Adamaoua: Le renforcement des ressources humaines dans les hôpitaux s’impose

Les hôpitaux font face à un manque criard des spécialistes dans plusieurs domaines de la médecine. Ce qui sape la prise en charge et le référencement des malades vers d’autres régions qui en disposent.

Les hôpitaux de la région château accusent un certain déficit en spécialistes dans les domaines les plus pointues de la médecine. Une situation qui réduit la capacité de prise en charge dans les formations sanitaires. Le besoin en personnels et en spécialistes s’impose de ce fait aux formations sanitaires pour une meilleure action de santé sur le terrain. « Si je commence par exemple au niveau de l’hôpital régional de Ngaoundéré, la plus grande formation sanitaire de la région, nous avons quelques médecins spécialistes mais en nombre très insuffisant, nous avons 2 gynécologues, un cardiologue, 2 otorhinolaryngologistes, 1 pédiatre, 1 chirurgien, 1 traumatologue. Nous avons besoin des réanimateurs, bien sûr d’autres spécialistes qui sont nécessaires pour la prise en charge, un néphrologue, des diabétologues pour nous aider à gérer nos problèmes de santé dans la région », explique Dr. Zakari Yaou Alhadji, délégué régional de la santé publique de l’Adamaoua.

Le centre régional d’imagerie médicale de l’hôpital régional de Ngaoundéré en fait les frais. De plus en plus fréquenté depuis sa mise en service en 2015, le service peine à couvrir les besoins à cause du manque de personnel. « En termes d’échographie, nous avons une moyenne de 25 à 30 patients par jour. Nous avons grandement besoin d’au moins 2 médecins en radiologie pour que le service fonctionne de manière optimale et les techniciens, nous n’avons que 4. Il est impossible pour nous de couvrir le service 24h/24 et nous avons encore besoin d’au moins 5 autres techniciens en imagerie médicale », explique le Pr. Mathurin Neosi, chef de service de l’imagerie médicale de l’hôpital régional de Ngaoundéré. Même, l’hôpital de district de Dang nouvellement créé n’échappe pas à cette réalité. Le besoin s’impose et il faut vite faire pour des meilleures interventions, « à l’allure où vont les principales pathologies que nous recensons dans la zone, il va falloir nécessairement qu’on ait des spécialistes, notamment des chirurgiens au minimum, voire même des gynécologues, des pédiatres, néonatalogies », souhaite Dr. Bilong, directeur de l’hôpital de district de Dang.

Pourtant, avec l’entrée en vigueur de la dernière phase de la décentralisation, les maires qui sont les présidents des conseils de gestion des formations sanitaires peuvent pleinement jouer leurs rôles et doter celles-ci du personnel nécessaire avec le fonds dédié au recrutement de personnel saisonnier en attendant le recrutement de la fonction publique et le déploiement de nouveaux recrus dans les régions. Malheureusement, de nombreux exécutifs des collectivités territoriales décentralisées ont du mal à s’aligner à cette donne qui prône l’utilisation des ressources locales disponibles dans la région. Chose qui viendrait résoudre la longue période de l’envoie de nouveaux personnels. « Ça fait deux ans déjà que le ministère de la santé a lancé dans toutes les formations sanitaires, le recrutement de personnel saisonnier et temporaire. Ce fonds existe chaque année, une fois que le budget de l’Etat a été voté, chaque centre de santé, chaque hôpital de district reçoit un carton dédié au recrutement du personnel saisonnier et occasionnel, question de résoudre le problème en ressource humaine, parce que le recrutement de la fonction publique tarde souvent à venir et quand ça vient, c’est en quantité insuffisante. Nous avons une solution que chaque formation sanitaire reçoit son carton pour cet objectif et recrute de manière objective pour répondre au besoin de ces formations sanitaires.  Nous en appelons donc au responsable des districts, au responsable de ces formations sanitaires de bien utiliser ces fonds pour résoudre le problème de personnel parce qu’il est anormal aujourd’hui que nous parlions des insuffisances de personnel de santé dans nos formations sanitaires.Si vous avez besoin d’un infirmier diplômé d’Etat, les collectivités territoriales, notamment les maires qui sont les présidents de comité de gestion de ces formations sanitaires doivent avoir un œil particulier, accompagner les responsables sanitaires dans ce processus de recrutement et dans la gestion des formations sanitaires », indique le délégué régional de la santé. S’il est vrai que la région a des besoins en ressources humaines, le problème de la fidélisation de ceux qui arrivent reste encore une autre équation à résoudre.

Jean BESANE MANGAM

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