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CITES 2026 : quand la santé des humains, des animaux et des écosystèmes ne fait plus qu’un

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Ce 1er mai 2026, alors que de nouvelles régulations internationales sur le commerce des espèces menacées entrent en vigueur, un concept s’impose avec une urgence croissante dans les débats scientifiques et politiques : l’approche One Health, ou « Une seule santé ».

BERNE, le douanier pose ses doigts gantés sur un minuscule statuette d’ébène ramenée d’Afrique. À côté, un sac en cuirette de serpent exotique. Plus loin, une poudre ivoire saisie dans une valise. Tous ces objets ont un point commun : ils voyagent illégalement sous le manteau de la mémoire touristique. Chaque année, la Suisse en confisque des centaines à ses frontières. Et désormais, avec l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions de la 20e conférence des Parties (CoP20) de la CITES, le filet se resserre encore. Depuis le 1er mai 2026, près de 360 décisions prises à Samarkand, en Ouzbékistan, s’appliquent sur le territoire helvétique. L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), autorité en charge de la CITES en Suisse, a aussitôt mis à jour ses procédures.

D’abord, des nouveautés ciblées sur la faune et la flore

En effet, lors de la CoP20, ce sont 51 propositions d’inscription de nouvelles espèces aux annexes de la CITES qui ont été examinées. La bonne nouvelle pour les voyageurs et les commerçants suisses est que la plupart de ces modifications ont peu ou pas d’impact direct sur l’exécution nationale. Cependant, quelques changements notables méritent l’attention. Côté faune, plusieurs espèces de reptiles et d’amphibiens, très prisées dans le commerce d’animaux exotiques de compagnie, intègrent des listes plus restrictives. Côté flore, certaines variétés de bois précieux (acajou, palissandre) voient leur commercialisation davantage encadrée. L’OSAV a publié deux résumés techniques – l’un pour la faune, l’autre pour la flore – à destination des professionnels et du grand public. Autrement dit, importer ou exporter ces spécimens nécessitera désormais des autorisations plus difficiles à obtenir.

Ensuite, des conséquences pratiques aux frontières suisses

Par ailleurs, cette évolution réglementaire a un corollaire très concret : les contrôles douaniers s’intensifient. Chaque année, de nombreux voyageurs rapportent en Suisse des souvenirs fabriqués à partir d’animaux ou de plantes protégés : sacs en python, bijoux en ivoire, plantes séchées rares, objets sculptés dans du corail ou du bois de rose. Sans les documents d’exportation délivrés par le pays d’origine, ces biens sont systématiquement saisis. L’OSAV rappelle la règle d’or : avant d’acheter, exiger du vendeur les papiers CITES. Munis de ces justificatifs, les touristes passeront la frontière sans encombre. À défaut, l’objet finira dans la célèbre salle des objets confisqués, que l’OSAV propose désormais de visiter virtuellement (en allemand). Une galerie macabre qui expose, à des fins pédagogiques, des tonnes de souvenirs illégaux.

Au-delà du guichet douanier, l’engagement suisse en faveur de la conservation des espèces dépasse le seul cadre de la CITES. En effet, l’OSAV est également impliqué dans d’autres missions internationales. Par exemple, la Suisse est membre de la Commission baleinière internationale et agit comme partenaire de médiation fiable pour la protection des cétacés. Par ailleurs, au niveau national, la conservation des espèces relève de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), épaulé par les cantons, les communes et des organisations privées qui créent des zones protégées. L’articulation entre ces différents niveaux permet à la Suisse de respecter ses engagements internationaux tout en protégeant sa propre biodiversité.

Pour conclure, une prise de conscience collective nécessaire

La régulation du commerce des espèces menacées n’est pas une simple formalité administrative. Elle repose sur un principe fondamental : l’exploitation durable des populations sauvages. En appliquant rigoureusement les décisions de la CoP20, la Suisse envoie un signal clair. Le marché clandestin des espèces protégées, qu’il s’agisse d’un ivoire de mammouth ou d’une orchidée rare, ne sera pas toléré. Pour les voyageurs de cet été, un conseil : mieux vaut un selfie avec un paysage qu’un sac à main en python saisi à la frontière. Car la mémoire d’un voyage devrait tenir dans une carte postale, pas dans une salle de confiscation.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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