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CSW70 : le Cameroun porte la voix des femmes africaines pour l’accès à la justice

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La ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, a activement participé à la soixante-dixième session de la Commission de la condition de la femme, où elle a dressé le bilan des réformes camerounaises, salué les avancées institutionnelles et plaidé pour l’harmonisation des textes afin de lever les barrières structurelles entravant l’égalité des sexes.

La soixante-dixième session de la Commission des Nations Unies sur la condition de la femme (CSW70) a réuni cette année les représentants de près de 200 États membres et organisations non gouvernementales autour d’un thème stratégique : « Garantir et renforcer l’accès pour toutes les femmes et les filles à la justice, notamment par la promotion des systèmes juridiques inclusifs et équitables, l’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires et la levée des barrières structurelles ». À cette grande messe onusienne, le Cameroun a fait entendre sa voix par l’intermédiaire de la ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse. Sa participation active aux travaux témoigne de l’engagement du pays en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, trente ans après la Déclaration de Beijing. Prenant part à la table ronde ministérielle présidée par le Secrétaire général adjoint des Nations Unies, Tom Fletcher, la ministre a dressé un bilan des réformes engagées par le Cameroun. Sur le plan législatif, elle a rappelé que l’adoption du Code pénal en 2016 a constitué un tournant majeur. « Ce texte a abrogé le traitement discriminatoire de l’adultère entre conjoints et supprimé la clause exemptant de poursuites l’auteur d’un viol en cas de mariage avec sa victime – un dispositif qui alimentait le fléau des mariages précoces », a-t-elle souligné. La ministre a également cité l’institution de l’assistance judiciaire aux personnes vulnérables par la loi n° 2009/004, ainsi que l’élaboration en cours d’un avant-projet de loi spécifique contre les violences basées sur le genre.

Sur le plan institutionnel, le gouvernement a déployé des cliniques juridiques mobiles et des plateformes de prise en charge holistique des survivantes dans l’ensemble des dix régions, y compris en zones de crise. Des « gender desks » et « child desks » ont été implantés dans les services d’enquête, tandis que le huis clos a été généralisé pour les violences sexuelles afin de protéger la dignité des victimes. Un numéro vert (1523) permet désormais de signaler les violations des droits humains, et une ligne d’écoute enfant (116) a été activée.

Une voix africaine portée au sein des instances onusiennes

En marge des travaux officiels, la ministre a pris part à la réunion de consultation ministérielle de l’Union africaine avec le groupe africain, le 13 mars, au bureau de la Mission permanente de l’Union africaine auprès des Nations Unies. L’objectif était de réfléchir au renforcement de la voix de l’Afrique à la CSW et d’échanger sur la candidature du continent pour accueillir la première rotation régionale. Elle a également participé à la consultation ministérielle avec la Directrice exécutive d’ONU Femmes, consacrée à l’examen des résultats de l’année précédente et à l’identification des priorités africaines en matière d’égalité des sexes jusqu’en 2030.

Des défis structurels à relever

Malgré ces avancées, la ministre a reconnu l’existence de défis persistants. L’adoption d’une loi spécifique sur les violences basées sur le genre demeure impérative. L’ordonnance de 1981 sur l’état civil, notamment en ce qui concerne l’âge du mariage, doit être harmonisée avec le Code pénal. La vulnérabilité économique des femmes, le coût de l’accès à la justice, l’impunité des auteurs et le manque de connaissance de leurs droits continuent d’éloigner les plus démunies des tribunaux. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2026, la Première dame du Cameroun a fermement condamné la résurgence des féminicides et appelé à une mobilisation générale pour une société égalitaire.

Accélérer le progrès pour les femmes et les filles

Pour accélérer les progrès, le gouvernement camerounais entend renforcer la participation des femmes dans tous les secteurs, mettre en place des financements dédiés aux activités féminines en milieu urbain et rural à travers une politique de substitution aux importations, et accroître les actions d’autonomisation en faveur des femmes marginalisées, notamment celles vivant en zones rurales, les personnes handicapées et les femmes en situation de crise. L’amélioration de la production de données statistiques désagrégées figure également parmi les priorités, afin de mieux cibler les interventions et d’évaluer les progrès accomplis. La participation active du Cameroun à cette 70e session de la CSW confirme sa détermination à inscrire durablement l’égalité des sexes et l’accès à la justice au cœur de son agenda national et international.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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