Arrivée en fin de séjour au Cameroun, l’ambassadeur des USA a été reçu en audience le mercredi 7 janvier 2026 par le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie. Les deux hommes ont revisité la coopération dense et fructueuse entre les deux pays.
Le mercredi 7 janvier 2026, la salle des conférences du ministère de la Santé Publique à Yaoundé a servi de cadre à une séquence diplomatique majeure. En effet, le ministre de la Santé Publique, Dr Manaouda Malachie a reçu en audience S.E. Christopher John Lamora, Ambassadeur des États-Unis, venu présenter ses adieux après quatre années de mission intense au Cameroun.
Au-delà des civilités d’usage et de l’émotion suscitée par le départ d’un diplomate ayant parcouru les formations sanitaires de Garoua, Douala et Bafoussam, cette rencontre a surtout permis de sanctuariser les nouveaux mécanismes de coopération bilatérale. Le pivot de cette relation repose désormais sur le Mémorandum d’Entente (MoU) signé le 19 décembre 2025 sous l’égide du Premier Ministre, Chief Joseph Dion Ngute. Ce texte n’est pas une simple reconduction d’accords passés, mais une mutation profonde de la philosophie de l’aide au développement, passant d’une assistance par substitution à un partenariat de souveraineté.
L’innovation du « Government-to-Government »
Ce nouveau paradigme, baptisé « Government-to-Government » (G2G), marque une rupture historique dans la gestion des flux financiers et techniques entre Washington et Yaoundé. Contrairement aux cycles précédents où l’aide américaine transitait essentiellement par des agences internationales ou des ONG privées, le nouveau mécanisme place l’État camerounais au centre du dispositif décisionnel et opérationnel.
Cette approche « État à État » vise à renforcer les structures institutionnelles du pays en confiant au Minsanté la responsabilité directe du suivi et de l’exécution des programmes. En éliminant les intermédiaires, ce modèle cherche à maximiser l’efficience de chaque dollar investi, tout en garantissant que les priorités sanitaires soient définies de manière endogène. Le diplomate américain a souligné que ce passage au G2G témoigne de la confiance accrue de son gouvernement envers la capacité du Cameroun à piloter ses propres réformes structurelles, notamment dans le contrôle des médicaments et la sécurisation des infrastructures de santé.Un financement croisé : le pari de la souveraineté
Le volet financier de cette coopération se distingue par une exigence de durabilité sans précédent. Le MoU prévoit un investissement massif pour les cinq prochaines années, mais avec une conditionnalité stratégique : l’engagement du Cameroun à mobiliser une contrepartie financière nationale dès la troisième année de mise en œuvre. Cette démarche de financement croisé vise à briser la dépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds et à préparer la pérennisation des projets de santé communautaire.
L’enveloppe globale sera prioritairement orientée vers la viabilisation des districts de santé, le renforcement de la chaîne de froid et la modernisation du système d’informations sanitaires. En intégrant une part importante de l’enveloppe à la santé de proximité, les deux pays aspirent à une résilience accrue face aux épidémies futures. En insistant sur le fait qu’il est désormais « impossible de ne pas penser au Cameroun », S.E. Christopher John Lamora a réaffirmé que cette architecture financière solide constitue son héritage le plus tangible, garantissant que l’impact des soins se fera ressentir bien après son départ.
Junior NTEPPE KASSI












































































































































































































































































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