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Journée internationale du braille : la nécessité de scolariser plus de personnes déficientes visuelles

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Une cérémonie marquant la célébration de cette édition a eu lieu le dimanche 4 janvier dernier dans la salle des conférences du club des Jeunes Aveugles Réhabilités du Cameroun (CJARC) à Yaoundé. L’objectif était d’exhorter les jeunes apprenants à l’utilisation du braille.

Le 4 janvier dernier, la salle des conférences du Club des jeunes aveugles réhabilités du Cameroun (CJARC) à Yaoundé a vibré au rythme de la 25ᵉ édition de la Journée mondiale du braille. Sous l’impulsion du top management, cet événement ne s’est pas limité à une simple commémoration, mais s’est transformé en une véritable plateforme d’exhortation pour les jeunes apprenants. Coco Bertin, directeur général du CJARC, a ouvert les échanges en rappelant que le braille est le garant de l’alphabétisation réelle : « Il faut dire que nous avons bien voulu saisir cette édition pour procéder à cet échange entre personnes expérimentées et les plus jeunes, pour les motiver. Il y a parmi nous des jeunes qui pensent que le braille n’est pas utile. Nous avons invité des profils différents, un journaliste, un enseignant et une gendarme, pour montrer que dans l’exercice de leur métier, le braille est un outil du quotidien. Les jeunes ne demandent pas plus que cela pour se rendre compte qu’en maîtrisant le braille, ils peuvent eux aussi être des personnes insérées dans notre société. »

Un pont entre les générations

L’apport de la direction ne s’est pas arrêté à l’organisation, mais a porté un plaidoyer politique fort. Coco Bertin a mis les décideurs face à leurs responsabilités concernant l’accès au savoir. « Dans notre société, beaucoup de jeunes feraient face à un besoin de matériel didactique spécialisé qui coûte encore très cher et n’est pas accessible à tout le monde. Imaginez-vous, le Cameroun regorge de près de 200 000 personnes déficientes visuelles qui ont besoin d’apprendre le braille mais qui sont limitées par le manque de tablettes, de poinçons ou de cubaritmes. Il serait bon que les décideurs prennent des dispositions pour mettre ce matériel à la disposition des futurs apprenants », a-t-il martelé, soulignant que l’inclusion sociale passe impérativement par des investissements concrets dans ces outils de compensation.

Des modèles de réussite diversifiés

Les invités ont ensuite pris la parole pour transformer la théorie en exemples de vie poignants. Gabriel Foyang, enseignant de philosophie et doctorant, a décrit le braille comme son arme absolue pour l’excellence : « Le défi quotidien, c’est de pouvoir transmettre les connaissances de telle sorte qu’on ne ressente pas que je suis dans une situation de déficience. Le braille est l’outil de base que j’utilise, associé à l’informatique braille. Mes prestations sont tellement appréciées que certains collègues ont cru que j’étais professeur d’informatique ! Grâce au braille, j’ai obtenu mon GCE Advanced, mon bachelor, trois masters, et je fais aujourd’hui un PhD. C’est comme votre stylo pour écrire ; n’importe qui voulant aller loin utilisera son braille. » Son parcours illustre parfaitement comment ce système d’écriture tactile devient un vecteur de haute qualification académique.

Le défi du matériel : un appel aux décideurs

Enfin, le témoignage d’Esther Ekoumi, maréchale des logis-cheffe à la gendarmerie nationale, a apporté une dimension sociale et familiale essentielle. Elle a insisté sur le rôle des parents dans la scolarisation : « Quand les enfants perdent la vue, ils ne doivent pas être laissés isolés ou abandonnés. L’enfant doit faire l’école comme les autres et pouvoir lire et écrire. » En partageant son quotidien de militaire et de mère, elle a démontré une autonomie exemplaire : « Je pars au bureau tout le temps car chez les militaires, il y a un problème de présence et d’annotation. Je n’ai personne à la maison pour me guider, je sors seule, je vais à la banque, au marché et je m’occupe de mes enfants. C’est grâce au braille et à l’instruction que j’ai pu suivre mon fils, qui est aujourd’hui ingénieur des mines au Brésil. »

Malgré les frustrations liées au regard de la société et au port du masque ou des lunettes qui compliquent parfois la reconnaissance sociale, Esther Ekoumi reste le symbole d’une intégration réussie par l’effort et l’outil braille.

Junior NTEPPE KASSI       

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