Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • PANORAMA
  • Campagne de sensibilisation : l’anémie pris au sérieux
PANORAMA

Campagne de sensibilisation : l’anémie pris au sérieux

Email : 42

Une campagne de sensibilisation sur l’anémie s’est tenue ce jeudi 9 avril au quartier Bonassama à Douala

Sous une vaste bâche blanche dressée au cœur du quartier Bonassama, dans le 4e arrondissement de Douala, le silence est lourd de concentration. Parmi la centaine de personnes présentes, Kelly, une jeune maman d’une vingtaine d’années, berce doucement son nourrisson. Venue du quartier voisin de Bonaberi, elle fait partie de ces nombreuses femmes attirées ce jeudi 9 avril 2026 par une campagne de sensibilisation cruciale. Pour elle, comme pour beaucoup d’autres, les mots prononcés au micro par les autorités sanitaires résonnent comme une révélation tardive mais salvatrice.

Assise sur une chaise en plastique, Kelly écoute religieusement l’allocution de Ngo’o Mebe, Délégué régional de la Santé publique pour le Littoral. Le constat du responsable est sans appel : « L’anémie constitue encore aujourd’hui un problème majeur de santé publique au Cameroun. Elle affecte de manière disproportionnée les groupes les plus vulnérables : les femmes enceintes, les femmes allaitantes et les enfants de moins de 5 ans. »

Les chiffres avancés par le délégué font froid dans le dos. Selon les données locales, plus de la moitié des enfants de la région et une proportion alarmante de femmes enceintes souffrent de cette carence. Pour Kelly, c’est le choc. « On ne m’a jamais expliqué ce qu’est l’anémie, ni pendant ma grossesse, ni après », confie-t-elle avec une pointe de regret. « On se contentait de me prescrire des comprimés de fer en me disant que c’était “pour la femme enceinte”, sans plus de détails. »

Il y a trois mois, Kelly a donné naissance à sa petite fille dans un centre de santé privé de Bonaberi. Ce jeudi matin, elle s’était initialement rendue à l’Hôpital de District de Bonassama pour une visite de routine et les vaccins de son enfant. C’est là que le personnel soignant l’a orientée vers la campagne de sensibilisation.

« Je n’étais pas au courant de l’événement. C’est en arrivant à l’hôpital ce matin qu’on m’a conseillé de venir ici. J’apprends tout ce qui se dit pour la première fois, et je me rends compte que j’aurais pu mettre ma santé et celle de mon bébé en danger sans le savoir », explique-t-elle, désormais soulagée d’être informée.

Qu’est-ce que l’anémie et pourquoi est-ce grave ?

L’anémie se définit médicalement par une diminution du nombre de globules rouges ou du taux d’hémoglobine dans le sang, descendant sous les seuils physiologiques normaux. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) précise que cette pathologie survient lorsque l’hémoglobine n’est plus en quantité suffisante pour transporter l’oxygène vital vers les organes et les tissus du corps.

Les conséquences, si elles ne sont pas prises au sérieux, sont dramatiques. Chez les jeunes enfants, l’anémie peut entraîner des retards irréparables du développement cognitif et moteur. Chez la femme enceinte, elle augmente drastiquement les risques de complications lors de l’accouchement, de prématurité ou de faible poids de naissance pour le nouveau-né.

L’ampleur du défi dépasse les frontières de Douala. À l’échelle mondiale, l’OMS estime que l’anémie touche près d’un demi-milliard de femmes en âge de procréer et 269 millions d’enfants de moins de cinq ans. En 2019, les statistiques montraient que 30 % des femmes non enceintes et 37 % des femmes enceintes souffraient de cette condition à travers le globe.

L’Afrique est, avec l’Asie du Sud-Est, la région la plus durement touchée. Sur le continent, on dénombre environ 106 millions de femmes et 103 millions d’enfants affectés. Ces chiffres soulignent l’importance de mobilisations comme celle de Bonassama, qui visent à briser le cycle de la malnutrition et du manque d’information.

En clôturant la journée, les organisateurs ont insisté sur la nécessité d’une alimentation riche en fer et d’un suivi prénatal rigoureux. Pour la centaine de femmes présentes, cette matinée n’était pas qu’une simple série de discours, mais un véritable cours de survie. Kelly, repartant avec son carnet de santé et de nouvelles connaissances, incarne cet espoir : celui d’une génération de mamans mieux armées pour protéger la santé de leurs enfants dès le premier cri.

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1403 du jeudi 21 mai 2026

×