Extrême-Nord: Cap sur 1,2 millions d’enfants de 0 à 59 mois pour la campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier

Cet objectif a été fixé par le Dr. Jean Pierre Kidwang, coordonnateur régional du programme national de lutte contre le paludisme. Il donne plus d’informations dans une interview exclusive.

Pourquoi y-a-t-il une forte incidence du paludisme en cette saison dans la région de l’Extrême-Nord ?

La forte incidence du paludisme est due au fait que les conditions nécessaires à la prolifération de l’anophèle femelle sont réunies en ce moment. C’est pourquoi, nous constatons une forte incidence du paludisme dans tous les districts de santé de la région de l’Extrême-Nord. Souvenez-vous le paludisme à un caractère saisonnier à l’Extrême-Nord. Presque tous les 06 premiers mois de l’année, nous n’avions pas de cas. Toutefois, dès que les pluies commencent, nous entamons à enregistrer des cas et des décès, également lorsqu’ils ne sont pas pris en charge.

Pour cette 3e phase de la campagne de chimio prévention du paludisme combien d’enfants sont ciblés ?

La campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier se déroule sur 04 mois. Il s’agit de juillet, août, septembre, octobre. Cette année comme innovation, compte tenu des données épidémiologiques analysées et certaines particularités dans les districts de santé telles que la variation de la pluviométrie, nous avons divisé les districts de santé en deux. Il y a 27 districts de santé qui ont commencé en juillet. 04 ont débuté en août. Il s’agit de Makary, Mada, Goulfey et Fotokol et les autres ont commencé en juillet.

Cela dit, le décalage est dû au fait que la période de pic n’est pas la même dans ces districts. Dans les 27 autres districts de santé, la période de pic est plutôt en septembre et les autres districts au mois d’octobre et novembre. Rendu à la phase de distribution, nous ciblons 1.200.000 enfants de 03 à 59 mois qui vont bénéficier de cette campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier à l’Extrême-Nord.

Comment se sont déployées les équipes sur le terrain dans le cadre de cette campagne ?

Cette campagne a nécessité une grande préparation à tous les niveaux. Elle a nécessité des formations en cascade d’environ 9000 mobilisateurs distributeurs dans la région. À cela sont associés les superviseurs de proximité, les superviseurs des aires, les superviseurs de district et les superviseurs régionaux. Au total, ils sont près de 15000 acteurs mobilisés sur le terrain pour mener cette campagne.

Que vont bénéficier les enfants de 03 à 59 mois à travers cette campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier ?

Les enfants vont bénéficier de la protection. Ce médicament a une double action préventive et curative du paludisme. Cela protégera l’enfant pendant les 04 mois de concentration de la survenue du paludisme. Ces enfants vont bénéficier de trois doses de médicaments propres à leur âge. Les médicaments sont en fonction de l’âge des enfants soit 03-11mois et 12-59 mois. Cela va diminuer les cas de paludisme dans la région et les cas de décès également.

Docteur pour cette campagne les intrants sont-ils disponibles ?

La disponibilité des intrants fait partie des préparatifs de la campagne. Bien avant, compte tenu des difficultés d’accès dans certains districts de santé nous avions pris des dispositions deux semaines avant le début de la campagne. Ainsi, à base de la micro planification les médicaments sont prédisposés au niveau des districts de santé de l’Extrême-Nord. Ce qui fait qu’à ce jour, dans tous les districts de santé de l’Extrême-Nord, les intrants sont disponibles pour cette campagne de chimio prévention du paludisme. Il n’y aura pas de rupture, chaque district a reçu suffisamment les intrants pour cette campagne.

Quelles sont les stratégies de communication qui ont été mises en exergue pour cette campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier à l’Extrême-Nord ?

Cette année, par rapport aux années antérieures la communication a été boostée. Il y a eu plusieurs stratégies qui ont été adoptées. Environ 4000 crieurs ont été mis à contribution dans chaque cycle de la campagne que ce soit pendant la mobilisation et la distribution avec des messages spécifiques. On a aussi les leaders ménagers qui ont été choisis par les chefs traditionnels. Il faut également ajouter le réseau des femmes qui ont été vraiment mis à contribution. Il y a des sensibilisatrices à chaque réunion des femmes, elles parlent de la campagne de chimio prévention du paludisme, du bénéfice pour les enfants et rappellent aux parents l’importance de prendre les trois doses de médicaments. Elles montrent également l’importance d’utiliser la moustiquaire imprégnée. Pour vaincre le pic du paludisme, c’est l’association de tous ces acteurs qui a été mis à contribution pour la réussite de cette campagne de chimio prévention du paludisme saisonnier à l’Extrême-Nord.

Qui accompagne cette activité ?

C’est une activité du ministère de la santé. Pour cela, nous avions des partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent dans la mise en œuvre de cette activité. Quand vous voyez une campagne de chimio prévention du paludisme, cela a un grand coût. Et pour cela, le gouvernement camerounais à travers ses différents partenariats est appuyé par l’initiative du président Américain pour la lutte contre le paludisme et ses différentes agences de mise en œuvre sur le terrain qui quadrillent le terrain par rapport à cette activité. Notamment, la communication par break out action, la chaine d’approvisionnement par Pma dont la prise en charge est assurée par Impact Malaria et les données par Major Malaria.

Propos recueillis par Nikodemus HINSIA

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