C’est l’appel lancé par Alain Bila, président de l’Association Camerounaise pour la Prévention et la Lutte contre le Suicide. Un appel qui arrive au moment où les primipares sont généralement stressées durant toute la grossesse.
Les primipares, ces femmes enceintes pour la première fois sont de plus en plus marquées par un stress croissant, alerte Alain Bila. Pourtant, lors des consultations prénatales (CPN), ces futures mamans interagissent principalement avec le personnel médical, reléguant l’accompagnement psychologique au second plan. Une prise en charge non complète qui expose les mères et leurs bébés à des risques inutiles, estime Alain Bila et son équipe qui mènent des actions en vue de l’intégration de la santé mentale des femmes enceintes comme une urgence de santé publique. « C’est non seulement nécessaire, mais urgent. La grossesse et l’accouchement sont des périodes de vulnérabilité émotionnelle, surtout pour les femmes qui vivent leur première expérience », dit-il avant de préciser, « L’absence d’accompagnement psychologique peut favoriser l’anxiété prénatale, la dépression post-partum, les difficultés dans le lien mère–enfant. Intégrer des psychologues dans les services de maternité et gynécologie permettrait un meilleur suivi émotionnel, une prévention des troubles psychiques et une prise en charge plus humaine ».
Pourtant, dans les Centres de Santé Intégré et même certains centres médicaux d’arrondissement et des hôpitaux de district, le suivi psychologique se limite très souvent aux séances de counselings. « J’ai suivi mes consultations prénatales normalement mais les seuls conseils ou soutiens, c’était plus sur le plan médical. C’est ma mère qui s’occupait de certaines choses, surtout en cas de problèmes émotionnels », explique Blané Marie, primipare.
Dans les régions comme l’Adamaoua, où les grossesses précoces et les mariages précoces sont courants, le phénomène s’aggrave. Les primipares, souvent jeunes et isolées, cumulent stress culturel et précarité. L’intégration d’un accompagnement psychologique systématique dans les CPN pourrait changer la donne, entre dépistage rapide du stress via des questionnaires simples, séances courtes de relaxation ou orientation vers des groupes de parole.
Des études comme celle menée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Afrique centrale, montrent que 30 à 40% des femmes enceintes pour la première fois présentent des signes de dépression ou d’anxiété modérée à sévère. Ces troubles peuvent entraîner des complications comme les accouchements prématurés, les bébés à faible poids à la naissance ou même un post-partum dépressif.
Les CPN, pourtant obligatoires et gratuites dans de nombreuses structures publiques à travers la Couverture Santé Universelle, se limitent souvent à des examens physiques et des conseils nutritionnels.
En attendant, les futures mamans ne devraient pas hésiter à signaler leur stress lors des CPN. Une grossesse sereine protège deux vies celle de la mère et celle de l’enfant.













































































































































































































































































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