One Health Summit de Lyon, en France. Mais en amont de ce rendez-vous mondial, l’Afrique avait déjà pris les devants. Quatre jours avant l’arrivée des chefs d’État dans les salles de conférence, Galien Africa mobilisait plus de 200 experts du continent lors d’un webinaire stratégique pour bâtir une position commune. De cette concertation est née une déclaration africaine, pensée par et pour l’Afrique, puis portée au sommet comme un véritable mandat continental.

Le 3 avril 2026, un vendredi. Pendant que le monde s’apprêtait à regarder Lyon, l’Afrique regardait en elle-même. À trois jours du One Health Summit, grand rassemblement mondial où chefs d’État, ministres, scientifiques et organisations internationales se sont réunis le 7 avril pour accélérer la mise en œuvre de l’approche « Une seule santé », Galien Africa et le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) organisaient un webinaire stratégique. L’objectif n’était pas de commenter les travaux à venir. C’était de les précéder. De faire en sorte que l’Afrique arrive à Lyon non pas comme invitée, mais comme acteur avec une position déjà construite, une déclaration déjà adoptée, des recommandations déjà formulées.
Plus de 200 participants ont répondu présents : experts de la santé humaine, animale et environnementale, chercheurs, décideurs publics, représentants de la société civile, journalistes et jeunes africains. La rencontre a été ouverte par la Pr Awa Marie Coll Seck, présidente de Galien Africa, et modérée par le Dr Magda Robalo, ancienne ministre de la Santé publique de Guinée-Bissau. Le ton était direct : « L’Afrique est le continent le plus touché par les épidémies. Il faut que notre voix soit entendue à Lyon. Le temps est à l’action. »

Les experts qui ont conduit les débats lors du webinaire organisé le 3 avril 2026 par Galien Africa et le REMAPSEN, en prélude au One Health Summit de Lyon en France.

Ce que l’Afrique a dit à haute voix : les constats
La déclaration adoptée à l’issue du webinaire commence par ce que tout le monde sait mais que trop peu disent franchement dans les forums internationaux. Les participants ont reconnu, sans détour, que la sécurité sanitaire mondiale ne peut plus reposer sur des approches sectorielles. Que le changement climatique, la dégradation des ressources naturelles et la perte accélérée de biodiversité menacent gravement la santé, la nutrition et le bien-être des populations, en particulier dans les pays du Sud. Que la souveraineté sanitaire n’est pas un « slogan », mais une priorité stratégique pour les pays africains. Que l’innovation locale et la production régionale sont essentielles pour réduire les vulnérabilités structurelles que la crise du Covid-19 a mises à nu de façon douloureuse. Que les données scientifiques, climatiques et sanitaires doivent cesser d’être des archipels d’informations non connectées, et devenir de véritables outils d’anticipation des crises. Et enfin, que l’implication des communautés, des jeunes et des femmes n’est pas optionnelle : elle est la condition même de la réussite durable des politiques publiques.
Ce diagnostic n’est pas nouveau. Ce qui l’est, c’est qu’il vient cette fois d’une Afrique qui parle en son propre nom, structurée, coordonnée, et décidée à peser.

La délégation de Galien Africa et du REMAPSEN.


Dix engagements pour ne plus en rester aux mots

C’est là que la déclaration prend toute sa valeur. Galien Africa et les participants n’ont pas produit une liste de vœux pieux. Ils ont formulé dix engagements précis, adressés aux gouvernements africains, aux institutions régionales et aux partenaires internationaux.
Le premier, et peut-être le plus structurant : inscrire l’approche One Health dans les cadres juridiques nationaux pour en faire une gouvernance réelle et non un concept de conférence. Le deuxième : développer des systèmes d’alerte précoce intégrés, croisant santé, climat et environnement. En Afrique, on sait ce que coûte une réponse tardive. Le troisième : investir dans les données géospatiales, avec une exigence ferme : accès libre, équitable, sécurisé. Pas de décision fondée sur des preuves sans données accessibles à tous.
Viennent ensuite les engagements économiques, les plus tranchants. Encourager l’innovation frugale africaine, pensée pour et par les populations du continent : pas une solution de second rang, souvent la seule qui fonctionne. Accélérer la production locale de médicaments, vaccins et technologies médicales. La dépendance aux importations a un coût humain. La déclaration le dit sans détour. Renforcer le capital humain : former des profils interdisciplinaires, les retenir, les déployer. L’Afrique a les cerveaux. Il faut arrêter de les laisser partir.
Les quatre derniers engagements regardent vers la cohérence collective. Mieux coordonner les acteurs et cartographier les initiatives existantes car trop d’actions parallèles tuent la complémentarité. Garantir une participation communautaire inclusive : les jeunes, les femmes, les communautés locales au cœur de la conception des politiques, pas en bout de chaîne. Reconnaître le rôle stratégique de la société civile et des médias dans la diffusion des connaissances et la mobilisation citoyenne.
Et le dixième, le plus politique : renforcer le leadership africain dans la gouvernance sanitaire mondiale. L’Afrique ne veut plus être le sujet des discussions. Elle veut en être l’auteur.

Le sommet a été marqué par plusieurs panels.

Un appel à l’action : du déclaratoire au concret
La déclaration se termine là où tant d’autres commencent et s’arrêtent. L’appel à l’action final est sans ambiguïté : transformer les engagements en actions concrètes, mesurables et financées. Pas de belles formules sans budget. Pas de feuilles de route sans calendrier. L’approche One Health doit devenir un levier structurant pour la souveraineté sanitaire, le développement durable, la résilience climatique et l’équité en santé en Afrique, mais aussi dans l’ensemble des pays du Sud.
En adoptant cette déclaration comme engagement commun, les participants ont réaffirmé leur volonté de poursuivre le dialogue, de renforcer les partenariats multisectoriels et de contribuer activement aux travaux du Sommet de Lyon. Une volonté que Galien Africa, fort d’une présence constante dans l’écosystème One Health depuis les forums de 2023 et 2025, et après avoir piloté en 2024 le Forum « One Sustainable Health by All » à Dakar, a portée à Lyon avec tout le poids d’une légitimité construite dans la durée.
À l’occasion du One Health Summit de Lyon, 6-7 avril 2026, sous l’égide de la présidence française du G7, l’Afrique avait la parole. Elle l’a prise. Il reste maintenant aux gouvernements et aux partenaires à être à la hauteur.

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MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

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