District de santé de Ngaoundal – Plus de 3500 personnes vaccinées entre février et septembre 2021

Ce district de santé situé dans le département du Djerem fait de la lutte contre la pandémie à coronavirus son cheval de bataille. Malgré la modicité des moyens dont il dispose, le district se déploie afin de mieux satisfaire les populations.

Zone de transit, Ngaoundal est située à environ 185 km du chef-lieu de la région de l’Adamaoua dont elle dépend. Son ouverture au reste du pays par les rails impose ainsi aux responsables en charge de la santé d’être des plus actifs afin de limiter la propagation des maladies. Les actions de terrain au-delà du centre se sont imposées au personnel soignant afin de prémunir les populations des pathologies.

Ouvert en 2015, ce district de santé, depuis la survenue des premiers cas de covid-19 en mars 2020 dans la région s’illustre par les résultats obtenus des campagnes de sensibilisation de masse. Selon les responsables du district de santé, les interventions dans cette partie de l’Adamaoua ciblent depuis février 2021, les établissements scolaires. Dans ces enceintes scolaires, des campagnes de dépistages massifs et de vaccination sont régulièrement organisées afin de protéger les élèves et les enseignants. « Depuis septembre avec les activités que nous avons menées dans les établissements secondaires nous avons enregistré des cas qui ont été dépistés positifs et ont été mis sur traitement adéquat et étaient conseillé à s’absenter de l’école, et à la suite de ces dépistages une campagne de désinfection a été menée dans les établissements scolaires et les lieux publics », avance Dr. Tsaku Elvins Songu, chef du district de santé de Ngaoundal.

Au-delà de la malnutrition et du paludisme qui constituent les pathologies les plus courantes dans ce district de santé, les maladies respiratoires, le Vih et le covid-19 mobilisent le Dr. Tsaku Elvins Songu et son équipe dans la recherche des solutions aux problèmes des populations. Ces efforts qui portent aujourd’hui des fruits se déploient dans des conditions précaires, « Le sérieux problème qui est la rareté des personnels qualifiés dans les formations sanitaires.  En générale, nous notons que dans notre CMA nous avons à peine 15 personnels sur une trentaine qui sont des personnels fonctionnaires. Dans le district de santé, les formations sanitaires publiques sur une dizaine, une seule est construite selon les normes, la formation sanitaire de Bagodo dont le reste n’est pas construit selon les normes actuelles du ministère de la santé publique je vois le CS de Pangar, de Djoundé, de Demgoya, le CS de Bétara- Gongo et nous avons fait des plaidoyers auprès de la hiérarchie » ajoute le chef de district de santé dans un air d’optimisme.

Selon le responsable du district, l’objectif dans ce contexte où le variant Delta du covid-19 est déjà dans la région, est de faire vacciner au moins 98% les personnels des services publics et les populations  d’ici la fin de l’année.  

Jean BESANE MANGAM

 

Interview

« Nous sommes à plus de 3500 personnes vaccinées contre la covid-19 et avec 100 % de personnel vacciné »

Dr.  Tsaku Elvins Songu, Chef de district de santé de Ngaoundal

Comment se porte le district de santé Ngaoundal?

En ce qui concerne l’hôpital de district de Ngaoundal déjà nous notons que l’hôpital de District de Ngaoundal est confessionnel avec l’hôpital Sainte Jeanne  Anti Thouret de Gala-gala qui nous aide déjà beaucoup avec un plateau technique très fourni en équipement médical de dernière génération avec tous les services ; service de médecine, chirurgie générale avec un chirurgien à sa tête, service de gynéco-obstétrique avec un gynécologue et le service de pédiatrie. Nous notons aussi que nous avons une banque de sang dans l’hôpital de District  bien fonctionnel et il y a un laboratoire très bien équipé avec un matériel et un Point tocker.  Ici il s’agit d’un matériel utilisé en charge virale pour les personnes ayant le VIH pour le suivi de leur traitement. Nous faisons une panoplie d’examens. Au  laboratoire nous avons le service de bactériologie, virologie pour des examens rapides. Nous notons aussi le service d’ophtalmologie qui est fonctionnel avec un ophtalmologue qui offre les services d’une manière hebdomadaire.    

La rentrée scolaire est sur les rails depuis le 06 septembre. Quels genres d’accompagnement apportez-vous aux établissements scolaires de votre zone?

Depuis le 6 Septembre avec la rentrée scolaire nous avons mis sur pied au  niveau du district un accompagnement dans les établissements scolaires surtout dans les établissements secondaires pour sensibiliser sur les mesures barrières surtout avec la survenue des cas depuis fin Août et début septembre dans le pays en général plus spécifiquement dans le district de Ngaoundal. Il y a des équipes, une campagne de sensibilisation de masse qui a été organisée en début septembre où  les équipes sont passées dans les écoles pour dépister les élèves contre cette pandémie. Au sortie de cette campagne qui, dans certaines zones ou localités comme dans l’air de santé de Bagodo, l’air de Santé de Ngaoundal Catholique plus précisément à Demgoya et l’air de Ngaoundal CMA plus précisément à Djoundé où l’activité est en cours, dans la ville l’activité est arrivée à son terme la semaine dernière et nous avons noté que dans toutes les écoles nous avons eu des cas positifs au total 3 000 élèves ont été dépisté et 60 testés positifs à la covid-19.  Cette activité nous a permis de faire un triage à la veille de cette rentrée scolaire pour les mettre en quarantaine pour être hors contact avec leurs camarades et pour ce qui est des cas négatifs nous avons continué avec la sensibilisation et la vaccination car c’est la seule arme efficace pour combattre cette pandémie.

Une note du ministre de la santé signale la présence du choléra au Nigeria voisin. Ngaoundal étant une zone de transit, quelles sont les dispositions prises pour éviter la survenue des cas de choléra dans votre district de santé?

Depuis pratiquement plus d’un mois nous avons été notifié depuis au niveau régional de cette situation qui se vit dans le pays voisin et vue que notre région partage une longue frontière avec le Nigéria nous avons été interpelé par le Cerplet   de  la délégation régionale de la santé de l’Adamaoua de renforcer le système de surveillance donc tout cas de diarrhée que le personnel de santé suspecte doit être notifié immédiatement  et chaque lundi nous faisons la revue des données hebdomadaires de tous les centres santés pour voir les cas de diarrhée notifiés et surtout s’il y a eu les cas suspects de choléra. Notons que dans notre district de santé depuis le début d’année nous n’avons pas encore eu les cas suspects de choléra et nous restons toujours en alerte.

Le covid-19 est encore d’actualité. Comment déployez-vous sur le terrain pour continuer la sensibilisation des populations sur le respect des mesures barrières ?

En ce qui concerne la pandémie de covid-19, depuis le mois d’Avril nous n’avons pas enregistré les cas de covid-19, mais depuis septembre avec les activités que nous avons menées dans les établissements secondaires nous avons enregistré des cas qui ont été dépistés positifs et ont été mis sur traitement adéquat et étaient conseillé à s’absenter de l’école, et à la suite de ces dépistages une campagne de désinfection a été menée dans les établissements scolaires et les lieux publics. Pour la suite des activités dans les formations sanitaires nous notons une montée des cas ici nous allons préciser que contrairement à l’année dernière où les cas dans le district n’étaient que asymptomatique, cette fois ci nous notons que la majorité des cas sont symptomatiques soit les narines qui coulent, la toux, la fièvre et avec les directives du ministère de la santé publique actuelle tous les cas positifs sont prélevés et acheminés au niveau régional pour  faire le cerquansage pour voir exactement de quel variant il s’agit dans notre district. Il faut annoter que les enfants ne sont pas mis à part il y a des cas qui ont été détectés dans certaines écoles publiques primaires et maternelles. Nous devons noter que nos premiers cas sont venus de l’air de santé Pangar et d’après nos investigations sur le terrain nous avons constatés que sur les 15 premiers cas, 9 sont venus se faire soigner dans le centre de Pangar sortant de la zone de Mbitom qui est dans le district de Bétaré-Oya qui est à l’Est Cameroun et l’information a été partagée avec la région de l’Est et nous avons activés un dépistage de masse pour circonscrire la zone d’infection.

Quelles sont les principales pathologies prises en charge par les formations sanitaires de votre district?

En général les maladies les plus récurrentes dans les formations sanitaires du district de santé de Ngaoundal sont le paludisme, les maladies respiratoires, la malnutrition, le VIH/SIDA

Quels sont les principaux problèmes qui limitent un tout petit peu vos interventions sur le terrain ?

Le district de santé de Ngaoundal est un jeune district qui  est entré en activité en 2015, la réalité sur le terrain c’est un district qui n’a pas été construit nous sommes en location dans un bâtiment conventionné qui est très étroit, ce qui fait que pour mener les activités pour acheminer les documents nous avons les difficultés de un et de deux vue que c’est un jeune district pour descendre sur le terrain nous avons les problèmes logistiques qui ont déjà été résolus par son excellence M. le ministre de la santé le Dr MANAOUA Malachie en dotant le district d’un véhicule pick-up dont nous sommes en attente qui va nous aider dans nos activités de supervision. Enfin le sérieux problème qui est la rareté des personnels qualifiés dans les formations sanitaires.  En générale, nous notons dans notre CMA nous avons à peine 15 personnels sur une trentaine qui sont des personnels fonctionnaires. Dans le district de santé, les formations de santé publique sur une dizaine une seule est construite selon les normes dont la formation sanitaire de Bagodo dont le reste n’est pas construit selon les normes actuelles du ministère de la santé publique je voie le CS de Pangar, de Djoundé, de Demgoya, le CS de Bétara- Gongo et nous avons fait des plaidoyers auprès de la hiérarchie 

Quels sont les résultats majeurs obtenus dans la lutte contre le covid-19 et les projections pour les jours à venir ?

Depuis le mois de février, nous sommes dans la bataille contre la covid-19, donc vacciner au maximum des personnes âgés de plus de 18 ans contre la pandémie, nous notons que dans le district de santé, nous sommes à plus de 3500 personnes vaccinés contre la covid-19 et avec 100 % de personnel vacciné, nous continuons à sensibiliser beaucoup le personnel enseignant, le personnel du service public et toute la population. Nous sommes en train de préparer une 3ème campagne de vaccination où nous voulons doubler les chiffres.

Entretien réalisé à Ngaoundal par Jean BESANE MANGAM

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